Carlo Strenger : « le mépris civilisé », pas le « politiquement correct »

Plusieurs systèmes politiques se font concurrence de par le monde ; chacun cherche à tirer la couverture à lui ; mais le camp démocrate manque d’énergie alors qu’il est vital pour lui de traquer les pratiques issues du fanatisme. Tel est le point de départ de Carlo Strenger, 57 ans, philosophe né en Suisse qui enseigne la psychologie à l’université de Tel Aviv et écrit en allemand.

Carlo Strenger Photo Ofer Chen

Carlo Strenger Photo Ofer Chen

Il ne comprend pas que la culture occidentale se laisse mettre sur la touche par des groupes de pression savamment organisés. Combattons pied à pied pour que triomphent la liberté d’opinion, l’égalité devant la loi et la non-discrimination des femmes !

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Strenger s’appuie sur le principe de tolérance établi par les philosophes du XVIIIe siècle attachés à séparer la théologie du droit civil.

Mais, prévient-il, pas de contresens : la tolérance n’est pas une approbation béate et inconditionnelle consentie à n’importe quelle culture. Ce ne fut jamais un blanc-seing accordé à n’importe quelle pratique religieuse, philosophique ou culturelle.

« L’idéologie du politiquement correct est une déformation du principe de tolérance tel qu’il a été formulé par les Lumières. Ce principe visait à protéger l’individu des attaques (politiques ou religieuses) qui mettaient à mal sa liberté de conscience ».

Toutes les croyances,

tous les modes de vie

ne se valent pas

Strenger écarte les thèses qui assimilent le djihad de 2016 à une légitime révolte des pauvres. Il ne voit pas pourquoi l’Occident devrait renoncer à ses valeurs d’aujourd’hui au nom de la colonisation des siècles passés ou de l’esclavagisme (pratique dont les seigneurs arabes usèrent jadis sans vergogne autour de la Méditerranée). Rien ne doit nous interdire de combattre les fanatismes qui contredisent ce en quoi nous croyons.

La voie empruntée par Strenger est étroite. Prudent, il précise qu’il ne place pas les opinions des chrétiens ou des athées au-dessus des autres religions. Il cible l’extrémisme de certaines croyances politiques ou mystiques, non pas les religions en tant que telles. Il veille également à se démarquer de l’extrême droite européenne, trop heureuse de bomber le torse et de se présenter en rempart face aux attaques armées. Ainsi la Russie s’efforce-t-elle de tirer son épingle du jeu en Syrie…

Sur cette base, Strenger propose une méthode qu’il baptise curieusement « mépris civilisé », à savoir « une capacité à désapprouver les comportements immoraux ». Il cherche à réduire l’influence des extrémistes et leurs intimidations. Et évoque la fatwa lancée en 1989 par un ayatollah iranien contre l’écrivain Salman Rushdie : elle devrait nous convaincre qu’à force de ménager gentiment les susceptibilités religieuses, on conforte ce qu’on pensait éviter.

Extrait d’un article de DNA

http://www.dna.fr/culture/2016/01/30/une-parole-vigoureuse-contre-le-fanatisme

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Publié dans culture
Un commentaire pour “Carlo Strenger : « le mépris civilisé », pas le « politiquement correct »
  1. ASSOULINE DAVID dit :

    ENFIN, QUELQUES INTELLECTUELS COMMENCENT A SE MANIFESTER TIMIDEMENT, ENCORE FAUDRAIT-IL QU’ILS SOIENT ENTENDUS, COMPRIS, ET QU’ILS ATTIRENT AUTANT QUE POSSIBLE UNE LARGE ADHÉSION A LEURS PROPOS, DE LA PART DES JOURNALISTES, DES RADIOS DES TÉLÉVISIONS, POUR INVERSER RAPIDEMENT TOUTE CETTE PROPAGANDE DE HAINE, DE DESTRUCTION… ALORS MESSIEURS LES INTERMÉDIAIRES DE L’INFO FAITES CONSCIENSEMENT VOTRE TRAVAIL D’INFORMATEUR INTEGRE ET HONNETE.

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