Bilan humain et durcissement de la répression
20ᵉ et 21ᵉ jour du soulèvement : affrontements et combats de rue
Les mercredi 14 et jeudi 15 janvier 2026, de nombreuses villes iraniennes ont été le théâtre de violents affrontements entre les jeunes insurgés, la population révoltée et les forces de répression du régime.
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Le soulèvement populaire se poursuit dans plusieurs régions
- À Khorramabad, craignant la chute de bâtiments gouvernementaux, le régime a déployé des chars dans des points stratégiques de la ville.
- À Téhéran, dans le quartier de Gholhak, un dépôt de munitions appartenant aux miliciens du Corps des Gardiens de la révolution et de la milice Bassidj a été incendié par des insurgés.
- Samedi 17 janvier au soir, des affrontements acharnés ont opposé les insurgés aux unités spéciales dans les rues Vali-Asr et Jomhouri.
- Le même soir, des scènes de guérilla urbaine ont eu lieu sur le boulevard Ferdows entre jeunes insurgés et forces spéciales.
- De nombreuses zones de la capitale ont désormais un visage militaire. La place Jomhouri et ses environs sont bouclés par les forces spéciales « NOPO ». Des patrouilles motorisées, armées de kalachnikovs et de fusils à pompe, sillonnent en permanence des quartiers comme Tehranpars.
Malgré ce dispositif, les jeunes insurgés sont descendus dans la rue les soirées des 14 et 15 janvier, scandant des slogans contre le régime. Des affrontements intenses ont eu lieu vendredi 16 janvier à Tehranpars. - À Rafsanjan, jeudi 15 janvier, les insurgés ont attaqué les forces spéciales, incendiant les bâtiments du Comité de secours, un bureau de poste et une banque publique.
- À Kermanshah, Eslamabad-e Gharb et Ilam, des affrontements se sont poursuivis dans les rues, tandis que des zones montagneuses échappent désormais au contrôle du régime.
- À Ispahan, notamment dans le quartier de Malek Shahr, des jeunes insurgés ont affronté les forces spéciales.
- À Machhad, jeudi soir 15 janvier, de violents combats ont opposé insurgés, unités spéciales et Gardiens de la révolution.
- À Saveh, ce même soir, des insurgés ont mené des affrontements armés contre les forces spéciales dans la rue Motahari.
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Informations du QG social des Moudjahidine à l’intérieur de l’Iran
- À Téhéran, les forces du régime sont en état d’alerte maximale.
- 52 000 agents répressifs sont mobilisés dans la capitale :
- 24 000 du Corps des Gardiens de la révolution et des milices Bassidj
- 21 000 de la police nationale
- 2 000 de l’armée
- 5 000 miliciens étrangers, en majorité du Hachd al-Chaabi irakien
- Des patrouilles armées sillonnent en continu les rues, y compris les axes secondaires et les quartiers résidentiels.
- Ces patrouilles sont équipées de kalachnikovs, de fusils à balles en caoutchouc, de lanceurs de gaz lacrymogène, de gaz poivré, ainsi que de fusils paintball pour marquer les individus, habitations et commerces.
- Des postes de contrôle ont été installés dans les centres urbains, avec fouille aléatoire des coffres de voitures.
- Des mitrailleuses lourdes (type DShK) ont été déployées dans les grandes places et points de passage clés à Téhéran et en province.
- Des snipers sont positionnés sur des toits surplombant les zones sensibles, les bâtiments gouvernementaux et même les habitations.
- L’armée iranienne, non utilisée dans la répression directe, est chargée de protéger les centrales électriques, les infrastructures critiques et les installations de la télévision d’État.
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Ce que disent les responsables du régime
- Nasirzadeh, ministre de la Défense :
« Les récentes émeutes se caractérisent par une violence inédite. La majorité des victimes ont été tuées à l’arme blanche, par asphyxie ou par des coups portés à la tête à bout portant. Plus de 150 magasins de produits de première nécessité ont été détruits sans être pillés. Des bases militaires, préfectures et centres de radio-télévision ont été incendiés pour s’emparer des armes qu’ils contenaient. »
(Source : Telegram – Agence officielle IRIB, 15 janvier 2026)
- L’agence des Gardiens de la révolution (IRGC) affirme que de nombreux émeutiers portaient des armes blanches et à feu et visaient spécifiquement les dépôts de munitions. Plusieurs arrêtés, accusés de moharebeh (guerre contre Dieu), connaissaient précisément l’emplacement de ces dépôts.
- Farhikhtegan, média proche d’Ali Akbar Velayati (ancien ministre et conseiller de Khamenei), rapporte des dégâts estimés à 3 000 milliards de tomans (environ 60 millions €) causés à des banques et infrastructures municipales, dont 2 100 milliards rien que pour les banques. 364 grands magasins ont été endommagés dans 30 provinces.
(Source : Telegram – Farhikhtegan, 15 janvier 2026)
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Réactions internationales
- Newt Gingrich (ancien président du Congrès américain) :
« Quand la dictature iranienne dit qu’elle n’exécutera plus personne, elle ment ouvertement. »
- Lettre de 59 membres du Congrès américain à Marco Rubio :
« Le peuple iranien réclame clairement une république démocratique, non nucléaire, fondée sur la séparation de la religion et de l’État, le pluralisme et la dignité humaine. Il rejette toute forme de dictature, monarchique ou religieuse. »
- Porte-parole de l’ONU : le nombre de manifestants tués est « effroyable » ; l’institution exprime une vive inquiétude face aux massacres et exécutions.
- Amnesty International appelle à ce que les massacres de manifestants soient portés devant le Conseil de sécurité de l’ONU et la Cour pénale internationale.
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Conclusion – Point de situation
Ces événements indiquent que le soulèvement iranien est entré dans une nouvelle phase d’intensification : une escalade sur le terrain, notamment à Téhéran et dans les grandes villes, se conjugue à la chute de la peur dans des bastions longtemps réprimés comme Zahedan.
Dans un discours prononcé samedi 17 janvier, Khamenei a reconnu des milliers de morts, tout en en attribuant la responsabilité à Donald Trump.
À l’international, les pressions montent : Congrès américain, Europe, Nations unies, ONG. Les démarches pour inscrire les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste gagnent en ampleur.
Malgré la propagande du régime visant à faire croire à un arrêt des exécutions, la réalité de terrain montre que la crise est structurelle, que la peine de mort est systémique, et que la société iranienne s’avance vers une rupture historique et une équation de changement.
© Hamid Enayat

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