Après la percée de l’AfD, l’antisémitisme comme test de vérité démocratique

Après la percée de l’AfD, l’antisémitisme comme test de vérité démocratique

Jean-Luc SCEMAMA

Le résultat de l’AfD en Saxe-Anhalt – près de 45% des suffrages – constitue davantage qu’un épisode régional allemand ; il est un signal politique européen. Non parce qu’il annoncerait mécaniquement un même scénario dans tous les pays du continent, ni parce qu’il autoriserait les simplifications abusives, mais parce qu’il révèle, avec une netteté particulière, ce qui arrive à une démocratie lorsque la défiance, le sentiment de déclassement, les inquiétudes identitaires et l’épuisement du débat public cessent d’être traités politiquement.

L’AfD ne se confond pas avec chacun de ses électeurs. Beaucoup ont voté pour elle par protestation, par colère sociale, par rejet des élites, par inquiétude face à l’immigration, par exaspération à l’égard du coût de la vie ou par sentiment d’abandon territorial. Réduire près d’un électeur sur deux à une appartenance idéologique uniforme serait aussi faux qu’inefficace.

Mais l’inverse serait plus dangereux encore : banaliser la portée de ce vote.

Dans la Saxe-Anhalt, l’AfD est considérée par les autorités de renseignement intérieur comme une organisation d’extrême droite avérée. Le fait qu’elle puisse réunir près de la moitié des voix dans un Land allemand, plus de huit décennies après la chute du IIIe Reich, oblige à regarder la réalité sans confort intellectuel. Une formation radicale peut devenir, non seulement audible, mais dominante, lorsqu’elle réussit à convertir les frustrations individuelles en récit collectif : « le pays ne vous protège plus ; les élites vous méprisent ; les étrangers, Bruxelles, les écologistes, les médias ou les institutions sont responsables de votre déclassement ».

Ce récit est politiquement puissant parce qu’il est simple. Il propose une explication univoque à des problèmes complexes. Il transforme des inquiétudes légitimes – sécurité, pouvoir d’achat, logement, services publics, immigration, école, avenir des enfants – en désignation d’adversaires supposés. Il donne le sentiment de rendre la parole à ceux qui auraient été oubliés. Et il dispense de l’effort, pourtant indispensable, de comprendre les causes multiples des difficultés contemporaines.

Le vote de rupture devient un vote d’alternance

Le résultat de Saxe-Anhalt ne signifie pas automatiquement que l’AfD gouvernera seule. Les premières estimations lui attribuent une victoire très large, sans nécessairement lui assurer la majorité absolue au parlement régional. La question des coalitions demeure donc décisive. En Allemagne, le refus des grands partis de gouverner avec l’AfD – le fameux « Brandmauer », ou « mur pare-feu » – reste, à ce jour, une ligne de démarcation politique et morale essentielle.

Mais ce cordon sanitaire est soumis à une pression inédite.

Car une force qui approche 45% n’est plus seulement un parti de témoignage. Elle devient un acteur autour duquel tous les autres doivent organiser leur stratégie. Même écartée du gouvernement, elle impose ses thèmes, durcit les langages, modifie les équilibres internes des formations de centre droit et fragilise la capacité des partis traditionnels à proposer des coalitions lisibles.

C’est là que réside la vraie dynamique de la normalisation. Elle ne passe pas nécessairement par une conquête immédiate du pouvoir. Elle s’installe lorsque les idées de la radicalité deviennent les références obligées du débat public ; lorsque les responsables démocratiques reprennent les mots, les obsessions ou les réflexes de leurs adversaires pour ne pas perdre leur électorat ; lorsque l’exception paraît progressivement ordinaire.

Dans une démocratie, la frontière décisive est celle qui sépare la fermeté républicaine de la politique du bouc émissaire et pas seulement celle qui sépare les partis de gouvernement des partis extrêmes. Une démocratie peut vouloir maîtriser ses frontières, lutter contre l’immigration illégale, faire respecter ses lois, combattre le séparatisme, exiger l’intégration et protéger ses citoyens. Elle en a même le devoir. Mais elle cesse d’être elle-même lorsqu’elle fait de l’origine, de la religion ou de l’appartenance supposée la clé d’explication générale des difficultés nationales.

L’antisémitisme, un révélateur sans équivalent

C’est dans ce contexte que la montée de l’antisémitisme doit être regardée avec une gravité particulière.

En Allemagne, le réseau indépendant RIAS a recensé 8 725 incidents antisémites en 2025, soit environ 24 par jour. Le chiffre comprend notamment 178 agressions et 257 menaces. Il représente plus de trois fois le niveau observé en 2022.

En France, 1 320 actes antisémites ont été enregistrés en 2025. Ils constituent 53% de l’ensemble des actes antireligieux recensés. Les actes visant directement des personnes – menaces, insultes, agressions – représentent deux tiers du total. Le niveau est inférieur à celui de 2024, mais il demeure historiquement très élevé.

Ces faits ne sont pas de simples statistiques. Ils décrivent une réalité concrète : des familles qui s’interrogent avant de rendre visible leur identité, des élèves ou des étudiants qui taisent une partie de leur histoire, des lieux de culte, des écoles et des commerces contraints à une protection renforcée, des insultes, des menaces et des violences qui font de la vie juive une question de sécurité.

Il faut le dire clairement : l’antisémitisme n’a pas une origine unique.

Il existe dans les traditions de l’extrême droite et dans les nostalgies nationalistes ou racialistes. Il se nourrit aussi de l’islamisme et de la haine d’Israël lorsqu’elle bascule dans la négation des juifs comme peuple, comme citoyens ou comme individus. Il circule dans les théories complotistes, dans certains discours d’ultragauche, dans les réseaux sociaux, dans les imaginaires de crise et jusque dans des formes ordinaires de préjugé.

Le reconnaître n’est pas relativiser ; c’est se donner les moyens de combattre le phénomène dans toutes ses expressions.

L’erreur serait de vouloir assigner l’antisémitisme à un seul camp, pour épargner les autres. L’autre erreur serait de l’instrumentaliser, en faisant semblant de défendre les juifs pour mieux stigmatiser une population différente. Dans les deux cas, on abandonne les personnes concernées et l’on affaiblit le principe même de la lutte.

L’antisémitisme est, en effet, un indicateur particulièrement révélateur de la santé morale d’une démocratie. En effet, il repose sur une logique de fantasme, de suspicion et de désignation, il fait d’une minorité le support imaginaire de problèmes qui la dépassent et transforme la pluralité des appartenances en menace et la différence en faute.

Lorsqu’une société tolère cela, elle ne fragilise pas seulement ses citoyens juifs. Elle fragilise le droit de chacun à vivre sans avoir à se justifier d’exister.

L’Allemagne et la France : mêmes alertes, histoires différentes

Comparer l’Allemagne et la France demande de la prudence.

L’histoire allemande donne à toute poussée d’extrême droite une résonance singulière. La mémoire du nazisme, de la Shoah et de l’effondrement de la République de Weimar structure encore profondément les institutions et la conscience politique du pays. La notion de responsabilité historique y est plus qu’une référence : elle fonde une part du consensus démocratique d’après-guerre.

La France a une autre histoire, d’autres institutions et une autre géographie électorale. Le système présidentiel, l’élection à deux tours et le scrutin législatif majoritaire produisent des mécanismes différents de ceux d’une Allemagne fédérale habituée aux coalitions. Le Rassemblement national est, en outre, plus anciennement nationalisé que l’AfD : il dispose d’implantations locales, d’élus, d’une base électorale large et d’une stratégie de respectabilisation engagée de longue date.

Il serait donc imprudent d’affirmer que le 45% de Saxe-Anhalt préfigure mécaniquement ce qui adviendra en France, mais il serait irresponsable de ne voir aucune parenté entre les deux situations.

Dans les deux pays, des citoyens ont le sentiment de ne plus être entendus. Dans les deux pays, les fractures entre centres métropolitains et périphéries, entre catégories protégées et exposées, entre gagnants et perdants de la mondialisation, alimentent une colère politique durable. Dans les deux pays, les inquiétudes sur l’autorité publique, la sécurité, la maîtrise des frontières, l’intégration et le déclassement ne peuvent pas être balayées d’un revers de main.

Les ignorer, c’est laisser les forces radicales les capter. Les traiter par le mépris, c’est renforcer la conviction que le système ne répond plus, mais les traiter uniquement par la communication, c’est aggraver la défiance lorsque l’expérience quotidienne contredit les discours officiels.

Répondre à ces inquiétudes signifie remettre la politique à hauteur de réalité et non pas emprunter le langage des extrêmes.

Restaurer la protection sans sacrifier la République

La tâche des démocrates est de rendre à nouveau crédible la promesse démocratique et non pas seulement de dénoncer les dangers.

Elle suppose, d’abord, de rétablir l’autorité publique : une police présente, une justice plus rapide, des sanctions exécutées, des frontières maîtrisées, une lutte effective contre toutes les formes de séparatisme et une protection concrète des personnes menacées. L’État qui ne protège plus alimente la tentation de ceux qui promettent de protéger en excluant.

Elle suppose ensuite une politique d’intégration exigeante : maîtrise de la langue, école de la République, accès à l’emploi, connaissance des règles communes, égalité entre les femmes et les hommes, refus de toute justification religieuse ou idéologique de la violence. L’intégration n’est pas une injonction à l’effacement ; elle est la condition d’une appartenance commune.

Elle suppose également une justice territoriale. L’abandon des petites villes, des quartiers populaires, des territoires ruraux ou périurbains n’est jamais politiquement neutre. Là où ferment les services publics, où l’accès aux soins se dégrade, où les transports deviennent rares, où les jeunes ne voient plus d’avenir, la défiance trouve un terrain favorable.

Elle suppose enfin une grande bataille de transmission. L’école, la culture, les médias et la parole publique ont la responsabilité de dire ce qu’a été l’antisémitisme européen, où il peut conduire, et pourquoi la République ne peut transiger avec aucune forme de haine raciale ou religieuse. Il s’agit de former des citoyens capables de reconnaître les mécanismes de la désignation, du mensonge et de la violence avant qu’ils ne deviennent irréversibles et non pas d’entretenir une culpabilité abstraite.

La sécurité des juifs, une condition de tous

La percée de l’AfD en Saxe-Anhalt et la persistance d’un antisémitisme massif en Allemagne comme en France décrivent une urgence et pas une fatalité.

L’urgence de ne pas laisser la colère devenir un projet de société.

L’urgence de ne pas confondre la demande légitime de protection avec l’appel à l’exclusion.

L’urgence de ne pas répondre à l’antisémitisme par des formules rituelles, des indignations intermittentes ou des calculs politiques.

Il faut protéger les juifs de France et d’Allemagne, non pas au nom d’une solidarité abstraite, mais parce que leur sécurité est une condition de la liberté de tous. Une société dans laquelle un citoyen doit cacher son identité pour être tranquille n’est plus une société libre. Une démocratie qui habitue une minorité à vivre sous protection policière permanente doit s’interroger sur ce qu’elle est devenue.

Le combat contre l’antisémitisme est une exigence de civilisation ; il ne relève, ni d’une communauté, ni d’un camp.

La leçon allemande est simple, même si elle est difficile à entendre : aucune démocratie n’est définitivement immunisée contre la banalisation de l’extrême droite et de la haine. Elle ne tient que si elle sait simultanément protéger, intégrer, transmettre et faire vivre une promesse commune.

C’est cette promesse qu’il nous faut aujourd’hui reconstruire.

Jean-Luc SCEMAMA

Suivez-nous et partagez

Twitter
Visit Us
Follow Me

7 Comments

  1. Merci, JL SCEMAMA pour cette analyse pertinente et précise.
    Ce vote de l’AFD doit être pris comme un avertissement sérieux, même s’il ne reflète pas véritablement toute l’Allemagne, et heureusement ! Nombre d’électeurs n’ont pas connu le nazisme et son cortège d’horreur dont l’antisémitisme. La culture historique est très limitée. Toutefois, ce vote symbolise des territoires qui sont oubliés, négligés, et qui ont une population qui se sent délaissée. Ce phénomène n’est pas unique à l’Allemagne, ni à l’ancienne RDA, il est largement présent dans d’autres pays de l’UE, c’est cela le véritable danger, attention pour notre France. Les prochaines élections peuvent être parfaitement dangereuses, certes ML Le Pen n’est pas l’AFD, mais autour d’elle, certains proches « flirtent » avec des tentations diverses ….A nous, de garder raison, sans passion destructrice, mais avec une vision pour la France concrète, réaliste, et choisissons une voie, la voix de celui qui peut porter nos valeurs juives et celles de la France.

  2. Il est nécessaire de savoir qu’après cette victoire électorale de l’AfD, certes et heureusement limitée à un Land allemand,un certain E.Musk a envoyé ses félicitations aux dirigeants locaux -et pas seulement- de ce parti néonazi.
    Ceci me permet de me souvenir que cette Tribune Juive avait, il y a déjà plusieurs mois, édité un article consacré à Musk et à son « bras tendu bien haut et bien raide » lors d’un meeting politique aux USA. Or, à l’époque, Tribune Juive avait laissé ici prospérer de très nombreux commentaires d’internautes ne trouvant strictement rien a redire, bien au contraire, à un tel geste de la part de ce Musk.
    Eh oui ! Tribune Juive sait se montrer très complaisant avec l’extrême-droite. Logique puisque ce me(r)dia est lui-même calé à fond du côté de l’extrême-droite.

  3. Wir schaffen das,nous y arriverons disait Oum Angela.
    Elle y est arrivée,un petit Land et le plus pauvre,a choisi de résister à l’importation d’antisémitisme à flux tendu depuis 2015.
    Faut il s’en inquiéter ? Ça fait tant de bien à certains que je répondrai oui. D’ailleurs à quelques kilomètres de Leipzig se trouve la 2 ème ville de Saxe Anhalt, Halle où une synagogue fut attaquée par un dangereux néo nazi non-musulman.Le jour di Grand Pardon en plus !
    Ceci posé le parti allié à Sarah Knafo et autres patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident ( en Allemagne ça se dit PEGIDA) a plus à voir avec Dupont Aignan, Philippot et autres eurosceptiques qu’avec le NPD par exemple.
    Le critère du soutien à Israël plutôt qu’aux djihadistes genocideurs en est une preuve qui rassure un chouia…

  4. L’antisémitisme d’extrême droite (la vraie) représente un danger tout à fait minoritaire que l’on monte en épingle lorsqu’on veut ne pas voir le vrai danger que représente l’islamisme. Je ne saurais que penser, mais je sais qu’on ne peut continuer comme ça, avec les mêmes personnes au pouvoir. Je ne crois pas au retour du nazisme qui a fini de manière lamentable.

  5. DEUX PAYS INCARNENE LE MIEUX L ESPRIT CIVIQUE OU PATRIOTOSME CITOYEN: ISRAEL ET LA SUISSE.
    LARMEE RASSEMBLE DES CITOYENS/ ELLE EST L INSTRUMENT DE LA POLITIQUE DE LA NATION/ NON
    UN CORPS QUI DEVRAIT SE SUBSTITUER AU PAYS AFIN D EXIGER UNE SOUMISSION ET UN CULTE EXCLUSIF. LE DRAPEAU REPRESENTE LA NATION/ NON L ARMEE.
    CEPENDANT CE DANGER DE MILITARISME EXISTE DEJA/ CE N EST PLUS UN DANGER. LE MILITARISME ALLEMAND RENAIT/ IL RENAIT PAR DES PARTIS QUI SONT SUPPOSES INCARNER LE RETOUR DE KµL ALLEMAGNE AUX VALEURS DEMOCRATIQY+UES. LE MILITARISME EST LA NOUVELLE POLITIQUE DE LA RFA§ PAR LA CDU/ LA CSU/ LE SPD ET LE FDP.
    L ECHEC DU PODELE ECONOMIQUE ALLEMAND EN EST LA CAUSE. LE CONVERSATISME FISCAL EST ABANDONNE AR UN MAUVAIS TOUR: LA DECISION D ABANDONNER LES TEGLES BUDGETAIRES AU PROFIT DES SEULES DEPENSES MILITAIRES/ EN OBTONNANT LE VOTRE DE L ANCIEN BUNDESTAG/
    APRES LES ELECTIONS ET AVANT LA REUNION DU LA NOUVELLE ASSEMBLEE.
    CE COUPT DE FORCE EXPLIQUE EGALEMENT LE RALLIEMENT DE CONVERSATEURS A L AFD
    A CETTE LIBERTE POLITIQUE S OPPOSE LE MILITARISME QUI EMBRIGADE ET ENFERME LE SENTIMENT PATRIOTIQUE. L AFD PREVOIT UNE SALUT AU DRAPEAU DANS LES ECOLES ET NOUS INQUIETE. LE SENTIMENT PATRIOTIQUE DOIT VENIR DE L HISTOIRE ET DE LA FAMILLE/ NON D UNE OBLIGATION SCOLAIRE.
    CETTE MENACE S AJOUTE AU DANGER REEL DU NOUVEAU MILITARISME ALLEMAND QUI PENSE SURMONTER UNE CRISE ECONOMIQUE D UN MODELE ECONOMIQUE DEPASSE PAR LA FUITE DANS DES DEPENSES MILITAIRES/ A LA FAVEUR D UN COUP DE FORCE POLITIQUE QUI PERMIT A L ANCIEN BUNDESTAG/ APRES L ELECTION ET AVANT L OUVERTURE DE LA NOUVELLE ASSEMBLEE/ DE SUPPRIMER LA REGLE BUDGETAIRE POUR LES SEULES DEPENSES MILITAIRES.
    LES CONVERSATEURS ONT PU AINSI DCIDER DE VOTER POUR L AFD.
    LE MILITARISME A AINSI REMPLACE LES VALEURS DEMOCRATIQUES L ARMEE ET L UNION EUROPEENNE DEVENAIENT LES SEULS INDSTRUMENTS DE LA LUTTE POUR UNE GUERRE JUSTE ET INEVITABLE. TOUTE DISSIDENCE DE CE DIKTAT IDEOLOGIQUE DEVIENT UNE TRAHISON AU PROFIT DE OGRE RUSSE. LA SAINTE RUSSIE FONDEE SUR LA PATRIE LA FAMILLE ET LA REKILION A REMPLACE L UNIVERSALISME COMMUNISTE MAIS LES PARTIS REPUTES DELOCRATIQUES NE VOIENT PAS LA DIFFERENCE

    • DESOLE POUR TOUTES CES FAUTES DE FRAPPE.
      LES CIRCONSTANCES POLITIQUES NE FAVORISENT PAS UN LUTTE JOYEUSE CONTRE L AGE.
      IL RESTE QUE L AFD CONTINUERA DE PROGRESSER EN ALLEMAGNE GRACE A L ECHEC DU MODELE ECONOMIQUE ALLEMAND.IL SERAIT FAUX DEFONDER DES ESPOIRS SUR UN CARACTERE PAYSAN ET RETROGRADE DES ELECTEURS. MAGDEBURG EST UNE VIEILLE VILLE/ DE CULTURE ANCIENNE/ LIEU DE NAISSANCE DU GENIE MUSICAL TELEMANN

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*