
Tout ce qu’affirme Avi Weiss dans son podcast avec Uri Milshtein
Introduction — Une affaire verrouillée au cœur de la guerre
Dans un podcast conduit par Uri Milshtein, le journaliste et ingénieur Avi Weiss expose ce qu’il présente comme l’une des affaires les plus dérangeantes de l’après-7 octobre 2023 : celle d’un homme désigné juridiquement comme « Ploni », dont le prénom “Assaf” aurait été prononcé publiquement lors d’une audience, mais dont l’identité complète demeure couverte par un ordre strict de non-publication.
Selon Weiss, cet homme aurait réussi, dans les jours critiques suivant le 7 octobre, à pénétrer le cœur opérationnel du Commandement Sud de Tsahal, à accéder à des informations classifiées liées à Gaza, et surtout à l’hôpital Shifa, que Weiss décrit comme un centre stratégique majeur du Hamas et un lieu où se trouvaient des otages israéliens au début de la guerre.
Toutes les informations présentées ci-dessous proviennent exclusivement des propos d’Avi Weiss dans ce podcast.
Elles ne constituent ni une enquête judiciaire indépendante, ni une validation des faits, mais une restitution fidèle de ce qui est affirmé publiquement dans cet entretien.
1) Une audience jugée « anormale » à la Cour suprême
Avi Weiss affirme qu’une audience récente s’est tenue à la Cour suprême concernant l’ordonnance de non-publication frappant l’affaire.
Il indique que la juge Gila Kanfi-Steinitz a décidé que le détenu ne comparaîtrait qu’en visioconférence, visible uniquement par la juge elle-même.
Weiss insiste sur ce qu’il considère comme un fait central et inhabituel :
ce n’est pas l’État qui a fait appel pour maintenir le secret, mais l’homme lui-même.
2) Identité : ce qui peut être dit publiquement
Weiss précise que le nom complet reste interdit à la publication.
Il ajoute toutefois qu’un député, Almog Cohen, aurait prononcé publiquement le prénom “Assaf” lors de l’audience, ce qui lui permet, selon lui, de le mentionner.
- Désignation judiciaire : Ploni
- Prénom cité publiquement : Assaf
- Nom complet : non publié
3) Une défense issue du sommet de l’appareil sécuritaire
Weiss détaille ensuite la composition de l’équipe d’avocats d’Assaf, qu’il juge exceptionnelle :
- Efrat Nahmani Bar : lieutenant-colonel, ancienne haute responsable du parquet militaire, toujours active en réserve.
- Noam Wiener : ancien haut responsable du Shin Bet, avec environ 22 ans de service, encore actif en réserve.
- Mark Perry : lieutenant-colonel, environ 23 ans au parquet militaire, ancien adjoint du défenseur militaire en chef, toujours en réserve.
Selon Weiss, il est très inhabituel qu’un homme soupçonné d’espionnage interne soit défendu par des profils aussi centraux de l’appareil sécuritaire.
Il pose une question ouverte, sans y répondre :
qui finance une telle défense ?
4) Shifa : le centre névralgique, les otages et l’accès au Commandement Sud
Avi Weiss présente Shifa comme le point le plus sensible de toute la guerre.
Selon lui, l’hôpital Shifa n’était pas seulement un hôpital :
- il constituait le centre de commandement du Hamas,
- le lieu de ses finances,
- de ses dirigeants,
- et Weiss affirme que la majorité des otages israéliens s’y trouvaient au début de la guerre.
Le déroulé présenté par Weiss
- Assaf se présente un samedi à son unité.
- Il est redirigé vers une autre unité.
- Le lendemain, il se rend au Commandement Sud.
- Il reçoit une habilitation écrite lui permettant de coordonner des opérations spéciales à Gaza, à un niveau de classification maximal.
Objectifs évoqués :
- frapper le commandement du Hamas à Shifa et sous Shifa ;
- extraire les otages qui s’y trouveraient.
Weiss affirme qu’Assaf aurait également mobilisé d’autres équipes de renseignement, qu’il décrit comme probablement liées aux États-Unis (formulation du podcast).
5) Méthode de collecte : deux téléphones, carnets, enregistrements
Selon Weiss :
- Assaf remet un premier téléphone à l’entrée des zones classifiées.
- Il conserve un second téléphone sans carte SIM, utilisé pour :
- enregistrer des conversations,
- photographier des documents.
Il aurait tenu deux carnets :
- l’un disparu,
- l’autre retrouvé, contenant selon Weiss le nom d’un responsable politique de premier plan de l’opposition.
Weiss précise qu’il ne s’agit pas d’un simple militant, mais d’un dirigeant politique important, impliqué dans des conflits publics avec Almog Cohen.
Il affirme que ce responsable aurait nié tout contact, malgré l’existence, selon Weiss, d’éléments écrits.
6) Dix jours au cœur du dispositif, puis l’arrestation
Weiss affirme qu’Assaf aurait opéré environ dix jours au sein du dispositif des opérations spéciales.
Il avance qu’une officière chargée de la sécurité de l’information n’aurait pas procédé aux vérifications nécessaires.
Puis, Assaf aurait été jugé « trop actif » et décidé comme « à neutraliser ».
S’ensuivent :
- arrestation par la police,
- transfert au Shin Bet,
- interrogatoires.
7) Les dommages opérationnels : opérations annulées et impact sur les otages
Selon Weiss, l’arrestation a entraîné un effet opérationnel immédiat :
Les opérations spéciales prévues ont été annulées, par crainte que les informations collectées aient été compromises.
Il précise :
- ne pas savoir si les informations ont effectivement été transmises à l’ennemi,
- mais affirme que l’accusation d’« aide à l’ennemi » aurait ensuite disparu de l’acte d’accusation.
Pour Weiss, le résultat est clair :
les opérations visant Shifa et les otages auraient été stoppées par peur de fuite.
8) Détention à Ayalon : un risque vital selon Weiss
Weiss affirme qu’Assaf est détenu à la prison d’Ayalon, dans une aile réservée à des détenus classés extrêmement dangereux, décrits comme des meurtriers psychopathes.
Il conteste cette affectation :
- Assaf serait non violent,
- il aurait dû être placé dans un cadre psychiatrique adapté.
Il affirme avoir alerté plusieurs autorités, sans réponse substantielle, et accuse l’administration pénitentiaire de fournir une réponse de couverture.
Il conclut :
Dans ces conditions, il peut être tué en une seconde — ou “disparaître” par un suicide opportun.
9) Pourquoi Assaf fait appel pour rester anonyme
Uri Milshtein souligne l’apparente contradiction :
le tribunal autorise la publication du nom, et l’intéressé fait appel pour l’empêcher.
Weiss avance une hypothèse — qu’il précise comme telle — :
Assaf craindrait que la publication de son identité mette sa vie en danger en prison, certains détenus pouvant vouloir tuer un « espion ».
10) Liens politiques : opposition, fréquentations et soupçons évoqués par Weiss
Weiss affirme qu’Assaf entretenait des liens avec plusieurs responsables politiques de l’opposition.
Il évoque :
- des contacts directs,
- des fréquentations politiques,
- et la présence du nom d’un dirigeant majeur de l’opposition dans le carnet retrouvé.
Il insiste :
il ne s’agit pas, selon lui, d’un simple lien idéologique, mais de relations concrètes, que certains intéressés auraient niées.
Weiss ne donne pas de noms complets dans le podcast, mais parle de figures centrales de l’opposition israélienne.
11) Qui commanditait ? Les hypothèses formulées
Uri Milshtein pose les options :
- une opération interne israélienne,
- une manœuvre politique de l’opposition,
- une implication étrangère, notamment américaine.
Weiss répond qu’il s’agit de spéculations, mais affirme que, selon son analyse, les financements et l’impulsion mènent vers des réseaux américains.
12) Enquête au Congrès et financements étrangers : l’analyse de Weiss
Weiss développe sa thèse personnelle :
- des financements étrangers massifs vers des organisations actives en Israël,
- une enquête en cours au Congrès américain sur ces flux,
- une volonté politique de collecter de l’information et de déstabiliser le gouvernement Netanyahu.
Il précise que ce cadre explicatif est son interprétation, pas un verdict judiciaire.
13) Continuité des enquêtes : explication pour un public français
Weiss affirme que, même lorsque les dirigeants changent, l’appareil sécuritaire et judiciaire continue d’agir selon ses propres logiques.
Pour un lecteur français, cela signifie :
- des enquêtes sensibles déjà ouvertes,
- qui se poursuivent indépendamment des élections, des ministres ou des chefs d’agence,
- illustrant une autonomie très forte des services.
Il cite des affaires connues en Israël pour illustrer cette continuité.
14) La défaillance systémique majeure : la guerre aurait commencé avant le 7 octobre
Dans la dernière partie, Weiss entame un autre dossier qu’il qualifie de défaillance systémique majeure.
Il affirme que :
- la guerre aurait commencé dès le vendredi,
- que des combattants se seraient déployés,
- que des axes routiers auraient été pris,
- que des milliers de cartes SIM auraient été coupées,
- et que des rencontres entre responsables sécuritaires et cadres du Hamas auraient conduit à une grave erreur d’appréciation.
Il annonce vouloir révéler le rôle d’une femme clé, jamais citée publiquement, mais l’entretien s’interrompt avant ce point.
Conclusion — Un récit explosif, toujours sous scellés
Le podcast d’Uri Milshtein et Avi Weiss décrit une affaire dans laquelle :
- Assaf aurait accédé aux informations les plus sensibles liées à Shifa et aux otages ;
- ses actions auraient conduit à l’annulation d’opérations spéciales ;
- il serait aujourd’hui détenu dans des conditions jugées extrêmement dangereuses ;
- et l’ensemble de l’affaire resterait verrouillé par le secret judiciaire.
Qui est Uri Milstein ?
Uri Milstein est historien militaire israélien, chercheur indépendant et essayiste.
Il est spécialisé dans l’histoire de Tsahal, les guerres d’Israël, la doctrine militaire et l’analyse critique des échecs stratégiques.
Auteur de dizaines d’ouvrages et d’articles, il est connu pour son approche non institutionnelle, souvent critique à l’égard des récits officiels, et pour donner la parole à des officiers, chercheurs et lanceurs d’alerte en marge des canaux traditionnels.
Il anime des podcasts et entretiens de fond consacrés à la sécurité nationale israélienne.
Qui est Avi Weiss ?
Avi Weiss est ingénieur de formation, journaliste d’investigation indépendant et analyste des systèmes de sécurité et de renseignement en Israël.
Il se concentre sur :
- les défaillances structurelles des appareils sécuritaires,
- les zones grises entre politique, renseignement et justice,
- et les affaires couvertes par le secret défense ou judiciaire.
Il intervient principalement dans des entretiens longs et documentés, où il présente ses analyses, documents et hypothèses, en précisant qu’il ne parle ni au nom des institutions ni comme autorité judiciaire, mais comme enquêteur indépendant.–
© David Germon


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