Macron, Varennes et les pieds de porc

La France tangue. Macron s’envole pour le Qatar. Varennes, version Ve République.

Juin 1791. Louis XVI quitte Paris de nuit, déguisé en valet. Direction la frontière. Il compte sur l’étranger pour reprendre la main. À Varennes, un maître de poste le reconnaît grâce à son profil sur les assignats. Retour à Paris sous escorte. Fin de partie.

Macron voyage en Airbus, pas en berline. Il ne se déguise pas. Il ne fuit pas, il se déplace. La nuance est mince. Dans les deux cas, le pays brûle et le chef va chercher ailleurs ce qu’il ne trouve plus chez lui.

Le soir, l’allocution parle de souveraineté. Le lendemain, l’agenda parle de pétrole, de diesel et de partenariats. La souveraineté se proclame à Paris. Elle se négocie à Doha.

Le gaz français ne vient pas du Qatar. La Norvège et les États-Unis le fournissent d’abord. Le Qatar ne nous vend pas grand-chose. Il achète. Des hôtels, des immeubles, un club de football, de l’influence. Il ne contrôle pas notre énergie. Il acquiert nos actifs. C’est plus discret. Et plus durable.

Louis XVI attendait son salut de l’Autriche. Macron l’attend des émirs. Le premier y a laissé sa couronne. Le second risque d’y laisser ce qu’il en reste : l’indépendance.

Un pays souverain ne proclame pas son indépendance. Il s’arrange pour ne dépendre de personne.

Et puisque Macron part au Qatar, une question s’impose. Trouvera-t-il des pieds de porc à Doha ?

Pour les contrats, on peut compter sur les émirs. Pour les pieds de porc, rien n’est moins sûr.

Paul Germon

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