Plus Le Croquemidor est récompensé, plus se voit la gêne de « ces gens-là »
Il existe des crimes si absolus que l’humanité devrait, à leur seul souvenir, perdre définitivement le goût du confort moral, des prudences administratives et de l’indifférence organisée.
L’histoire des enfants de Bullenhuser Damm est de ceux-là. Vingt enfants juifs. Cinq à douze ans. Arrachés à Auschwitz pour servir de cobayes médicaux au médecin SS Kurt Heißmeyer dans le camp de Neuengamme. Puis assassinés dans les sous-sols d’une école de Hambourg dans la nuit du 20 avril 1945, quelques jours avant la chute du Reich.

Il fallait effacer les traces. Faire disparaître les preuves. Faire taire jusqu’aux corps eux-mêmes.
Quatre-vingts ans plus tard, cette histoire demeure pourtant largement méconnue du grand public, et peut-être est-ce cela, finalement, le plus inquiétant : non seulement l’homme est capable du crime absolu, mais il est aussi capable d’organiser l’oubli autour du crime.
« Le Croquemidor », réalisé par Francis Renaud, vient précisément troubler cet oubli. Non par le discours. Par les visages. Les regards. Les âges. Par cette manière insupportable qu’a parfois le réel de redevenir humain.
Et c’est peut-être là que commence le malaise. Car notre époque aime la mémoire à condition qu’elle demeure abstraite, institutionnelle, ritualisée. Une mémoire de cérémonie, parfaitement soluble dans le confort culturel contemporain.
Mais Quoi? Une œuvre incarnée, dérangeante, qui oblige à regarder en face vingt enfants juifs assassinés méthodiquement au cœur de l’Europe cultivée ? Voilà qui devient plus embarrassant.
Alors, chez ces gens-là, on ne censure pas. Le mot serait excessif. Vulgaire même. On procède autrement: on contourne. On évite. On ne sélectionne pas. On ne diffuse pas. On laisse simplement l’œuvre dériver hors du champ visible, dans cet espace feutré où les responsabilités deviennent introuvables.


Refus de Berlin pour Le Croquemidor
Refus de Canal+ pour Le Croquemidor
Nul ne pourra dire que le film a été combattu: il a été tenu à distance. Refus d’aides. Refus de diffusion. Refus de sélection dans plusieurs grands circuits culturels et audiovisuels. Rien de spectaculaire. Simplement cette forme très contemporaine du refus : celle qui ne dit jamais son nom.
Et forcément, à un moment, la question surgit, calmement, presque malgré soi: Comment un film consacré à vingt enfants juifs assassinés à Bullenhuser Damm peut-il susciter autant de réticences, autant de silences, autant de prudences embarrassées ? Comment ne pas tous y « penser »…, parce qu’au fond, dans un pays qui ne cesse de proclamer « Plus jamais ça », on aurait aimé croire qu’un tel doute n’était même plus possible.
Et puis un incident heureux est survenu. Le film a commencé à être vu ailleurs. Aimé ailleurs. Récompensé ailleurs.
Dès lors, chaque distinction internationale accordée au « Croquemidor » éclaire rétrospectivement d’une lumière crue la petitesse de ceux qui avaient jugé préférable de regarder ailleurs.
Car le problème désormais n’est plus le film: le problème, c’est ce que son parcours révèle. Il révèle un monde culturel obsédé par les discours mémoriels mais parfois incapable de supporter une mémoire vivante lorsqu’elle échappe aux circuits autorisés, aux validations convenables et aux prudences du moment.
Tribune juive fut l’un des premiers médias à ouvrir ses colonnes à ce film, grâce à un entretien conduit par Frédéric Sroussi. Non par militantisme. Non par réflexe identitaire. Mais parce qu’un journal digne de ce nom ne devrait jamais attendre qu’un consensus autorise la mémoire.
Et les lecteurs ont répondu présents. L’article consacré au film s’est durablement installé parmi les plus lus du journal. Sans campagne. Sans appareil promotionnel. Sans consigne morale. Simplement parce qu’il existe encore un public qui veut voir par lui-même.
Ce constat devrait rassurer.
Il devrait aussi inquiéter profondément ceux qui, depuis tant d’années, prétendent penser à la place du public.
Au fond, l’affaire du Croquemidor dépasse le cinéma. Elle pose une question beaucoup plus vaste : que devient une société qui sélectionne les mémoires qu’elle accepte de rendre visibles ?
Le minimum, quatre-vingts ans plus tard, serait de ne pas condamner une seconde fois à disparaître dans le silence poli des consciences culturelles les enfants de Bullenhuser Damm, assassinés une première fois dans les caves de Hambourg.
© Sarah Cattan
Pour aller plus loin…
« Bonjour à tous, Le Croquemidor, mon court-métrage financé heureusement par L’Adami et réalisé en 2025 a été refusé par ARTE , France tv, CANAL+ il ne sera diffusé sur aucunes chaînes française. Il est refusé aussi par tous les festivals français, même Berlin. Refus du CNC – Centre national du cinéma et de l’image animée en 2020 pour l’aide à l’écriture. On ne lâche rien face à la censure et la discrimination. Peut-on encore parler de la Shoah en 2026? CNC – Centre national du cinéma et de l’image animée ARTE France tv CANAL+ #shoah #lecroquemidor #lesenfantsdebullenhuserdamm Adami Bon dimanche à vous. » Francis Renaud
Prix du meilleur scénario pour Le Croquemidor, c’est juste incroyable. Merci au jury, merci à vous tous. Merci au nom des enfants de Bullenhuser Damm et de toute l’équipe du Croquemidor. Je n’arrive pas à réaliser. Vous ne pouvez pas imaginer l’honneur et le bonheur que je ressens à cet instant après tout ce travail d’écriture pour ce court-métrage. Merci du fond du cœur ❤
Montpellier Independent Film Festival #lecroquemidor #smvfilms #courtmetrages @artistesadami @ornella_sorrentino_adami #MTPIFF ». Francis Renaud
« 3ème prix pour Le Croquemidor. Merci infiniment au « Montpellier Independent Film Festival » « Prix du Meilleur Scénario ». Merci énormément pour le prix au #milanindiefilmfestival « Prix duMeilleur court-métrage à l’international ». Merci beaucoup pour ce prix au #childrenssciencenaturewildlifefilmfest « Prix du Meilleur Réalisateur ».
Merci de nous faire exister. Merci pour toutes ces sélections. Merci de permettre à un public de découvrir nos films, nos histoires, notre travail, nos œuvres. Merci au jury ». Francis Renaud
« Meilleur Réalisateur au Children’s Science Nature et Wildlife Film Festival en Inde.
Meilleur court-métrage à l’international au Milan Indie Film Festival en Italie.
Meilleur Scénario au Montpellier Independent Film Festival en France.
Merci de nous donner de l’espoir. On va se battre pour le long-métrage du Croquemidor. Merci beaucoup à vous tous 😉 #MTPIFF @mtp.iff @milanindiefilmfestival #childrenssciencenaturewildlifefilmfest
Sans oublier L’Adami et mon producteur Keven Hamon SMV Films #smvfilms @artistesadami #lecroquemidor #filmfreeway« Francis Renaud










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