Ce qui s’est joué à La Scala de Paris. Par Sarah Cattan

Il faut être prudent avec les récits qui circulent sur les réseaux sociaux. Vérifier. Recouper. Refuser les emballements. C’est une exigence élémentaire, plus encore lorsque les accusations sont graves. Mais si les faits rapportés concernant la représentation scolaire organisée le 4 juin dernier au théâtre de La Scala Paris devaient être confirmés, alors il ne s’agirait pas d’un simple incident. Et encore moins d’un banal “débat politique” ayant dégénéré.

Il faudrait appeler les choses par leur nom: des lycéens juifs auraient été pris pour cible non pour ce qu’ils avaient dit, non pour ce qu’ils avaient fait, mais pour ce qu’ils étaient supposés représenter.

Et c’est précisément là que quelque chose bascule.

Selon plusieurs témoignages relayés publiquement, le malaise serait né d’une prise de parole politique du directeur du théâtre, Frédéric Biessy, devant des élèves réunis pour une représentation scolaire. Le discours aurait mêlé dénonciation de Donald Trump, de Vincent Bolloré, puis de Benjamin Netanyahou, sous les applaudissements d’une partie de la salle.

Jusque-là, diront certains, rien d’illégal : un directeur de théâtre a le droit d’avoir des opinions politiques. Évidemment.

Mais la question n’est pas là. La question est celle du climat créé. La question est celle de la responsabilité des adultes. La question est celle du moment où une ambiance militante devient, pour certains élèves, une mise en accusation implicite.

Car ce qui est décrit ensuite est d’une tout autre nature.

Des élèves identifiés comme Juifs auraient quitté un temps la salle, avant d’être convaincus de revenir afin de présenter le travail préparé depuis un an. Puis seraient venus les slogans : « Free Palestine », « Free Gaza », les insultes, les humiliations, les crachats, et même, selon les témoignages, cette phrase effroyable : « On va tous vous génocider « .

Il faut mesurer ce que signifierait une telle scène dans la France de 2026: non pas une querelle idéologique, ni une discussion sur le Proche-Orient, mais des adolescents devenant soudain les réceptacles physiques d’une haine politique mondialisée, comme si leur simple présence suffisait à les rendre comptables d’Israël, de Gaza, de Netanyahou ou de la guerre.

C’est cela, le cœur du problème. Depuis des mois, une partie du monde culturel français semble ne plus percevoir la frontière pourtant essentielle entre la critique d’un gouvernement israélien, parfaitement légitime dans une démocratie, et la fabrication d’un climat où les Juifs présents dans une salle deviennent immédiatement des cibles disponibles.

Or lorsqu’une telle frontière s’effondre, les conséquences dépassent largement le conflit israélo-palestinien, pour toucher à quelque chose de beaucoup plus profond : la capacité d’une société à protéger certains de ses enfants lorsqu’ils deviennent minoritaires dans une pièce.

Un théâtre subventionné, un établissement scolaire, une scène culturelle ne devraient jamais devenir des lieux où des adolescents doivent se demander s’ils peuvent encore monter sur scène sans être hués pour ce qu’ils sont.

Car alors ce n’est pas seulement un incident qui se produit: c’est une défaite morale, et peut-être, plus inquiétant encore, une défaite devenue invisible à ceux-là mêmes qui la provoquent.

Tribune juive

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7 Comments

  1. « C’est cela, le cœur du problème. Depuis des mois, une partie du monde culturel français semble ne plus percevoir la frontière pourtant essentielle entre la critique d’un gouvernement israélien, parfaitement légitime dans une démocratie, et la fabrication d’un climat où les Juifs présents dans une salle deviennent immédiatement des cibles disponibles. »

    Cela fait des décennies que cela dure. L’idéologie gauchiste, depuis des décennies, gangrène le monde de la culture.

    La seule solution est d’en finir avec le ministère de la Culture qui, depuis son origine avec les Affaires culturelles (Merci De Gaulle) a été pris idéologiquement par le gauchisme culturel.

    C’est de la pure corruption idéologique payée avec l’argent des contribuables, dont une grande partie ne partage aucune idée des gauchistes et de leur propagande, du politiquement correct qui n’est rien d’autre qu’une forme de fascisme.

    Que ce ministère de la propagande gauchiste, composé en partie de fascistes, disparaisse et que les artistes (dont je fais partie) se démerdent pour trouver de l’argent via le secteur privé (ce que je fais : je ne touche aucune aide sociale, aucune subvention, j’ai toujours refusé l’intermittence, je ne tiens pas à me rendre complice, à dépendre de ce milieu de la culture de la bien-pensance, du camp du bien et du politiquement correct qui passe une partie de son temps à chier sur Israël, à diaboliser l’état juif).

  2. Combien de temps avant les coups. Les mots précédent les actes et les  » progressistes de 2026  » se rapprochent lentement mais sûrement des chemises brunes de 1934.

  3. On sait très bien que les attaques conjuguées contre Trump, Netanyahu et Cnews émanent TOUJOURS de la peste brune islamonazie. C’est déjà en soi une preuve accablante. On sait également, et ce depuis 2020 (le mouvement «  »Black Lives Matter » », qui a montré le niveau absolu de déchéance intellectuelle et morale où se trouve l’occident) que le showbiz, voire le monde de la « culture » est très majoritairement composé d’ordures racistes et d’antisémites proches de cette mouvance. La (sous) »culture » au service de l’obscurantisme et du fascisme, c’est une réalité en Amérique du Nord et en Europe de l’ouest, ce que tous les observateurs pertinents ont depuis longtemps compris.

  4. Il faut des sanctions très fermes et humiliantes pour ce genre d’individu.
    Fermeture de sa salle pendant au moins un an, perte des droits civiques pour une durée de 5 ans, publication des condamnations à ses frais dans une dizaine de journaux..
    Ce type fait partie des étrons qui nagent dans les égouts..

  5. Et dire que le Crif s’est contenté des excuses formulées par M. Frédéric Biessy, c’est dire l’étendue du désastre de cette organisation !

  6. Attention les faits sont graves s’ils sont avérés et il conviendrait de s’en assurer.
    Quels sont les témoins et représentent ils la diversité de l’assistance ?
    Je reste attention car suis le coup d une vive émotion les réactions peuvent être hors de toute raison.
    Je vais faire un parallèle qui ne plaira pas aux esprits inféodés.
    L’affaire dite Vueling pour laquelle la lumière n’est pas faite. Où en est cette histoire ridicule ? Des adolescents très turbulents ont ils été expulsés parce que juifs ? Ou pour une mauvaise conduite jugée inadmissible par le pilote ?
    Ce vilain moment ne faire plus l’objet de communication mais le vert est dans le fruit pour de nombreuses personnes qui gardent le sentiment que cet incident a été monté en épingle à dessein de démontrer une jeune du juif.
    Errare humanum est, perseverare diabolicum
    J’attends de la communauté de montrer une exemplarité telle qu’elle suscite l’admiration plutôt que du rejet.

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