Tout organe de presse a publié ou publiera un jour une information erronée, insuffisamment vérifiée, émanant d’une source douteuse, colorée par la vision du monde du journaliste, et qui a causé ou causera un préjudice à la personne visée. Les journalistes sont des êtres humains, susceptibles de se tromper — et comme tout être humain, ils n’aiment pas admettre leurs erreurs.
La vidéo de Sdé Teiman : une tentation à laquelle Chaîne 12 n’a pas résisté
C’est exactement ce qui s’est passé avec Chaîne 12 et son correspondant judiciaire Guy Peleg. Ils n’ont pas résisté à la tentation que leur tendait la Procureure militaire : une vidéo dans laquelle le spectateur était censé voir un acte abominable commis par des soldats de Tsahal sur un terroriste du 7 octobre au centre de détention de Sdé Teiman.
Peleg a diffusé la vidéo en juillet 2024. Même à l’œil peu suspicieux, quelque chose semblait anormal : malgré le floutage délibéré à hauteur du bassin des soldats, malgré le commentaire dramatique en voix off, il était impossible de discerner le moindre indice d’un « acte de sodomie dans des circonstances d’agression sexuelle », selon la description de Peleg. Et lorsqu’à cet œil suspicieux s’ajoutait un esprit réaliste, il était difficile de croire qu’un tel acte ait pu être commis collectivement, dans une salle où se trouvent des détenus violents — et qui plus est, par des soldats de Tsahal.
« Les violences sexuelles n’ont jamais été une pratique courante dans les rangs de Tsahal. » — Étude de l’Université hébraïque, 2006
Les violences sexuelles n’ont, en effet, jamais été une pratique courante dans les rangs de Tsahal. À tel point qu’en 2006, une étudiante de l’Université hébraïque avait publié une recherche intitulée : « Les frontières de l’occupation : la rareté du viol militaire dans le conflit israélo-palestinien ». La raison de cette rareté, selon la chercheuse : le racisme. L’étude avait obtenu de nombreux prix, dont un de l’Université hébraïque elle-même. La réalité que des soldats de Tsahal ne violent pas des Palestiniens/nes est si évidente qu’elle avait réussi à déconcerter jusqu’à l’extrême gauche. Mais pas Chaîne 12.
Une vidéo composite : la révélation d’Ayala Hassan
La journaliste Ayala Hassan, de Chaîne 11 (Kan), a mené une vérification plus approfondie et découvert que la vidéo était composée de deux séquences distinctes, tournées à des moments et dans des lieux différents. Dans l’une d’elles, le terroriste du 7 octobre n’était même pas présent. Dans l’acte d’accusation finalement déposé, aucune violence sexuelle n’était mentionnée — les expertises médicales ayant contredit les allégations de Peleg et de la Procureure militaire concernant tout acte de sodomie ou toute autre forme d’agression sexuelle.
Le mal était fait. Non seulement aux combattants de la Force 100, mais à Tsahal dans son ensemble, et à l’État d’Israël. La vidéo, qui ne démontrait rien, avait déjà été qualifiée de document d’agression sexuelle — et il est bien difficile de convaincre des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde que les soldats de Tsahal ne commettent pas de crimes sexuels.
Peleg maintient le cap — et quitte le plateau en criant
Ces révélations n’ont pas ébranlé Chaîne 12. Peleg est resté en plateau, défendant avec véhémence l’histoire mensongère. Un jour, alors que le député Moshé Saada qualifiait la publication de « calomnie rituelle » (blood libel), Peleg quitta le plateau en hurlant : « Je refuse de rester assis à côté de cet homme abject. »
Cris d’un côté, réalité de l’autre : quelques mois plus tard, il fut établi que la Procureure militaire elle-même, Yifat Tomer-Yerushalmi, était celle qui avait transmis la vidéo à Peleg — et qu’elle avait de surcroît présidé l’enquête chargée de retrouver le divulgateur, tout en mentant sciemment à la Cour suprême, avec la possible complicité de la Conseillère juridique du gouvernement et de ses proches collaborateurs.
Sabotage institutionnel : quand la justice et les médias font cause commune
L’enquête sur la Procureure militaire, dans la mesure où elle a eu lieu, s’est déroulée avec lenteur, négligence et mauvaise volonté manifeste. La Conseillère juridique, la police et la Cour suprême ont fait — et font encore — front commun pour diluer et étouffer l’affaire. Chaîne 12, de son côté, a revêtu les habits de la vertu, longtemps après que l’écart entre la publication originale et la vérité sur la Force 100 fut devenu flagrant.
Et puis un nouveau rebondissement : le nouveau Procureur militaire, le général Itaï Ofir, annulait l’intégralité de l’acte d’accusation, invoquant la défense par l’équité, le manque de preuves, les dysfonctionnements de la justice militaire, et une conclusion sans appel quant à l’absence de toute preuve d’infraction dans la vidéo — qui avait déjà fait le tour du monde et alimenté chaque antisémite de la planète.
Les structures qui ont propagé le mensonge tiennent pourtant toujours debout. Les unes protègent jalousement le journaliste en faute ; les autres défendent sans concession l’ex-Procureure militaire. Car elle est, au fond, l’une des leurs.
Un précédent : l’affaire du capitaine R. et Ilana Dayan
Ce n’est pas la première fois que des stars des médias et le système judiciaire s’allient aux dépens de soldats de Tsahal. En 2004, Ilana Dayan — alors sur Télad, aujourd’hui sur Chaîne 12 — avait diffusé un reportage orienté et mensonger sur le capitaine R., combattant de la brigade Givati. Par un montage créatif, le reportage laissait croire que le soldat avait commis une exécution barbare sur une jeune Gazaouie innocente.
Le capitaine R. avait poursuivi en justice — et obtenu gain de cause en première instance. Mais la Cour suprême, dont Dayan maîtrisait parfaitement les arcanes, avait accepté son appel au moyen d’arguments alambiqués, tels que la notion de « vérité telle qu’elle était connue au moment de la publication » — alors que la vérité connue à ce moment-là était précisément l’acquittement du capitaine R. par un tribunal militaire. La notoriété de la « princesse des médias » importait davantage à la Cour suprême que la réputation d’un combattant de Tsahal.
L’affaire Sdé Teiman, plus grave encore
L’affaire de Sdé Teiman est autrement plus grave que celle du capitaine R. À l’époque, face aux favoris des médias se dressait un seul officier, et le tribunal avait simplement rétabli l’équilibre. Aujourd’hui, la Cour suprême est elle-même partenaire dans l’étouffement de l’enquête sur Tomer-Yerushalmi. Au fond, elle est l’une des leurs.
On peut toutefois noter avec une certaine satisfaction que des changements se dessinent. D’abord, de manière inédite, le parquet, la Conseillère juridique et les juges de la Haute Cour ont pris position — non pas aux côtés des combattants de la Force 100, dont le service de réserve est épuisant, dangereux et exigeant, mais aux côtés des fonctionnaires du parquet militaire bronzés sous les néons. Le fait qu’ils aient utilisé leurs galons pour imputer de fausses fautes à des combattants, à Tsahal et à l’État d’Israël est, à leurs yeux, secondaire.
Ensuite, et c’est le second changement, le public israélien s’est familiarisé avec les modes de fonctionnement de l’aristocratie judiciaire et de l’aristocratie médiatique. Ni le système judiciaire ni Chaîne 12 ne jouissent plus de l’aura qui les entourait jadis. Ils suivent la trajectoire de l’Europe : ils plongent vers l’abîme sous les yeux de tous — et sont les derniers à le savoir.
Traduit de l’hébreu — Source : HaYom / Maariv | Auteure : Irít Linor
© David Germon


https://danielhorowitz.com/blog/index.php/2026/03/19/guy-peleg-procureur-mediatique-poursuivi-en-diffamation/
c est l horreur que vous décrivez
comment de telles choses sont possibles
merci de nous informer
je suis scandalisée