Kef Israël : Une histoire d’amour et de ténèbres, le film de Natalie Portman

C’est indéniable, le film est lent et trop cérébral. C’est clair, c’est un film trop appliqué. C’est sûr, la voix-off et les violons poussent peut-être trop le trait. C’est vrai le choix de ce filtre grisâtre n’est peut-être pas judicieux. C’est possible, Natalie Portman a été trop ambitieuse pour un premier film. C’est évident, on ne retrouve pas l’élan des centaines de page du chef-d’oeuvre d’Amos Oz mais Une histoire d’amour et de ténèbres le film de Natalie Portman, actuellement sur les écrans en Israël, éreinté par la critique, a pourtant beaucoup de qualités. Il est centré sur la relation de l’enfant Amos et de sa mère Fania. C’est l’histoire du naufrage de cette femme sensible, démolie par la réalité, par la destruction de sa famille en Europe, par la guerre d’Indépendance et le siège de Jérusalem, par la pauvreté, par le fossé entre ses rêves et sa vie de femme mariée. Le jeune comédien Amir Tessler qui joue le rôle d’Amos Oz est parfait dans le rôle de cet enfant trop intelligent qui évite de se faire battre dans la cour de récréation en racontant des histoires. Le casting et le jeu des acteurs est juste. L’amour de Natalie Portman pour la langue hébraïque et le livre d’Amos Oz est palpable bien qu’il ne faut surtout pas aller voir le film en espérant retrouver le livre. Natalie Portman a choisi de tourner en hébreu, pour mettre en valeur la langue dans laquelle a été écrite le livre et sa langue maternelle. Finalement, le problème se trouve dans le titre, dans le choix de donner au film le même titre que le livre. Les lecteurs du livre ne pouvaient être que déçus, comment condenser les plus de 500 pages et le foisonnement du livre à l’écran ?

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Si vous n’avez pas lu le livre, allez-voir le film avant. Si vous avez lu le livre, allez-y sans espérer le retrouver. Et de toutes façons, lisez et relisez le livre d’Amos Oz !

«Histoire d’amour et de ténèbres n’est pas une autobiographie, mais une reconstruction, une invention, un travail d’imagination. Un paléontologue peut, à partir de quelques fragments, reconstituer un dinosaure ; Amos Oz, à partir de quelques souvenirs d’enfance, d’éclats de voix, d’impressions diffuses, d’attitudes, d’une poignée de photos, de conversations avec sa tante Sonia, a pu reconstruire l’histoire de sa famille, et pour cela, il a fait appel, avant tout, à son imagination.»

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