L’AFP voulait faire taire Meyer Habib : raté 

L’AFP n’aime pas qu’on la critique.
Encore moins qu’on mette en cause sa couverture d’Israël et du Hamas.
Meyer Habib l’a fait.
Brutalement.
« L’antisémitisme, la haine d’Israël et l’apologie du terrorisme » seraient parfois « nichés au cœur de l’AFP ».


L’agence porte plainte.
Diffamation.
Rien de moins.
Habib comparaît.
Défendu par Mes Gilles-William Goldnadel et Olivier Pardo.
Et le tribunal tranche : l’AFP est déboutée. Meyer Habib est relaxé. Les propos ne sont pas retenus comme diffamatoires.
Point.
Le reste, c’est du commentaire.
Car cette affaire ne tombe pas du ciel.
Elle intervient après des mois de polémiques sur la couverture du 7 octobre et de la guerre contre le Hamas.
L’AFP avait une règle.
Ne pas qualifier elle-même le Hamas de « terroriste ».
Règle ancienne, dit-elle.
Applicable à tous les groupes armés.
Très bien.
Mais une règle doit-elle être immuable ?
L’AFP invoque la même logique pour Al-Qaïda, l’IRA, les FARC, Daech et d’autres organisations : ne pas qualifier elle-même leurs membres de « terroristes », mais attribuer ce qualificatif à une source ou à une autorité.
On peut comprendre la prudence journalistique.
On peut aussi la discuter.
Car jusqu’où va-t-elle ?
Si cette règle avait existé dans les mêmes termes pendant la Seconde Guerre mondiale, aurait-elle conduit à éviter le mot « nazi » ?
La question dérange.
C’est précisément pour cela qu’elle mérite d’être posée.
L’AFP a choisi le tribunal.
Le tribunal n’a pas dit que Meyer Habib avait raison.
Il n’a pas dit que l’AFP était antisémite.
Il a simplement refusé de condamner ses propos comme diffamatoires.
Et maintenant, une dernière question.
Quand la justice refuse de faire taire une accusation aussi grave, faut-il vraiment faire comme si elle n’avait jamais été posée ?

Paul Germon 

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