La banque du sang, le cœur de la vie . Sylvie Bensaid rencontre Victor Wintz

 Le Maguen David Adom est la bouée de sauvetage d’Israël par son approvisionnement en sang. Les Israéliens comptent sur le MDA et son seul et unique centre national du sang pour presque toutes les transfusions salvatrices. 

Nous avons rencontré Victor Wintz le Directeur Général Europe 


Sylvie Bensaid :
Victor, cette année vous mobilisez les donateurs IFI autour d’un projet très précis : la banque nationale du sang du MDA. Pourquoi ce choix ?

Victor Wintz :
Parce que le sang est la ressource la plus vitale… et la plus fragile.
On peut acheter du matériel, former des équipes, déployer des ambulances. Mais le sang, lui, ne se fabrique pas. Il se donne, il se collecte, il s’anticipe.

Et dans un pays comme Israël, où l’on peut basculer en situation d’urgence en quelques minutes, avoir du sang disponible n’est pas un confort : c’est une condition de survie nationale.

Sylvie Bensaid :
Concrètement, quel est le rôle du MDA dans ce domaine ?

Victor Wintz:
Le MDA est le pilier absolu du système sanguin israélien, avec environ 97 % du sang collecté, testé et distribué.
Cela signifie que chaque opération chirurgicale, chaque accident grave, chaque blessé de guerre dépend directement de cette chaîne.

C’est une responsabilité immense… portée essentiellement grâce à la générosité privée.

Sylvie Bensaid :
Vous parlez de guerre. En quoi cela change-t-il la donne ?

Victor Wintz :
La guerre change tout. Elle fait exploser les besoins, brutalement, sans préavis.

Lors des attaques du 7 octobre et des opérations qui ont suivi, le MDA a dû traiter des milliers de blessés en un temps extrêmement court. Et derrière chaque blessé, il y a une réalité simple :
il faut du sang, immédiatement, en quantité, et parfaitement sécurisé.

Et plus récemment encore, lors des attaques iraniennes des dernières semaines, cette pression s’est à nouveau manifestée de manière brutale. Les systèmes d’alerte se déclenchent, les équipes se mobilisent, les blessés affluent… et immédiatement, la question est la même :
avons-nous assez de sang, maintenant ?

Dans certains cas, un seul blessé grave peut nécessiter plusieurs poches en quelques heures. Multipliez cela par des dizaines, puis des centaines… et vous comprenez l’ampleur.

Ce que nous vivons aujourd’hui, c’est une médecine de guerre à haute intensité. Et dans ce contexte, la banque du sang devient une infrastructure stratégique, au même titre que la défense.

Sylvie Bensaid :
Est-ce que le système a tenu face à cette pression ?

Victor Wintz:
Oui. Et c’est justement ce qui est remarquable.
Le MDA a tenu parce qu’il avait anticipé. Parce qu’il avait investi. Parce qu’il avait des stocks.

Mais cette résilience a un coût énorme.
Et surtout, elle nous oblige aujourd’hui à aller encore plus loin, à renforcer les capacités pour les crises à venir, qui peuvent être encore plus intenses.

Sylvie Bensaid :
À quoi vont servir concrètement les dons IFI cette année ?

Victor Wintz :
À renforcer toute la chaîne, du début à la fin :

– Augmenter les capacités de collecte, y compris dans des situations d’urgence
– Moderniser les technologies de traitement et de sécurisation du sang
– Optimiser le stockage et la logistique de distribution en temps réel
– Constituer des réserves stratégiques capables d’absorber des pics massifs de blessés

C’est une mécanique extrêmement précise. Et dans cette mécanique, chaque maillon doit être irréprochable.

Sylvie Bensaid :
On parle souvent des ambulances MDA, très visibles. Le sang, lui, reste invisible…

Victor Wintz :
C’est exactement ça. Et pourtant, c’est le cœur du système.

Une ambulance sauve une vie en transportant vite.
Le sang sauve une vie en permettant de survivre après.

Dans les hôpitaux israéliens, après chaque attentat, après chaque frappe, les équipes médicales ne se demandent pas si elles ont des médecins. Elles savent qu’elles en ont.
Elles se demandent : avons-nous suffisamment de sang ?

Sylvie Bensaid :
Qu’est-ce que vous diriez à un contribuable qui hésite à flécher son IFI vers ce projet ?

Victor Wintz :

Je lui dirais que rarement un don aura été aussi direct dans son impact.

Quand vous contribuez à la banque du sang, vous ne financez pas une idée.
Vous permettez concrètement qu’une poche de sang soit disponible, testée, prête à être utilisée… au moment précis où une vie en dépend.

C’est immédiat. C’est tangible. C’est vital.

Sylvie Bensaid :
Est-ce aussi un message de solidarité au-delà d’Israël ?

Victor Wintz :

Bien sûr.
Le MDA soigne tout le monde, sans distinction. Et dans les moments de crise, cette chaîne du sang devient une chaîne d’humanité.

Donner pour le sang, c’est refuser que la vie devienne une variable d’ajustement dans le chaos.
C’est affirmer que même dans la guerre, on continue à sauver.

Sylvie Bensaid :

Un dernier mot pour conclure ?

Victor Wintz :

On ne choisit pas le moment où une vie bascule.
Mais on peut choisir d’être prêt.

Le sang, c’est cette capacité d’anticipation qui sauve.
Aujourd’hui, grâce à l’IFI, chacun peut devenir un maillon essentiel de cette chaîne de vie.

Et dans le monde que nous vivons, c’est sans doute l’un des engagements les plus forts que l’on puisse prendre.

Entretien réalisé par Sylvie Bensaid

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