
Je veux oublier ce monde pourri qui a tourné le dos à toutes ses valeurs, à son passé, à sa poésie, son art, ses chants, sa foi, sa beauté pour se vautrer dans le purin de sa bassesse. Je veux retourner vers ces héros qui ont défié tous les éléments pour préserver ce côté Divin qui nous habite.
Il y a quelques jours une de mes amies, musulmane pourtant, m’a exhortée à ne pas abandonner l’écriture… Je répète ses mots qui m’ont émue :
Bonsoir chère amie,
J’ai lu ton mail, c’est touchant et profond à la fois. J’ai senti que tes paroles provenaient de ton cœur et que tu étais dépitée de voir tant de sottises humaines. Chose que je partage entièrement.
Ce sur quoi je ne suis pas d’accord, c’est que tu arrêtes d’écrire. La production littéraire est un exutoire qui permet à l’écrivain de garder un équilibre entre sa réalité et ses aspirations (qui peuvent être difficiles à atteindre).
Je n’arrive pas à croire que toute cette mascarade soit menée au nom de la religion. Il y’a des intérêts économiques à sauvegarder dans la région. L’argent rend les gens fous, capables de commettre les pires atrocités. Les gens pieux qui connaissent Dieu, ne bafouent pas ses règles et entachent son nom avec le sang des innocents.
Bref, il faut que tu continues d’écrire car le monde a besoin de voix authentiques comme la tienne qui nous rappelle à l’ordre quand tout semble terminé et perdu.
Ton amie.
Puis j’ai entendu sur Instagram ce monologue d’un israélien qui refuse de glisser dans le désespoir, dans la douleur de voir ses enfants, ses neveux, ses cousins, les enfants de ses voisins, de ses amis, se perdre dans le nuage opaque de la guerre, sur le sol fangeux du Liban pour écarter le mal, sur les dunes de sable de Gaza, pour détruire toute cette infrastructure du désastre, du crime, de la perversion, de la folie… Et ces hordes de fous qui réclament FREE PALESTINE… c’est a mourir de rire ou d’idiotie. Qu’est-ce que la Palestine, où est-elle exactement ? A-t-elle jamais existé ? Mais peu importe, il fait agrémenter son quotidien pour le rendre plus intéressant, même au prix d’un suicide avéré.
Il y a ceux qui se croient trop intelligents ou trop malins et veulent engendrer le mal, pour trancher la monotonie de leurs jours. Et il y a ceux qui haïssent l’humain et cherchent, que dis-je, luttent pour le mener vers sa destruction.
Il y a ceux comme moi, qui aiment toute la création de DIEU… depuis le petit cailloux sur lequel je bute, le chat qui miaule pour attirer mon attention et lui proposer mon sandwich, l’oiseau qui vient se poser sur les branches de mon citronnier à la recherche du pollen de ses fleurs, et lorsque tout semble vain, ma course sous le hululement des sirènes vers l’abri… Là où mes efforts et mon amour ne suffisent plus… ne me laissant d’autre alternative que de prier, là où je me replie, ignorant hardiment cet écran de télévision qui projette – Live – les colonnes de fumée, là où la bombe est tombée.
Des morts ? des blessés ? des horrifiés ? des curieux ou des blasés ?
Cette colonne m’en rappelle une autre, celle de feu que le Tout-Puissant a placé devant les chars de Ramsès afin de cerner leur avance vers les fuyards hébreux d’Égypte. C’est bien là où je souhaite être… Observer Moïse et cette troupe de fuyards coincés entre les chars de Ramsès et la mer… Et contrairement aux sceptiques, garder ma confiance que même la mer, se divisera pour les aider à fuir, à regagner leur liberté, leur effigie humaine.
Fuir… fuir et toujours fuir… le mal, la malveillance, l’antipathie, la haine… le balluchon collé au dos… depuis l’éternité.
Le juif d’hier et celui d’aujourd’hui, continue de fuir… la sortie d’Égypte est vécue éternellement, comme chaque année, chaque nuit du Seder, lorsque l’enfant demande à son père : Pourquoi devons-nous manger des herbes amères ?
Hier, c’était le fanion égyptien, plus tard, une liste interminable d’empires s’est déversée sur ce lopin de terre de Canaan – terre promise à notre ancêtre commun Abraham !
Aujourd’hui… les juifs continuent à fuir…
Et Moïse debout sur le flanc du Mont Sinaï tenant dans ses bras les Dix commandements gravés sur des tables de pierre, les observe en se demandant s’il les a réellement libérés.
Que voulaient ces hébreux hormis leur liberté… leur indépendance… leur droit de vivre.
Il fallait passer le message, le message du Créateur : Aime ton prochain, ne tue pas, ne vole pas, ne ment pas, n’envie pas, respecte…
Le message n’est certainement pas passé puisque les lois offertes à l’humanité ont été ignorées au lieu d’être sanctifiées… et le mal continu de rogner les flancs de l’homme contre son frère… le mal vocifère sa haine contre toute la création.
Et moi, je me tiens aux côtés de Moïse et je pleure comme il a dû pleurer pour toute l’humanité…

votre message est magnifique
je veux être à vos côtés
rendre grâce à notre moise
notre moshe rabenou
en ce soir de pessah
Je rejoins votre amie musulmane : continuez à écrire, à distribuer les petits joyaux dans Tribune juive. Je vous admire comme j’admire le peuple juif , comme j’admire et j’aime Israël. Que le Tout Puissant vous protège. Permettez-moi de vous souhaiter de bonnes fêtes de Pessah.
« Je veux oublier ce monde pourri qui a tourné le dos à toutes ses valeurs, à son passé, à sa poésie, son art, ses chants, sa foi, sa beauté pour se vautrer dans le purin de sa bassesse. Je veux retourner vers ces héros qui ont défié tous les éléments pour préserver ce côté Divin qui nous habite. »
Vous idéalisez un passé qui, en réalité, était d’une violence sociale extrême.
Au XIXe siècle en France comme ailleurs en Europe, la misère était structurelle avec des famines, de la mortalité massive, des conditions de travail inhumaines.
La plupart des gens ne vivaient ni dans la poésie ni dans la contemplation du “divin”, mais dans la lutte quotidienne pour survivre.
Ce monde que vous regrettez n’était pas un âge d’or, mais un monde où l’immense majorité n’avait même pas le luxe de penser à l’art ou à la beauté.
Critiquer le présent est légitime. Mais reconstruire un passé imaginaire ne permet pas de mieux comprendre le réel.
A++
Suite de mon commentaire :
Et c’est en réalité presque l’inverse aujourd’hui.
Jamais autant de gens n’ont eu accès à l’art, à la musique, à la poésie, aux œuvres du passé comme du présent. Ce qui était autrefois réservé à une élite — faute de temps, d’argent ou d’éducation — est désormais largement partagé.
La majorité des individus n’est plus enfermée dans une lutte permanente pour survivre. Cela libère du temps, de l’attention, une disponibilité intérieure pour s’intéresser à autre chose que la nécessité immédiate : lire, écouter, créer, contempler.
Quant à la foi, elle n’a pas disparu.
Dire que le monde aurait tourné le dos à toute beauté ou toute élévation, c’est ignorer à quel point elles sont aujourd’hui accessibles, diffusées, et vécues par un nombre bien plus grand de personnes qu’autrefois.
Et, contrairement à ce que l’on entend souvent, jamais les individus ne se sont autant préoccupés des autres qu’aujourd’hui.
La solidarité ne se limite plus au cercle proche — famille, village, paroisse — comme c’était majoritairement le cas autrefois. Elle s’est élargie. Aujourd’hui, on se sent concerné par des inconnus, parfois à l’autre bout du monde.
Les actions humanitaires, les dons, le bénévolat, les mobilisations pour des causes sociales ou sanitaires n’ont jamais été aussi répandus. Des millions de personnes s’engagent, donnent de leur temps, de leur argent, de leur énergie.
Là où, dans le passé, la misère pouvait être perçue comme une fatalité locale, elle est aujourd’hui reconnue comme un problème collectif. Il existe une conscience morale beaucoup plus large, plus diffuse, plus exigeante aussi.
Cela ne veut pas dire que tout est parfait — loin de là — mais l’idée que les hommes auraient perdu le sens du prochain est difficile à soutenir quand on regarde l’ampleur des élans de solidarité contemporains.