Brigitte, notre toute nouvelle voisine pulpeuse, quoique « haredi », rassemblait sa nombreuse progéniture en frappant dans ses mains et en criant : « Bambini ! »
Elle venait d’arriver de Milan et avait soudainement troqué sa perruque style « serpillière humide », placée de guingois sur son crâne rasé, contre une toute nouvelle chevelure blonde platine aux belles ondulations.
Mes parents ne pouvaient s’empêcher de la surnommer « Brigitte ».
En effet, « Et Dieu… créa la femme » venait de sortir sur les écrans.
Et alors ?
Elle avait été une trendsetter de son temps ; aujourd’hui, on dirait une influenceuse.
Et les hommes ne sont pas les moins influençables.
Prenez le schtreimel.
Naguère, il n’y avait à Anvers qu’un seul modèle : le type « Rabbi Jacob », cette galette ornée de fourrure, généralement d’un beau vison.
Aujourd’hui, ils sont passés à la trappe.
Pas les haredim, of course, mais leurs ornements capillaires.
Ces belles galettes ont connu une spectaculaire extension verticale.
Il y a eu élévation — physique, à défaut d’être spirituelle.
Les schtreimel ont évolué et sont devenus des spodik ; rien à voir avec Spoutnik qui, lui, s’est élevé dans l’espace il y a bien longtemps.
Des mers de spodik, splendides cylindres, non plus uniquement de fourrure mais aussi de matière synthétique — écologie et CO₂ obligent — flottent désormais dans les rues anversoises le jour du shabbat.
Comme quoi, même dans les milieux les plus traditionnels, la mode finit parfois par avoir le dernier mot.
© Jacques Frojmovics
Jacques Frojmovics (né en 1952) témoigne de ce qui est …
Pour aller plus loin:
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— cattan (@sarahcattan_) April 16, 2026
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La première fois que j’ai vu un schtreimel , c’était il y a des années à Tel Aviv. Il était porté fièrement par un monsieur en kaftan épais et noir qui se promenait avec ses enfants en bord de mer, le température était de 36/37°… à l’ombre, et l’ombre à Tel Aviv…Il n’avait pas une goutte de sueur sur son front. Mon époux et moi, pourtant habillés bien plus légèrement, transpirions à grosse goutte. Jusqu’à aujourd’hui, l’homme en noir reste une énigme. Pourquoi il ne transpirait pas ?