L’expert de service. Par Paul Germon

LCI a son spécialiste du Proche-Orient. Il s’appelle Gallagher Fenwick. Il revient. Tout le temps. C’est déjà une information.
Berkeley, Sciences Po, cinq ans correspondant à Jérusalem. Le CV est solide. Le problème n’est pas là.
Le problème, c’est que Fenwick ne commente pas. Il juge. Israël, ses contradicteurs, et ses confrères. Tout le monde y passe, avec la sérénité du type qui se sait protégé.
Un exemple. Sur le plateau, Noémie Halioua lui indique qu’elle a sa carte de presse. Réponse : « Ça ne veut pas dire que vous êtes journaliste ».

Dit à une consœur. En direct. Devant caméra. Les autres ont regardé leurs chaussures. C’est ça, LCI. Personne n’a bronché. La lâcheté, ça aussi c’est un métier.

Le silence des confrères présents ce jour-là est une capitulation. Pas de la prudence. Pas de la retenue. Une capitulation. Quand un homme se permet de nier publiquement le titre professionnel d’une journaliste sans que personne autour de la table ne trouve rien à redire, la corporation a un problème. Un problème qu’elle ne voit pas, ou qu’elle préfère ne pas voir.

Sur le fond. Une tour s’effondre à Gaza. Anne Nivat propose « crime de guerre ». Fenwick rectifie : « Non. Génocide ». Pas une hypothèse. Une sentence. Grozny rasée par les Russes — silence. Alep détruite à 80% — silence. Mossoul — silence. Le mot « génocide » a une adresse postale fixe. Elle ne change pas. En journalisme, ça s’appelle un biais. Chez LCI, ça s’appelle une expertise.

Car LCI sait. La direction sait ce qu’est Fenwick. Elle l’invite quand même. Semaine après semaine. Sans contradicteur structurel, sans mise en perspective, sans le minimum déontologique qui consisterait à signaler au téléspectateur qu’il écoute un point de vue et non une analyse. C’est un choix. Délibéré. Assumé en interne, dissimulé en antenne. Une chaîne qui se présente comme d’information et qui délivre de la propagande habillée en expertise — c’est une tromperie. Le mot est fort. Il est exact.

Fenwick a écrit un livre sur le 7 octobre. La quatrième de couverture revendique qu’il « refuse la neutralité froide pour l’émotion juste ». Berkeley, Sciences Po, cinq ans à Jérusalem — pour revendiquer l’émotion contre la neutralité. C’est cher payé. Pour lui. Pour nous aussi. Mais surtout pour les téléspectateurs qui croient encore regarder un journal.

© Paul Germon

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7 Comments

  1. Vous dîtes que LCI a son spécialiste du Proche-Orient. Effectivement Gallagher Fenwick est un soi disant spécialiste doté d’un prisme déformé dès qu’il s’agit d’Israël, mais il est loin d’être le seul dans son cas, citons d’autres invités de M. Rochebin comme M. Breton, M. Araud, M. Villepin, bref des animateurs télé plus que des spécialistes !

    • Votre article sur Fenwick ne fait que conforter ce que je pense depuis le 8 octobre 2023… Je voudrais , en plus, vous dire la haine que je ressens dans ses paroles quand il parle d’ Israël. Il m’ est devenu insupportable et il est là presque tous les jours… Non seulement la haine mais une certaine agressivité…

  2. je pense effectivement que l’expert en question IMPOSE sont point de vue comme d’autres essaient de le faire. Je suggère à l’auteur de signaler cela au patron de la chaine, (Bouygues?).
    Même si cela n’aboutit pas, cela aura été dit

  3. Fenwick est d origine juive , or chacun sait que nos ennemis les plus irreuctibles sont souvent sortis de notre sein , et ce , depuis des siecles .

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