Le pouvoir d’achat ne se joue pas seulement sur le salaire

Jean-Luc Scemama

Augmenter les salaires ne suffira pas si nous ne réduisons pas les dépenses contraintes.

Le pouvoir d’achat ne dépend pas uniquement du montant inscrit en bas de la feuille de paie, mais aussi de ce qu’il reste après avoir payé le logement, l’énergie, les transports, les assurances, la complémentaire santé, la garde des enfants, les abonnements indispensables et l’alimentation.

Une augmentation de 100 euros peut être totalement absorbée par une hausse du loyer, de l’énergie ou des assurances ; il faut donc compléter toute politique salariale par une action structurelle sur le coût de la vie.

La priorité absolue devrait être le logement.

Dans les zones tendues, il faut :

·      construire davantage ;

·      accélérer les autorisations ;

·      libérer du foncier ;

·      transformer les bureaux vacants ;

·      développer le logement intermédiaire ;

·      stabiliser la fiscalité locative ;

·      simplifier certaines normes sans sacrifier la sécurité.

Subventionner uniquement la demande dans un marché où l’offre reste bloquée finit souvent par alimenter les prix.

L’énergie constitue le deuxième levier. La France doit utiliser son parc nucléaire et ses infrastructures pour garantir une électricité durablement compétitive aux ménages comme aux entreprises.

Enfin, les services publics constituent du pouvoir d’achat indirect.

Lorsqu’il faut payer une école privée faute de confiance dans l’école publique, consulter loin de chez soi, souscrire des assurances supplémentaires ou utiliser sa voiture faute de transport, la défaillance du service public devient une dépense privée.

Améliorer le pouvoir d’achat, ce n’est donc pas seulement distribuer davantage d’euros. C’est faire en sorte que chaque euro permette de vivre mieux.

Jean-Luc Scemama 

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3 Comments

  1. cher compatriote, je suis à des années-lumière de vos conclusions, qui, bien que réalistes, nous mènent vers le même horizon de souffrances.
    Il me revient en mémoire une phrase que nous pourrions cependant partager : diminuer l’obligation d’acheter plutôt que favoriser le pouvoir d’achat.
    au plaisir

  2. Il existe véritablement une piste qui permettrait non seulement de donner plus de pouvoir d’achat, tout en créant plus de recettes de TVA…Limiter les marges de la grande distribution.
    Exemple:Dans l’immense majorité des cas, les prix actuels des légumes et fruits tournent autour de 5€ le Kg. Soit env. 33FF ….
    Même si l’on prend en compte l’inflation, rien n’explique que ces prix soit pour la plupart 10 fois plus élevés qu’en 2000.
    l’euro devait favoriser l’économie et la concurrence. C’est tout à fait le contraire. Les salaires des plus faibles, c’est à dire la majorité des consommateurs n’ont pas été multipliés par 10….
    De plus, dans de nombreux domaines autres que l’alimentaire, Graça à la concurrence, les prix des articles ont été largement revus à la baisse, dans l’intérêt des consommateurs.
    Le véritable problème du pouvoir d’achat, c’est la position dominante des grandes enseignes et leur politique de marges,qui va l’encontre de toute logique, mais surtout de l’intérêt National…

  3. La France est le pays le plus taxé au monde, et pourtant la dégradation des sercices publics et des conditions de vie est telle que c’est devenu un pays sous-développé. La faute à la dilapidation de l’argent public par notre Etat corrompu. La surimposition directe ou indirecte contribue énormément à la paupérisation et la tiers-mondisation du pays.

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