Mon commentaire concernant une phrase prononcée par Yoram Hazony dans son discours durant la deuxième conférence internationale contre l’antisémitisme de Jérusalem, 27 janvier 2026. Par Nicolas Carras

(Article lié : Tucker Carlson, America First et Israël : décryptage d’une alliance conservatrice face aux distorsions sectaires et au révisionnisme. https:// www.tribunejuive.info/2025/12/06/tucker-carlson-america-first-et-israel-decryptage- dune-alliance-conservatrice-face-aux-distorsions-sectaires-et-au-revisionnisme- nicolas-carras/)

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« … la possibilité que les républicains, eux aussi, adoptent l’antisémitisme est devenue très réelle … » – Yoram Hazony (Discours de Yoram Hazony à Jerusalem à la Conférence sur l’antisémitisme / https://www.tribunejuive.info/2026/01/31/ discours-de-yoram-hazony-a-jerusalem-a-la-conference-sur-lantisemitisme/ )

Il y a toujours eu des antisémites du côté des Républicains américains, comme dans tous les camps politiques. Mais le Parti républicain n’a jamais adopté l’antisémitisme comme ligne idéologique, et ne le fera pas. La base conservatrice américaine rejette de manière structurelle et explicite l’antisémitisme, la haine d’Israël et la haine des Juifs.

Les individus ou micro-courants qui, au sein de MAGA, tiennent publiquement des propos antisémites, antijuifs ou violemment anti-israéliens, sont en réalité marginalisés et largement rejetés. Ils se revendiquent parfois de MAGA, mais sont idéologiquement extérieurs au conservatisme américain.

Tucker Carlson, dont parle Yoram Hazony dans son discours, en est un bon exemple.

Il est aujourd’hui ouvertement critiqué et mis à distance par une large partie du camp conservateur. Par ses positions sur Israël, sur les Juifs, sur l’islam et sur l’Occident, il a quitté le conservatisme américain pour glisser vers un réactionnarisme anti-israélien et pseudo pro-américain (en quoi peut-on être pro- américain en diabolisant l’un des plus grands et importants alliés de l’Amérique ? En quoi faire cela aide l’Amérique ?), tenant des propos que l’on retrouve, presque mot pour mot, dans certains segments de la gauche du Parti démocrate.

À ce titre, il ne relève plus du conservatisme américain.

L’antisémitisme n’est pas une dérive du conservatisme américain, c’est sa négation.

MAGA, dans sa ligne politique réelle et majoritaire, a toujours affirmé son soutien à Israël et son rejet de l’antisémitisme. Les dérives individuelles ne constituent pas une idéologie de parti.

MAGA a été élu deux fois avec des programmes clairement pro-israéliens et clairement opposés aux forces anti-israéliennes.

  • Élection de 2016 : Trump a obtenu environ 62,98 millions de voix.
  • Élection de 2024 : il a obtenu environ 77,28 millions de voix.

Tous ces électeurs ont voté pour des programmes incluant explicitement le fait qu’Israël est un allié majeur de l’Amérique et que ses ennemis — dont l’Iran — ne sont pas les amis de l’Amérique.

Tucker Carlson et ceux qui partagent ses positions sur Israël ont, de toute évidence, mal lu le programme.

Aussi, dès le début du XXᵉ siècle, et bien avant la création de l’État d’Israël, les courants conservateurs anglo-américains ont majoritairement soutenu le projet sioniste, en le percevant comme un mouvement de libération nationale légitime, fondé sur une réalité historique, biblique, culturelle et politique.

L’antisémitisme est incompatible avec le conservatisme américain, non pas seulement pour des raisons morales, mais pour des raisons doctrinales. Le conservatisme américain repose sur l’héritage judéo-chrétien, la reconnaissance des nations historiques, la défense des libertés religieuses, l’État de droit et l’alliance civilisationnelle avec Israël.  L’antisémitisme nie précisément ces fondements.

Je rappelle au passage que William F. Buckley Jr., une figure centrale du conservatisme intellectuel américain, est celui qui, historiquement, a explicitement poussé à exclure les antisémites du mouvement conservateur. Il a pris des décisions concrètes pour couper les liens entre le conservatisme institutionnel et l’antisémitisme.

PS : pour mesurer concrètement le rejet, au sein du conservatisme américain, des positions de Tucker Carlson sur Israël, l’islam et ses liens avec le Qatar, et concernant Candace Owens et son antisémitisme révélé, il suffit de lire ce qui est écrit à leur sujet dans FrontPage Magazine, fondé par David Horowitz, l’un des médias conservateurs les plus influents.

Il n’y a, strictement, aucune ambiguïté.

© Nicolas Carras

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« La haine des Juifs n’a pas sa place dans la société civile, elle pourrit le cerveau et doit être rejetée ». Charlie Kirk (1993-2025), conservateur américain.

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Nicolas Carras – Créateur (vidéo – son – photo), artiste, poète
https://nicolascarras.wordpress.com/

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