Le journaliste Amit Segal a révélé hier soir (mardi) sur la chaine N12 des enregistrements du porte-parole de Binyamin Netanyahou et son chef de cabinet par intérim, Ziv Agmon, qui ont créé une tempête médiatique et politique. Les appels à son limogeage se multiplient depuis hier, le Premier ministre reste, pour l’heure, silencieux.

On l’entend prononcer des insultes racistes à l’encontre de députés séfarades du Likoud mais aussi des électeurs du Likoud ou du parti Shass ainsi que des propos déplacés contre le Premier ministre et sa famille.
« Maintenant on sait d’où viennent nos Marocains. D’Afrique. Babouin, c’est un singe. », dit-il dans ces enregistrements.
Il s’attaque ensuite personnellement à des députés de son propre parti : « Vaturi (Nissim, ndlr), c’est un babouin. Revivo (Eliyahou ndlr), un Marocain attardé. Eli Dalal, un bon à rien. Dommage qu’on ne puisse pas réserver toute la liste et en finir avec les primaires. »
Sur Netanyahou lui-même, il tranche : « Bibi, c’est terminé. La question c’est s’il restera un État. Il doit rentrer chez lui… Un État foutu. »
Il accuse par ailleurs le fils du Premier ministre, Yaïr Netanyahou, d’avoir contraint le ministre des Affaires étrangères de l’époque Eli Cohen à lui délivrer un passeport diplomatique « sans aucune justification », et raille les « députées stupides » qui, face à Sara Netanyahou, « ne comprennent que la flatterie ».
Le parti Shass n’est pas épargné : « Shass — prendre de l’argent, c’est tout ce que ce parti sait faire. »
La réaction politique a été immédiate. Le député du Likoud Avichaï Boaron a déclaré : « Si ces propos ont bien été tenus, je condamne avec dégoût les paroles de Ziv Agmon. Il ne peut pas rester en poste un seul jour de plus. »
Le vice-président de la Knesset, Eliyahou Ravivo — cité nommément dans les enregistrements — a réagi: « Il y a des moments où le masque tombe et où la laide vérité se révèle. Celui qui parle ainsi des Séfarades ne le fait pas involontairement — il a simplement dit à voix haute ce qu’il pense en son for intérieur. » Il a conclu : « Un tel homme ne mérite de servir le public nulle part, pas même une minute de plus. »
Le député Dan Ilouz a lui aussi exigé un licenciement immédiat, rendant hommage au judaïsme marocain comme « fleuron de tradition et de force » et dénonçant une arrogance « obscure » incompatible avec les valeurs fondatrices du Likoud : « De telles voix au sein du bureau du Premier ministre sont un signal d’alerte. »
Le ministre Betsalel Smotrich a également condamné ces propos: « L’essence du camp national réside dans le lien profond entre le public religieux, orthodoxe, traditionaliste et laïc, ashkénazes et membres des communautés orientales, habitants des villes et des villages, du centre et de la périphérie. Une riche mosaïque du rassemblement des exilés avec énormément de respect mutuel et zéro racisme et condescendance. C’est ce que nous sommes et c’est ce que nous resterons. J’espère que le Premier ministre prendra la décision juste et qui s’impose. »
Le ministre Itamar Ben Gvir a choisi en guise de réaction de partager une vidéo d’un discours de Menahem Begin, dans lequel il scandait: »Nous sommes tous frères ».
Le parti Shass a choisi la retenue, se disant convaincu que ces propos « ne reflètent pas la position du Premier ministre » et attendant de lui qu’il règle la question.
Du côté de l’opposition, le chef du parti des Démocrates, Yaïr Golan, a pour sa part attaqué directement Netanyahou, l’accusant de « s’entourer de racistes, de criminels et d’individus méprisables ».
La révélation tombe à un moment particulièrement délicat pour Agmon, dont le nom circulait ces dernières semaines comme candidat favori au poste d’ambassadeur d’Israël aux Émirats arabes unis. Cette perspective semble désormais compromise.
Dans un court démenti publié par le canal du cabinet du Premier ministre, Agmon a indiqué ne pas avoir « l’intention de répondre à toutes les sottises » qui lui sont attribuées, mais a tenu à démentir formellement les propos anti-séfarades : « Quiconque me connaît et connaît mon travail avec le Premier ministre sait parfaitement que ces mots ne viennent pas de moi — ne serait-ce que parce qu’une grande partie de ma famille est d’origine séfarade et marocaine. Je suis victime d’une véritable injustice ».

Comme si Israël n’avait pas assez de problèmes ! Les missiles iraniens ou ceux du Hezbollah ne font aucune différence entre Sépharades et Ashkénazes.