
Augmenter les salaires ne suffira pas si nous ne réduisons pas les dépenses contraintes.
Le pouvoir d’achat ne dépend pas uniquement du montant inscrit en bas de la feuille de paie, mais aussi de ce qu’il reste après avoir payé le logement, l’énergie, les transports, les assurances, la complémentaire santé, la garde des enfants, les abonnements indispensables et l’alimentation.
Une augmentation de 100 euros peut être totalement absorbée par une hausse du loyer, de l’énergie ou des assurances ; il faut donc compléter toute politique salariale par une action structurelle sur le coût de la vie.
La priorité absolue devrait être le logement.
Dans les zones tendues, il faut :
· construire davantage ;
· accélérer les autorisations ;
· libérer du foncier ;
· transformer les bureaux vacants ;
· développer le logement intermédiaire ;
· stabiliser la fiscalité locative ;
· simplifier certaines normes sans sacrifier la sécurité.
Subventionner uniquement la demande dans un marché où l’offre reste bloquée finit souvent par alimenter les prix.
L’énergie constitue le deuxième levier. La France doit utiliser son parc nucléaire et ses infrastructures pour garantir une électricité durablement compétitive aux ménages comme aux entreprises.
Enfin, les services publics constituent du pouvoir d’achat indirect.
Lorsqu’il faut payer une école privée faute de confiance dans l’école publique, consulter loin de chez soi, souscrire des assurances supplémentaires ou utiliser sa voiture faute de transport, la défaillance du service public devient une dépense privée.
Améliorer le pouvoir d’achat, ce n’est donc pas seulement distribuer davantage d’euros. C’est faire en sorte que chaque euro permette de vivre mieux.
Jean-Luc Scemama

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