La mort de l’état républicain. Chapitre 2 : L’impérium médiatique, par Olivier Comte

En 2015, seuls quelques citoyens anachroniques, désignés, avec une indulgence lassée, comme royalistes ou gaullistes, parlaient des fonctions régaliennes de l’Etat, fonctions abandonnées par la volonté publique, budgétaire ou politique. Aujourd’hui, il n’est plus question que d’un Etat Fort, de l’Armée et de la Police, dont les financement restent inconnus tout comme une politique étrangère sérieuse. Nous aurons des chefs qui décideront et de la piétaille qui ira au casse-pipe, dans la grande tradition radicale. Le Peuple n’est pas oublié: on lui rendra hommage, on lui donnera des médailles, après les crimes islamistes. Principalement, on lui fait l’honneur de lui demander son avis, pas vraiment, on lui demande de voter, manifestation de la souveraineté populaire.

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Malheureusement, il ne s’agit pas voter pour déléguer notre souveraineté  à quelques hommes, il s’agit de « primaires », pour imiter le grand cirque américain.. Cette idée saugrenue, évidemment socialiste, n’avait laissé aucune trace dans notre histoire. Elle se fonde sur l’existence d’un bipartisme politique qui n’existe plus en France. Le désordre américain que nous observons est une des conséquences du mouvement centrifuge et anarchiste, connu comme « tea party movement », qui tend à détruire la vie politique américaine, malgré les efforts de politiciens Républicains responsables. Malgré ses excès dans la démagogie « antipoliticienne », c’était toujours un mouvement politique.

Je soutiens que cette triste mascarade des primaires à la française ne peut que renforcer la propagande destructrice « antipoliticienne », contre les hommes politiques, action poujadiste très dangereuse, mais surtout contre les partis politiques, action anarchiste destructrice. Je soutiens que ces primaires desservent la France, les « candidats » et le parti LR, qu’elles sont l’effet d’une pression irrésistible des media français toujours avides de mauvaise soupe politique qui parfume les catastrophes et  drames du spectacle permanent.

La lâcheté de nombreux politiciens français leur fait chanter le couplet favori des media: les français en auraient assez de la politique et des politiciens.

On peut trouver de nombreux défauts à de nombreux politiciens, on peut surtout leur reprocher la trahison de leurs engagements politiques, il est dangereux et inacceptable de vouloir oublier qu’ils ont été élus par le peuple souverain et que les insultes permanentes, sous forme de scepticisme raisonnable ou d’accusations diffamatoires, ne pourront jamais servir l’amélioration de l’espèce mais favoriseront la destruction de la démocratie parlementaire. Quoi qu’on en pense, les partis politiques sont indispensables au fonctionnement d’une vie politique démocratique, ce n’est pas une vague formule constitutionnelle. Les partis politiques sont les héritiers et les dépositaires de la pensée française. Devons-nous brûler les livres, mal imprimés, sur un méchant papier, avec de nombreuses coquilles ? Qui pourrait le penser ?

Il existe évidemment deux candidats de droite, je n’ai pas pas aperçu de centre. Ce rassemblement de moutons effarés par la crainte du faux pas, poussés par les chiens de garde des media, comparaissant devant le tribunal médiatique des tricoteuses de plateau de télévision, ce rassemblement est une obscénité et un scandale.

A quoi servaient ces quatre comparses, en plus de leur fonction principale d’accusateurs de M. Sarkozy? A déconsidérer la fonction politique par des propos inconsidérés, de pseudo analyses fumeuses et de grandes projections de poudre magique, à courte vie par vocation.
Tout cela était préparé, puis suivi par d’innombrables entretiens avec des animateurs, non des journalistes, de radio/télévision., qui ne posaient pas des questions, mais,souvent, des fausses questions dont la répétition devait servir la déroute apparente de  l’adversaire. Tout ce beau monde de media semble penser qu’il ne s’agit pas de questions mais d’un débat entre eux et la personnalité politique. Ils ont droit à leurs propres sondages et côtes de popularité dans un magazine de télévision !

Les partis politiques présentent leurs candidats. Tout homme politique peut fonder un parti ou se présenter sans parti (on parle de rassemblement,cela fait riche). M. Juppé pouvait se présenter comme le candidat de l’apaisement, sous son nom ou son pseudonyme de Münich. Cette mauvaise manœuvre affaiblit son autorité politique.

Tout le petit monde politique déclare que M. Hollande, bavard professionnel, aurait « abaissé » la fonction présidentielle. Il l’avait déjà abaissée, de façon peu honorable, dans cette abomination d »‘hommage aux victimes du terrorisme », cérémonie qui ne servait que sa propre gloire et l’imposture de victimes méritantes des crimes islamistes. Les criminels ayant voulu abattre des gens qui aimaient la vie et qui étaient jeunes, donc de bons socialistes ou porteurs de l’idéal hédoniste socialiste (ou hédonisme pour un petit nombre)
Les criminels veulent assassiner le maximum de personnes, ce ne sont pas des soldats de Cromwell. M. Juppé avait commis une faute impardonnable en se ralliant à l’idée malhonnête d' »Union Nationale » de M.Hollande, ce que M. Sarkozy avait refusé.

La pantalonnade des deux cirques télévisés avait un but déclaré: éclairer le vote de ceux qui allaient choisir un candidat pour la présidentielle. Il ne s’agit pas seulement de la médiocrité des propos politiques et de leur caractère dangereux. Faire croire que tout ira bien dès qu’on sera débarrassés des méchants socialistes ne peut que créer une colère, des rancunes, et favoriser la violence politique de tous ceux qui auront cru au beau rêve. On « libère » l’entreprise et l’arc en ciel apparaît !

Le plus grave est de faire coller toutes ces utopies sur une seule personne: le PRESIDENT qui n’aura toujours que peu de pouvoirs. Après avoir soufflé sur toutes les rivalités et toutes les oppositions, comment trouver une majorité parlementaire ? Par les manœuvres souterraines et combines habituelles ? Cela ne suffira pas.

Il faut préparer les législatives en développant l’influence et l’autorité des partis politiques qui sont les meilleurs moyens d’assurer la cohésion de la Nation.

Les media chercheront évidemment à recueillir et encourager la désunion. Les français devront exiger de leurs partis de présenter avec force leurs ambition politiques pour la France, non les ambitions de quelques uns.

Olivier Comte

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Publié dans France
Un commentaire pour “La mort de l’état républicain. Chapitre 2 : L’impérium médiatique, par Olivier Comte
  1. julius dit :

    La particularité des primaires est d’occuper la scène médiatique plusieurs mois avant l’élection, au point que beaucoup confondent résultat des primaires avec résultat de l’élection. Mais alors qu’il y a 5 ans cette particularité a joué à fond en faveur des socialistes, les seuls à avoir organisé des primaires, grâce à la complaisance coupable et intéressée de certains journalistes et animateurs (promesse -tenue- (!) par le candidat Hollande de rétablir la niche fiscale des journalistes), cette fois les animateurs et certains journalistes se liguent et se relaient pour attaquer et interrompre sans relâche un seul des candidats, Sarkosy. Comme s’il s’agissait d’une mise à mort programmée. A trop vouloir en faire, ils vont finir par le rendre sympathique à des gens pour qui il ne l’était peut-être pas avant les primaires. C’est facile après cela de lui reprocher de dépasser son temps de parole. Les media français ont beau vouloir imiter les Américains (ça fait plus branché), ils ont encore des progrès à faire.

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