Tribune Juive

L’espion secret: Shifa, les otages et la défaillance d’un système. Par David Germon

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Tout ce qu’affirme Avi Weiss dans son podcast avec Uri Milshtein


Introduction — Une affaire verrouillée au cœur de la guerre

Dans un podcast conduit par Uri Milshtein, le journaliste et ingénieur Avi Weiss expose ce qu’il présente comme l’une des affaires les plus dérangeantes de l’après-7 octobre 2023 : celle d’un homme désigné juridiquement comme « Ploni », dont le prénom “Assaf” aurait été prononcé publiquement lors d’une audience, mais dont l’identité complète demeure couverte par un ordre strict de non-publication.

Selon Weiss, cet homme aurait réussi, dans les jours critiques suivant le 7 octobre, à pénétrer le cœur opérationnel du Commandement Sud de Tsahal, à accéder à des informations classifiées liées à Gaza, et surtout à l’hôpital Shifa, que Weiss décrit comme un centre stratégique majeur du Hamas et un lieu où se trouvaient des otages israéliens au début de la guerre.

Toutes les informations présentées ci-dessous proviennent exclusivement des propos d’Avi Weiss dans ce podcast.
Elles ne constituent ni une enquête judiciaire indépendante, ni une validation des faits, mais une restitution fidèle de ce qui est affirmé publiquement dans cet entretien.


1) Une audience jugée « anormale » à la Cour suprême

Avi Weiss affirme qu’une audience récente s’est tenue à la Cour suprême concernant l’ordonnance de non-publication frappant l’affaire.

Il indique que la juge Gila Kanfi-Steinitz a décidé que le détenu ne comparaîtrait qu’en visioconférence, visible uniquement par la juge elle-même.

Weiss insiste sur ce qu’il considère comme un fait central et inhabituel :
ce n’est pas l’État qui a fait appel pour maintenir le secret, mais l’homme lui-même.


2) Identité : ce qui peut être dit publiquement

Weiss précise que le nom complet reste interdit à la publication.
Il ajoute toutefois qu’un député, Almog Cohen, aurait prononcé publiquement le prénom “Assaf” lors de l’audience, ce qui lui permet, selon lui, de le mentionner.


3) Une défense issue du sommet de l’appareil sécuritaire

Weiss détaille ensuite la composition de l’équipe d’avocats d’Assaf, qu’il juge exceptionnelle :

Selon Weiss, il est très inhabituel qu’un homme soupçonné d’espionnage interne soit défendu par des profils aussi centraux de l’appareil sécuritaire.

Il pose une question ouverte, sans y répondre :
qui finance une telle défense ?


4) Shifa : le centre névralgique, les otages et l’accès au Commandement Sud

Avi Weiss présente Shifa comme le point le plus sensible de toute la guerre.

Selon lui, l’hôpital Shifa n’était pas seulement un hôpital :

Le déroulé présenté par Weiss

Objectifs évoqués :

  1. frapper le commandement du Hamas à Shifa et sous Shifa ;
  2. extraire les otages qui s’y trouveraient.

Weiss affirme qu’Assaf aurait également mobilisé d’autres équipes de renseignement, qu’il décrit comme probablement liées aux États-Unis (formulation du podcast).


5) Méthode de collecte : deux téléphones, carnets, enregistrements

Selon Weiss :

Il aurait tenu deux carnets :

Weiss précise qu’il ne s’agit pas d’un simple militant, mais d’un dirigeant politique important, impliqué dans des conflits publics avec Almog Cohen.
Il affirme que ce responsable aurait nié tout contact, malgré l’existence, selon Weiss, d’éléments écrits.


6) Dix jours au cœur du dispositif, puis l’arrestation

Weiss affirme qu’Assaf aurait opéré environ dix jours au sein du dispositif des opérations spéciales.

Il avance qu’une officière chargée de la sécurité de l’information n’aurait pas procédé aux vérifications nécessaires.
Puis, Assaf aurait été jugé « trop actif » et décidé comme « à neutraliser ».

S’ensuivent :


7) Les dommages opérationnels : opérations annulées et impact sur les otages

Selon Weiss, l’arrestation a entraîné un effet opérationnel immédiat :

Les opérations spéciales prévues ont été annulées, par crainte que les informations collectées aient été compromises.

Il précise :

Pour Weiss, le résultat est clair :
les opérations visant Shifa et les otages auraient été stoppées par peur de fuite.


8) Détention à Ayalon : un risque vital selon Weiss

Weiss affirme qu’Assaf est détenu à la prison d’Ayalon, dans une aile réservée à des détenus classés extrêmement dangereux, décrits comme des meurtriers psychopathes.

Il conteste cette affectation :

Il affirme avoir alerté plusieurs autorités, sans réponse substantielle, et accuse l’administration pénitentiaire de fournir une réponse de couverture.

Il conclut :

Dans ces conditions, il peut être tué en une seconde — ou “disparaître” par un suicide opportun.


9) Pourquoi Assaf fait appel pour rester anonyme

Uri Milshtein souligne l’apparente contradiction :
le tribunal autorise la publication du nom, et l’intéressé fait appel pour l’empêcher.

Weiss avance une hypothèse — qu’il précise comme telle — :
Assaf craindrait que la publication de son identité mette sa vie en danger en prison, certains détenus pouvant vouloir tuer un « espion ».


10) Liens politiques : opposition, fréquentations et soupçons évoqués par Weiss

Weiss affirme qu’Assaf entretenait des liens avec plusieurs responsables politiques de l’opposition.
Il évoque :

Il insiste :
il ne s’agit pas, selon lui, d’un simple lien idéologique, mais de relations concrètes, que certains intéressés auraient niées.

Weiss ne donne pas de noms complets dans le podcast, mais parle de figures centrales de l’opposition israélienne.


11) Qui commanditait ? Les hypothèses formulées

Uri Milshtein pose les options :

Weiss répond qu’il s’agit de spéculations, mais affirme que, selon son analyse, les financements et l’impulsion mènent vers des réseaux américains.


12) Enquête au Congrès et financements étrangers : l’analyse de Weiss

Weiss développe sa thèse personnelle :

Il précise que ce cadre explicatif est son interprétation, pas un verdict judiciaire.


13) Continuité des enquêtes : explication pour un public français

Weiss affirme que, même lorsque les dirigeants changent, l’appareil sécuritaire et judiciaire continue d’agir selon ses propres logiques.

Pour un lecteur français, cela signifie :

Il cite des affaires connues en Israël pour illustrer cette continuité.


14) La défaillance systémique majeure : la guerre aurait commencé avant le 7 octobre

Dans la dernière partie, Weiss entame un autre dossier qu’il qualifie de défaillance systémique majeure.

Il affirme que :

Il annonce vouloir révéler le rôle d’une femme clé, jamais citée publiquement, mais l’entretien s’interrompt avant ce point.


Conclusion — Un récit explosif, toujours sous scellés

Le podcast d’Uri Milshtein et Avi Weiss décrit une affaire dans laquelle :

Qui est Uri Milstein ?

Uri Milstein est historien militaire israélien, chercheur indépendant et essayiste.
Il est spécialisé dans l’histoire de Tsahal, les guerres d’Israël, la doctrine militaire et l’analyse critique des échecs stratégiques.
Auteur de dizaines d’ouvrages et d’articles, il est connu pour son approche non institutionnelle, souvent critique à l’égard des récits officiels, et pour donner la parole à des officiers, chercheurs et lanceurs d’alerte en marge des canaux traditionnels.
Il anime des podcasts et entretiens de fond consacrés à la sécurité nationale israélienne.


Qui est Avi Weiss ?

Avi Weiss est ingénieur de formationjournaliste d’investigation indépendant et analyste des systèmes de sécurité et de renseignement en Israël.
Il se concentre sur :

Il intervient principalement dans des entretiens longs et documentés, où il présente ses analyses, documents et hypothèses, en précisant qu’il ne parle ni au nom des institutions ni comme autorité judiciaire, mais comme enquêteur indépendant.–

© David Germon

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