Bio et cacher : deux certifications compatibles ?

Désir de manger sainement,

respect des normes environnementales…

Les produits AB ont le vent en poupe et rares sont les supermarchés qui ne comportent pas de rayon bio. Cette demande concerne aussi, en partie, la communauté juive. Mais au même titre que l’alimentation traditionnelle, le coût constitue souvent un frein à un réel changement des modes alimentaires. Y a-t-il de la place pour le bio dans le cacher ?

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Un marché relativement confidentiel

L’émergence du bio dans les produits cachers est le résultat d’un pari ayant abouti à la sortie d’une gamme de volaille bio cacher, il y a trois ans. Yoël Hasson, fondateur du site Bethcacher.com, propose exclusivement de la viande 100 % française, qu’il livre dans la France entière. Il fait partie des pionniers : « Nous sommes quelques-uns à vendre des poulets bio cacher. Le mode d’approvisionnement est assez simple. Contrairement aux ovins et bovins, le poulet tout entier est cacher. Il suffit qu’il soit abattu selon le rite juif. Il est en revanche plus compliqué de proposer une gamme de bœuf, veau ou agneau bio cacher. Il arrive que nous ne recevions pas assez de quantité par rapport aux commandes. Vendre du bio relève donc parfois du défi ».  

La généralisation du bio dans les produits cachers se heurte aussi à son prix de revient, au même titre que dans le circuit traditionnel : «  La plupart des familles consommant entièrement cacher sont généralement des familles nombreuses qui ne peuvent pas se permettre d’acheter des produits bio, plus chers. Pour ces raisons, les importateurs de produits cachers ne veulent pas prendre de risque en fabriquant des produits bio à la palette ». Pour une partie des consommateurs, le caractère restrictif du marché bio cacher explique la préférence du bio au cacher : « Nous avons des clients de volaille cacher bio qui préfèrent acheter du bœuf bio non cacher ailleurs si nous ne pouvons leur fournir du bœuf bio cacher », poursuit Yoël Hasson. Pour certains consommateurs juifs, le cacher se limite à la viande et au vin.

Le bio, un label répandu en Israël

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En Israël, l’agriculture biologique est relativement bien développée, comme en témoigne le Docteur Roy Borochov, d’Israël Bio-Organic Agriculture Association : « L’agriculture biologique a pris son essor à la fin des années 70. Les produits bio, issus des fermes israéliennes, sont disponibles soit directement depuis les fermes soit dans les supermarchés. La plupart ont le label cacher. Les prix sont entre 20 et 30 % plus chers par rapport à l’agriculture conventionnelle. Presque 10% des produits frais d’Israël proviennent de l’agriculture bio. Nous les exportons vers la France et d’autres pays européens ».

Magali Barthès

Site internet de la boucherie cacher en ligne : www.bethcacher.com

 

 Interview de

Michel GUGENHEIM,

Grand Rabbin de France par intérim 

Tribunejuive.info.   Y a-t-il beaucoup de juifs intéressés par les produits cachers bio ?

Michel Gugenheim.  « Je n’ai pas de statistiques, mais l’impression générale est que la demande en matière de produits bio est croissante ».

TJinfo.  Comment les contrôles sont-ils organisés ?

MG.  « Il existe deux catégories de produits cachers : d’une part, ceux qui sont certifiés et portent le label du Beth Din. Ils font l’objet d’un contrôle à valeur permanente et un contrat lie le producteur et l’autorité certificatrice. D’autre part, ceux qui figurent sur la liste des produits édités par l’Association Consistoire Israélite de Paris, établie par mes services. Ils sont commercialisés en petites et grandes surfaces. Ils ont seulement fait l’objet d’une enquête établissant qu’à la date de la publication de la liste, ils ne comprennent aucune matière religieusement interdite. Dans cette liste, les produits bio, très nombreux, sont imprimés en vert. Le Beth Din garantit la conformité aux normes cachers. Le produit est donc d’abord certifié bio par les organismes compétents puis fait l’objet d’une certification de cacheroute ».

TJinfo.   Peut-on faire un choix entre le cacher et le bio ?

MG.  « Les produits bio de la liste sont cachers sans être plus onéreux ! Le problème pourrait se poser en matière de volailles : faut-il choisir entre une volaille cachère non bio et une volaille bio non cacher ? Le respect de la cacheroute est une obligation divine, alors qu’aucune loi ne prescrit de manger bio ! »

TJinfo.  Les modes de fabrication cacher et bio peuvent-ils être compatibles ?

MG.  « Les normes de cacheroute sont les mêmes pour le bio et le non bio. Tout produit non bio éligible à la cacheroute le sera dans les mêmes conditions s’il est bio. Cependant, le bio peut rendre plus complexes certains contrôles. L’absence de pesticides lors de la croissance des végétaux favorise leur infestation par des œufs et larves d’insectes interdits par la Torah ».

TJinfo.  Les personnes respectueuses de la Torah auront-elles un intérêt pour le bio ?

MG.  « L’un des objectifs de l’alimentation bio est de préserver la santé. Or le soin de sa santé est une injonction biblique ! Les observants seront d’autant plus concernés par le bio que l’apport de celui-ci dans la santé sera démontré. Le respect de la nature fait partie des valeurs juives : il s’agit de manifester le respect de la volonté du créateur ».

TJinfo.  Que dit la Halakha à propos du bio ?

MG. « Chaque fois que se fait jour une entreprise inédite, il convient de vérifier si elle tombe sous le coup d’une obligation ou d’une interdiction. En l’état actuel, la consommation de bio ne saurait revêtir un aspect impératif puisque ses bénéfices pour la santé ne sont pas suffisamment démontrés. Elle ne tombe pas non plus sous le coup d’un interdit dans la mesure où elle ne soulève pas de problème de cacheroute spécifique. Mais le bio ne cesse d’évoluer, et chaque nouvelle initiative devra passer au crible de la Halakha pour être validée ».

Propos recueillis par MB

 

 

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4 commentaires pour “Bio et cacher : deux certifications compatibles ?
  1. DRAY Elodie dit :

    Et Depuis on a fait du chemin,….www.lebionakbiensetenir.com

  2. NO COMMENT dit :

    Le bio, pour un animal d’élevage est un plus pour un produit cacher. Par contre, un probleme qui est ressenti comme un secret honteux, c’est l’hygiène dans le cacher. Parfois, on tombe dans des excès insupportables. En parler semble tabou.

  3. DRAY Elodie dit :

    Il faut donc encourager cette démarche pour re-dorer le blason de la casherout…

  4. Post intéressant bien illustré

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