Kippour ou le refus du déni par Raphaël Nisand

Ce n’est pas pour rien que Yom Kippour est une des journées emblématiques du judaïsme.

A Yom Kippour le Juif se concentre sur un examen de conscience individuelle et collective.

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Chacun est particulièrement exigeant avec lui-même et le jeûne observé en est un des signes extérieurs.

Kippour 5780 n’échappera pas à cette double exigence mais ce sera cette année un jour encore plus solennel que les années précédentes.

La communauté juive française aura l’esprit occupé par le drame affreux que vient de vivre la police française en son cœur, la Préfecture de police de Paris.

Depuis la révolution française et l’octroi par la République de la nationalité française aux juifs, le cœur des Juifs de France bat à l’unisson de la République française.

Depuis lors d’ailleurs, tous les Juifs ont l’habitude de dire ensemble une prière pour la République chaque Shabbat.

Cette exigence républicaine, il faudrait la faire partager plus largement.
L’attentat terroriste commis contre la police démontre une fois de plus qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir pour vaincre ceux qui ont déclaré la guerre à notre pays.

La haine enseignée à certains endroits dépasse tout ce que l’on peut imaginer.

N’oublions pas que le terroriste est parti de chez lui pour tuer, en sachant qu’il ne reverrait pas ses deux jeunes enfants âgés de 3 et 7 ans.

Comment imaginer cela ?

N’oublions pas que sa femme a pris le risque de l’encourager dans son entreprise terroriste en sachant elle aussi qu’elle ne reverrait pas ses enfants de sitôt ?

N’oublions pas qu’une fois de plus les proches et les autorités ont essayé de présenter l’attentat comme étant un accès de démence. Ah la démence ! Quelle explication facile ! La folie exonère de tout examen de conscience , elle est censée tout expliquer, elle est bien pratique, la démence évite le procès pénal , l’épouse qui a encouragé le crime prétend que la nuit d’avant il a fait une scène de démence et entendait des voix et le ministre peut raconter que tout allait bien jusqu’au jour fatidique.

Mais nous le savons une fois de plus comme pour Mireille KNOLL comme pour Sarah HALIMI ce n’est pas la démence qui a armé le bras de l’assassin mais une idéologie fascisante et mortifère, l’islamisme religieux ou politique.

N’oublions pas qu’une fois de plus c’est à l’invocation du nom de dieu allah ouakbar que des innocents sont morts.

N’oublions pas que ce parcours criminel a mûri et grandi depuis plus de 10 ans sans qu’aucune mesure soit prise.

Ce déni est à l’opposé du Juif à Kippour. Le Juif ouvre grand les yeux, il est à l’écoute de la prière de la communauté pour améliorer son comportement mais aussi pour analyser les dangers à venir. Il est particulièrement vigilant au moment où sonne le chofar.

Cette fois-ci une fois encore la République est touchée en son cœur et l’on se dit que ce déni ne pourra pas se poursuivre, résolution de Kippour ou pas. Le cœur des Juifs battra décidément cette année pour les victimes de Paris et pour que la République trouve en elle-même les voies nécessaires et la force de vaincre la bête immonde.

Gmar Tov .

Raphaël Nisand
Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

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Publié dans Religion, société
4 commentaires pour “Kippour ou le refus du déni par Raphaël Nisand
  1. Ingrid Israël-Anderhuber dit :

    A propos de kippour afin que Kippour ne soit pas un déni pour les Juifs : Si Yom Kippour n’est pas pratiqué selon les modalités DIVINES alors il n’est pas valable aux yeux de Dieu, et les gens se leurrent tout simplement. Le protocole DIVIN de l’expiation des péchés est le suivant : « Car l’âme de la chair est dans le SANG ; et moi (le Seigneur) je vous L’ai donné sur l’autel pour faire propitiation pour vos âmes car c’est le SANG qui fait propitiation pour l’âme. » (Torah, Lévitique 17, 11) Le pardon des péchés passe par le SANG. Donc sans le SANG expiateur d’une victime expiatoire pas d’expiation, pas de pardon, pas de Kippour. C’est clair.
    Les victimes animales préfiguraient toutes le Messie souffrant prophétisé au chapitre 53 par Esaïe : « Qui a cru à ce que nous avons fait entendre (…) mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui (…) l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous (…) Et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu’il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple ? (…) Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché (…) mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, et il se chargera de leurs iniquités. (…) Parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes…»
    Jésus est ce Messie souffrant, serviteur juste, bouc-émissaire « mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification » (Saul-Paul – Bible, Lettre aux Romains 4, v. 25). Et Yohanan-Jean nous dit : « Mais si nous marchons dans la lumière, comme Dieu est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le SANG de Jésus versé à la croix de Golgotha nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1, v. 7) Apocalypse 1, v. 5 : « A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son SANG… »

    Ce n’est pas à nous de dicter à Dieu ses règles mais à nous de nous y conformer : Sans effusion de SANG, pas de pardon des péchés, pas de KIPPOUR. Juste un leurre. Pas de déni possible en ce jour…

    • Patricia J.S Cambay dit :

      Votre commentaire interpelle et cela en est que salutaire.
      Je ne m’arrêterai que sur le mot « SANG » que vous avez employé sept fois et en majuscule afin de bien marquer son appartenance au jour du grand pardon, KIPPOUR, que vous avez aussi dans votre dernier paragraphe écrit en majuscules.
      Il est vrai, le SANG fait partie intégrante de KIPPOUR mais ne devons-nous pas le considérer comme la VIE, – car sans le SANG pas de VIE – , et par là même de DIVIN ? Alors, votre dernier paragraphe prendrait-il, à mes yeux, tout son sens.

      • Ingrid Israël-Anderhuber dit :

        Question intéressante, Patricia J.S Cambay. Revoyons le verset 11 de Lévitique 17 sans majuscules : « Car l’âme de la chair est dans le sang ; et moi [Dieu] je vous l’ai donné sur l’autel pour faire propitiation pour vos âmes car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme. »

        Il est question ici de l’âme, c’est-à-dire, d’après la définition de ce terme, du principe VITAL ou VIE qui anime tout être humain, ou animal. Ainsi, en remplaçant le mot « âme » par le mot « VIE », et en mettant en relief un autre mot du verset, voici ce qu’on a : « Car la VIE de la chair est DANS le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel pour faire propitiation pour vos VIES car c’est le sang qui fait propitiation pour la VIE. »

        Il n’est pas dit ici que l’âme, ou la vie, EST le sang mais DANS le sang. Le sang est son CONTENANT, mais n’est pas la VIE ou l’âme elle-même. Par conséquent nous ne devons pas le considérer égal à la VIE. En outre, la VIE ayant besoin de l’expiation ne peut donc pas être DIVINE puisque le DIVIN n’a pas besoin d’expiation étant quant à lui SANS PECHE. Ceci pour répondre à la première partie de votre question.

        Par ailleurs, si le SANG n’est pas la VIE elle-même mais son réceptacle, peut-il être considéré DIVIN puisqu’il sert à l’expiation ? Or on sait qu’à la mort, c-à-d quand la VIE, ou l’âme, quitte le corps, le SANG, quant à lui, bien que se refroidissant, est toujours là, en substance, et va se dégrader, SANG humain ou animal. Le SANG n’est donc pas DIVIN car le DIVIN, lui, ne se dégrade pas étant inaltérable.

        Donc pour répondre précisément à votre question, le SANG n’est pas COMME la VIE et, en aucun cas, ne doit être considéré DIVIN d’autant qu’ici, dans ce passage de Lévitique en relation avec KIPPOUR, il s’agit du SANG d’animaux sacrifiés.

        Ce rituel de l’expiation par le SANG versé, comme dit précédemment, est en fait une FIGURE du sacrifice du Messie Jésus, accompli une fois pour toutes, dont le SANG, quant à lui, contenant la VIE DIVINE, était DIVIN, notamment selon ce que Saul-Paul (JUIF) écrit aux Hébreux :

        « Mais le Messie est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création [il est au Ciel] ; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec SON PROPRE SANG, ayant obtenu une rédemption ETERNELLE. Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le SANG du Messie, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même SANS TACHE [sans péché] à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! » (chap. 9, v. 11-14) et «En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. Autrement, n’aurait-on pas cessé de les offrir, parce que ceux qui rendent ce culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de leurs péchés ? Mais le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices ; car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. C’EST POURQUOI le Messie, entrant dans le monde, dit [à Dieu]: Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps ; Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens – dans le rouleau du livre il est question de moi – pour faire, ô Dieu, ta volonté. » (chap. 10, v. 1-7)

        Le SANG de Jésus EST le seul SANG qui peut purifier des péchés ; Jésus est le sacrifice suprême de KIPPOUR. C’est pourquoi Jean (JUIF), dans Apocalypse 1, 5, rend gloire «à celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son SANG. »…

  2. Patricia J.S Cambay dit :

    Un bon billet bien amené.
    Merci monsieur Nisand.

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