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Ma fille Sophia et moi, nous sommes des rescapés d’un attentat. La tuerie de l’école juive ohr Torah du 19 mars 2012.
Ce matin là, la chance nous a escortés dans ce grand malheur. Je l’exhortais de se presser, car nous étions un peu en retard. Mais à 13 ans, certains détails prennent parfois une ampleur étrangement prégnante. Sa chemise ne lui convenait pas. Elle décide d’en changer. Une minute de perdue! Cette minute nous a pourtant sauvé la vie. Nous arrivons sur les lieux fatidiques. Nous apercevons des corps gisant devant le portail d’entrée de l’école. Cet endroit où je la dépose chaque jour. L’innommable venait de se produire , à peine une minute plus tôt. Saura t- on jamais pourquoi le destin s’acharne sur certains, alors qu’il en épargne d’autres?
Je me souviens de tout. De nos regards hagards. De ce silence qui hurle. De tous ces mots restés enfouis dans leur prison. Ce jour-là, notre vie a basculé. Nous avons perdu notre insouciance. Sophia a perdu son innocence. Comme tous les enfants de l’école.
Ce 19 mars 2012, c’est le jour où a véritablement débuté cette séquence interminable de déchirure du pacte républicain, du contrat social. Il a inauguré cette explosion exponentielle et décomplexée de l’antisémitisme dans notre beau pays.
Cette chronique est un recueil d’observations, d’états d’âme sur cette cicatrice indélébile, gravée au cœur et à l’âme.
Bien sûr, le temps a passé, depuis. Mais les images affleurent encore, les sons résonnent toujours. Le temps les édulcore un peu, mais il ne les efface jamais.
Les souvenirs sont immortels. Ils sont ces voûtes immobiles qui surplombent les sommets de l’esprit. Chaque 19 mars, des murmures de fantômes semblent résonner en moi. Je me souviens…
© Erick Lebahr


Je n’oublierai jamais ce jour tragique d’horreur et de désespoir ,les sept personnes assassinées par Mohamed Merah, avaient entre 4 et 30 ans. c’était Le 19 mars 2012. Que leur mémoire soit bénie.
je n oublierai jamais ces assassinats
et cette petite fille qui courait dans la cour
que leur mémoire soit bénie