Merah : France 3 persiste

Cela fait presqu'un an que des familles ont subi de plein fouet la barbarie du jihad islamiste et que nous en avons été les témoins.

Sept personnes ont perdu la vie, et un jeune homme laissé pour mort est aujourd'hui tétraplégique.

Nous savons que la sauvagerie de Merah était dirigée contre deux cibles bien particulières et bien définies. Des soldats français, puisque l'état français et ses représentants étaient un ennemi, et les soldats d'origine maghrébine étaient de surcroît des traîtres aux yeux de ce sauvage. Des juifs, puisque le juif est l'ennemi de tous les jihadistes islamistes. tueries toulouse

Un an s'est écoulé et le temps du souvenir et de la commémoration est là. Oui mais ces mots n'ont pas la même valeur pour tous.

Toulouse s'apprête à rendre hommage aux victimes mardi 19 mars, en présence du Ministre de l'intérieur, M. Manuel Valls. La cérémonie sera organisée place du Capitole, et sera avant tout républicaine.

Pierre Cohen, le Maire de Toulouse, a indiqué que pour le moment aucun monument commémoratif n'était prévu, mais que peut-être dans quelques années : "Ce monument viendra peut-être un jour comme il est venu pour AZF, dix ans après la catastrophe".

Les communautés commémoreront également cet évènement, elles rendront hommage aux victimes de Mérah. Ainsi le CRIF Rhône-Alpes organise à la mémoire des 7 victimes de Toulouse et Montauban, une cérémonie de commémoration: "les odieux assassinats de Toulouse et Montauban un an après". Cette cérémonie aura lieu mardi 19 mars à 18h à l'école Beth Menahem, Villeurbanne.

Une autre commémoration, plus discutable, est prévue par France 3. Le 6 mars, la chaîne projettera consacré à Mohamed Merah. Cette programmation choque la famille de Jonathan Sandler et de ses enfants assassinés, et les avocats de son père ont envoyé un courrier à France 3.

Ils demandent "instamment" à Rémy Pflimlin, président de France Televisions, "de bien vouloir renoncer à cette programmation par égard" tant pour leurs clients que pour l'antenne de France 3.

Les avocats expliquent que leur client ne pouvait "pas imaginer qu'au lieu d'une commémoration, il s'agirait d'offrir une tribune aux intimes du criminel". En effet France 3 a communiqué sur le fait que le documentaire donnerait, notamment, la parole à la mère et à la sœur de Mohamed Merah.caricature merah

Voici comment France 3 présente son reportage :

Pour la toute première fois, la mère de Mohamed Merah, Zoulikha Aziri, témoigne.

"J'ai rien compris. Il était beau gosse, il était gentil. D'un coup, il a changé. Je ne sais pas pourquoi. Il est mort et il a pris beaucoup de gens avec lui", dit-elle en pleurs.

"Jamais il n'a parlé de Jihad", assure cette femme. Mère d'une fratrie de cinq enfants, elle divorce quand Mohamed est encore enfant. Avec 400 euros d'allocations, elle perd vite l'autorité sur eux, Mohamed est placé en foyer.

"Je crois que c'est de ma faute s'il est devenu comme ça. Parce que j'ai divorcé de son père. Je regrette beaucoup", ajoute Zoulikha Aziri.

http://www.france24.com/fr/20130303-affaire-merah-itineraire-dun-tueur-documentaire-passionnant-france-3-mercredi-0

Et ce qui est inquiétant, c'est que la chaîne ait choisi de programmer ce reportage un an après les tueries perpétrées par Merah.

Ce qui gêne c'est que la chaîne ait choisi de donner la parole au bourreau plutôt qu'à ses victimes.

Ce qui met mal à l'aise, c'est qu'on se souvient que le reportage diffusé par M6 a déclenché une vague de sympathie pour Mérah dans certains milieux à travers les réseaux sociaux, et qu'il est clair que ce reportage provoquera les mêmes réactions.

Il est normal que la télévision programme des reportages sur Mérah, cherchant à faire la lumière sur la manière dont il a agi, et sur son itinéraire. C'est sans doute ce besoin de réponses aux questions qui poussent M. Albert Chennouf, père d'un des militaires abattus, à soutenir la diffusion de ce documentaire.

Et il ne suffit pas de se dédouaner par avance comme le fait Dana Hastier, la directrice de l'unité des documentaires de France 3. Il est vrai que les français ont besoin de savoir quels ont été les dysfonctionnements des services de police et de renseignements qui ont permis à Mérah d'aller au bout de sa sauvagerie, de se conduire impunément comme un animal, alors qu'il était connu.

Mais il est vrai aussi que la souffrance de Mérah n'est pas celle que nous avons envie de voir, d'entendre, et il ne suffit pas de déclarer de manière angélique que Mohamed Merah "était en souffrance depuis longtemps. On voulait comprendre dans quel environnement il a été élevé, c'est pour cela qu'on a interrogé sa famille. Ce n'est pas pour faire de l'apologie ou pour le justifier".

Ces bonnes intentions ne suffiront pas à décourager un public nombreux, déjà enclin à faire de Mérah un héros, de trouver toutes les excuses à sa dérive. Présenter cette brute sanguinaire comme un pauvre gamin victime de la société, du divorce de ses parents et de tant d'autres choses est déja difficile à accepter pour tous ceux qui ont vécu la barbarie de Mérah. Le faire quand le moment est venu de se recueillir et d'honorer la mémoire des victimes est tout simplement au mieux stupide, au pire provocateur.

Line Tubiana

 

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