
Plus de cinq millions d’entrées pour les deux films consacrés au général de Gaulle.
Ils ont bien sûr leurs qualités et leur succès ne doit rien au hasard. Mais pendant que je les regardais, une idée ne m’a pas quitté : et si leurs meilleurs publicitaires s’appelaient François Hollande et Emmanuel Macron ? Et si le spectacle de la campagne présidentielle qui commence leur donnait encore un sérieux coup de main ?
Car on regarde de Gaulle, puis on pense à la France d’aujourd’hui. Et la comparaison est cruelle.
De Gaulle avait une certaine idée de la France. La formule a été tellement répétée qu’on finit par oublier ce qu’elle voulait dire.
Il voulait une France indépendante, capable de décider, de produire, de se défendre et de parler aux grandes puissances d’égal à égal. Une France qui ne demandait à personne l’autorisation d’être la France.
Il savait surtout que la puissance ne se décrète pas. Elle se construit.
Il fallait moderniser et industrialiser le pays. La planification, les grands investissements, l’industrie aéronautique et spatiale, la recherche, les infrastructures, l’atome répondaient à la même obsession : donner à la France les moyens matériels de son indépendance.
L’Algérie s’inscrit aussi dans cette vision.
On peut discuter sa politique algérienne, ses revirements, le sort tragique des pieds-noirs et celui, plus tragique encore, des harkis. Mais de Gaulle avait compris que la France ne pouvait pas continuer indéfiniment à engloutir ses hommes, son argent et son énergie dans une guerre qui l’empêchait de regarder le monde nouveau.
Il fallait tourner la page et faire entrer pleinement la France dans la seconde moitié du XXe siècle.
La France se dota de sa propre arme nucléaire. Elle développa une politique étrangère indépendante. En 1966, elle quitta le commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord tout en restant membre de l’Alliance.
De Gaulle n’était pas l’ennemi des États-Unis. Il refusait simplement d’en être le vassal.
Même logique pour l’énergie. L’effort nucléaire français avait commencé avant lui et le gigantesque programme de construction des centrales sera lancé après lui, notamment avec le plan Messmer de 1974. Mais la doctrine était là : la maîtrise de l’atome était une affaire de technologie, de puissance et d’indépendance.

Ces films ont aussi un autre mérite.
Ils remettent à l’honneur deux noms que ma génération connaissait et que beaucoup de jeunes Français ne connaissent plus, ou à peine.
Leclerc et Koenig.
Leclerc, c’est Koufra, la Deuxième Division blindée, Paris libéré, Strasbourg.
Koenig, c’est Bir Hakeim et cette résistance qui permit à la France libre de montrer au monde qu’elle existait encore.
Ces hommes ne faisaient pas carrière dans la politique. Ils commandaient, prenaient des risques, engageaient leur vie et celle de leurs hommes. Ils avaient une idée assez simple de l’honneur : lorsque la France avait besoin d’eux, ils y allaient.
Je refuse de croire que la France ne produit plus des hommes de cette trempe.
Ils existent certainement encore dans l’armée, les entreprises, les hôpitaux, la recherche, les services publics, partout où des hommes et des femmes prennent de vraies responsabilités et savent qu’une décision a parfois un prix.
Mais nous ne les voyons plus.
Ce que nous voyons, c’est la petite politique. Les combinaisons, les sondages, les carrières, les précautions infinies, les commissions qui nomment des sous-commissions et surtout cette peur panique d’être celui qui aura décidé.
Et comme symbole de notre époque, nous avons même inscrit le principe de précaution dans la Constitution.
Imagine-t-on Leclerc ou Koenig devant Bir Hakeim se demander d’abord si toutes les conséquences possibles de leur décision ont été expertisées ?
Ils auraient hurlé.
Bien sûr qu’un État doit mesurer les risques. Mais à force de faire de la précaution une vertu suprême, on finit par ne plus rien oser.
Leclerc et Koenig appartenaient à une génération qui savait qu’on ne gagne rien sans risque.
Notre élite politique semble parfois avoir oublié jusqu’au sens des mots honneur, courage et panache.
Des petits hommes gris.
Nous avons hérité de cet extraordinaire patrimoine industriel.
Qu’en avons-nous fait ?
François Hollande a promis de réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique française et de fermer Fessenheim.
Emmanuel Macron a fermé Fessenheim.
Quelques années plus tard, le même Emmanuel Macron découvrait que la France avait besoin du nucléaire et annonçait la construction de nouveaux réacteurs.
Nous avions un avantage stratégique exceptionnel. Nous avons commencé par l’affaiblir avant de comprendre qu’il fallait le reconstruire.
Il fallait le faire. Nous l’avons défait. Il faut maintenant le refaire.
Et l’industrie ?
La France construisait des centrales, des avions, des fusées, des trains, des barrages. Elle aménageait son territoire. Elle a laissé disparaître une partie considérable de son appareil industriel.
De Gaulle voulait faire entrer la France dans le monde moderne. Nous sommes devenus un pays qui réglemente, taxe, contrôle et discute pendant que d’autres produisent.
Puis vint François Hollande.
Les impôts augmentèrent massivement au début de son quinquennat. Il détricota plusieurs mesures prises sous Nicolas Sarkozy, notamment la défiscalisation des heures supplémentaires qui profitait directement aux salariés. Il sacrifia une partie de la politique nucléaire française à son accord électoral avec les écologistes.
Il y eut aussi l’Europe.
François Hollande avait promis pendant la campagne de 2012 de renégocier le traité budgétaire européen.
Il ne le renégocia pas.
Il le ratifia.
On ajouta un pacte de croissance et on expliqua aux Français que la promesse était tenue. Elle ne l’était pas. L’essentiel demeurait : la discipline budgétaire européenne et la surveillance des budgets nationaux.
Derrière ce dispositif se trouvait largement la conception allemande de l’Europe : contrôle des déficits, discipline budgétaire, surveillance renforcée.
Hollande avait été élu en promettant de rééquilibrer cette Europe.
Il s’aligna.

La France de de Gaulle prétendait parler à l’Allemagne d’égal à égal. Celle de Hollande acceptait de fait une Europe de plus en plus organisée autour des exigences allemandes.
Le mot déplaît ? Tant pis.
J’appelle cela une vassalisation.
Berlin ne gouvernait évidemment pas directement la France. Mais Paris avait accepté un système dans lequel les choix économiques européens correspondaient largement aux préférences allemandes. Et une France incapable de tenir ses propres comptes perdait chaque année un peu plus de sa capacité à dire non.
Même le budget français, l’acte politique par excellence par lequel une nation décide ce qu’elle prélève et ce qu’elle dépense, entrait davantage sous surveillance européenne.
Hollande avait promis de renégocier.
Il ratifia.
Le 1er décembre 2016, François Hollande annonce qu’il renonce à se représenter. Un président en exercice, élu cinq ans plus tôt, reconnaît qu’il n’est plus en situation de demander aux Français un second mandat.
Et dix ans plus tard, le même François Hollande envisage tranquillement de revenir en 2027.
On me dira que de Gaulle quitta lui aussi le pouvoir en 1946 et revint en 1958.
Justement.
Il revint douze ans plus tard parce que la Quatrième République s’effondrait, parce que la crise algérienne menaçait le régime et parce qu’on l’appela pour refonder l’État.
Il revint et fit la Cinquième République.
Et lorsqu’en 1969 il demanda aux Français de trancher par référendum et qu’ils lui répondirent non, il partit immédiatement.
Il ne passa pas les années suivantes à guetter les sondages en espérant que les Français auraient oublié.
Macron, lui, n’est pas tombé du ciel en 2017.
Il venait de chez Hollande.
Il avait été secrétaire général adjoint de l’Élysée, puis Hollande l’avait nommé ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique en août 2014.
Pendant deux ans, il fut donc l’un des hommes de ce quinquennat. Et pas un figurant. En mai 2016 encore, Emmanuel Macron défendait devant l’Assemblée nationale la réduction de la part du nucléaire décidée par François Hollande.
En août 2016, il quitte le gouvernement.
Trois mois plus tard, il se lance dans la présidentielle.
Le 1er décembre, Hollande renonce.
Le 7 mai 2017, Macron est élu président de la République.
Le fameux « nouveau monde » venait donc directement de l’ancien.
Macron avait travaillé à l’Élysée. Il avait été ministre de Hollande. Il avait participé à sa politique. Puis il prit sa place.
Les deux hommes sont évidemment différents. Mais dans cette lente dilution de la souveraineté française, la continuité est beaucoup plus grande que le récit de la rupture macronienne ne voulait le faire croire.
Avec Macron s’ajouta quelque chose de plus personnel : son rapport à l’histoire de France.
Avant même d’être élu, il avait expliqué qu’« il n’y a pas une culture française ».
Puis il alla en Algérie.
Là-bas, devant une télévision algérienne, le futur président de la République française qualifia la colonisation de « crime contre l’humanité » et parla d’excuses.
Quelle pitié.
De Gaulle voulait sortir de l’Algérie pour libérer la France de son passé colonial et la projeter dans l’avenir. Cinquante-cinq ans après l’indépendance, Macron retournait en Algérie pour accabler son propre pays de son passé.
Depuis, les gestes mémoriels, les reconnaissances, les déclarations, les commissions et les mains tendues se sont succédé.
Pour quel résultat ?
Nos relations avec l’Algérie sont-elles devenues exemplaires ? Apaisées ? Avons-nous obtenu une quelconque réciprocité ?
Même pas.
Voilà ce que j’appelle l’agenouillement.
Il ne s’agit pas de refuser de regarder notre histoire. Un grand pays doit être capable de le faire.
Mais croire qu’en battant continuellement sa coulpe devant un pouvoir algérien qui utilise lui-même la mémoire coloniale comme instrument politique, la France finira par être aimée relève d’une étrange conception de la diplomatie.
De Gaulle voulait sortir de l’Algérie.
Macron semble incapable de sortir du tête-à-tête mémoriel avec elle.
De Gaulle et Adenauer avaient accompli quelque chose d’immense : réconcilier deux peuples qui s’étaient massacrés trois fois en moins d’un siècle.
Mais la réconciliation n’était pas la soumission.
Ils se serraient la main debout.
Voilà toute la différence.
Au fil des traités, nous avons aussi transféré une partie considérable de notre pouvoir de décision à l’Union européenne. Nous avons accepté qu’un nombre croissant de décisions échappent au pouvoir national et que nos budgets soient surveillés.
Puis, lorsque le gouvernement français se trouve empêché d’agir, il explique aux Français : « C’est l’Europe. »
Comme si l’Europe était tombée du ciel et comme si nous n’avions pas nous-mêmes signé les traités qui nous lient.
À l’intérieur même du pays, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État ont construit au fil des décennies des jurisprudences et acquis un poids que les constituants de 1958 n’avaient certainement pas imaginé sous cette forme.
Le politique décide. Le juge corrige, limite ou interdit.
À la fin, le citoyen se demande qui gouverne.
Il faut y ajouter un pouvoir plus discret : celui de la haute fonction publique.
De Gaulle respectait les grands serviteurs de l’État. Il avait lui-même créé l’École nationale d’administration en 1945. Il voulait une administration compétente, sélectionnée, formée, capable de préparer les grandes décisions et surtout de les appliquer.
Mais chacun à sa place.
Le haut fonctionnaire conseille. Le ministre décide. Le gouvernement gouverne. Le peuple sanctionne le gouvernement.
De Gaulle voulait des fonctionnaires puissants parce qu’il voulait un État puissant. Il voulait des grands commis, pas des gouvernants sans mandat.
Il avait créé une administration forte pour servir l’État, pas pour remplacer le politique.
Aurait-il toléré le pouvoir pris progressivement par une haute fonction publique qui survit à tous les ministres, à toutes les majorités et finit parfois par décider elle-même de ce qui est possible ou impossible ?
Je ne le crois pas une seconde.
Les ministres passent. Les directeurs restent.
Les grands corps, les directions centrales, les agences, les autorités administratives indépendantes, les commissions et les experts ont pris une place considérable dans la fabrication de la décision publique.
Sous Emmanuel Macron, cette permanence est devenue particulièrement visible. Quelques hauts fonctionnaires occupent les postes essentiels pendant que les ministres défilent.
Mais depuis quand l’administration gouverne-t-elle la France ?
Un haut fonctionnaire n’a pas reçu les suffrages des Français. Il n’a présenté aucun programme. Il n’aura pas à revenir devant eux cinq ans plus tard pour répondre de ses décisions.
Il sert l’État.
C’est une fonction essentielle et honorable.
Mais il le sert.
Chacun à sa place.
Aujourd’hui le Conseil constitutionnel contrôle, le Conseil d’État contrôle, la Commission européenne surveille, les juridictions européennes imposent leurs normes, les marchés sanctionnent, la dette contraint et la haute fonction publique explique ce qui est possible et ce qui ne l’est pas.
Et le gouvernement communique.
À force d’encadrer le pouvoir politique, on finit par se demander s’il lui reste encore le pouvoir de gouverner.
De Gaulle aurait probablement rappelé quelques évidences : les juges jugent, les fonctionnaires servent l’État, le Parlement vote la loi et contrôle le gouvernement, le gouvernement gouverne, le président préside.
Et, au-dessus de tous, le peuple décide.
Ajoutons la dette.
Plus de 3 000 milliards d’euros.
Un pays qui doit emprunter continuellement pour financer son fonctionnement dépend nécessairement de ceux qui lui prêtent.
La dette est elle aussi une perte de souveraineté.
Nous avons envoyé la facture aux générations suivantes.
Et puis il y a Donald Trump.
Les images parlent d’elles-mêmes. Les tapes, les familiarités, les recadrages et les humiliations devant les caméras du monde entier.
Donald Trump aurait-il ridiculisé de Gaulle devant le monde entier comme il a ridiculisé Emmanuel Macron ?
On sourit presque en imaginant la scène.
De Gaulle avait précisément bâti toute une politique pour qu’aucun président américain ne puisse traiter la France comme un petit partenaire que l’on félicite, que l’on sermonne ou que l’on remet à sa place.
L’arme nucléaire, la diplomatie indépendante, le départ du commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord avaient un sens.
De Gaulle ne demandait pas aux grandes puissances de respecter la France. Il faisait en sorte qu’elles soient obligées de la respecter.
Et nous voici en 2026, avec la campagne présidentielle qui commence.
Quel spectacle !
Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Jordan Bardella, Raphaël Glucksmann, François Hollande qui cherche son passage pour revenir, ceux qui se déclarent, ceux qui attendent, ceux qui veulent une primaire, ceux qui n’en veulent pas, les alliances qui se préparent et les calculs de second tour avant même que le premier ait commencé.
Il y a aussi Marine Le Pen.
Son cas est différent.
On peut être son adversaire et combattre son programme. Un responsable politique doit évidemment répondre de ses actes devant la justice comme n’importe quel citoyen.
Mais nous avons vu quelque chose d’étrange dans une démocratie.
Pendant des mois, la possibilité pour une femme arrivée deux fois au second tour de l’élection présidentielle et représentant des millions de Français de se présenter à nouveau a dépendu d’une décision judiciaire.
La justice juge. C’est son rôle.
Mais lorsqu’une décision judiciaire peut retirer du choix des électeurs l’un des principaux candidats à la présidence de la République, il y a aussi une question démocratique.
Voilà le juge jusque dans le choix des candidats.
Et puis il y a Jean-Luc Mélenchon.
Là, à mes yeux, nous ne sommes même plus dans l’abandon de l’héritage gaullien. Nous sommes dans la volonté de tuer la France historique pour lui en substituer une autre.
Mélenchon parle lui-même de la « nouvelle France ». Son mouvement parle d’une « nation créole ». Il veut une Sixième République.
On peut approuver ce projet. Mais qu’on ne vienne pas nous expliquer qu’il s’agit seulement de modifier les retraites ou le salaire minimum.
C’est une conception de la France.
Pour de Gaulle, la France venait de loin. Elle avait une histoire, une continuité, une personnalité. La République ne commençait pas chaque matin avec ceux qui la gouvernaient. La France existait avant eux et leur survivrait.
Mélenchon veut une « nouvelle France ».
Moi, c’est précisément cette France historique que j’ai retrouvée pendant quelques heures au cinéma.
Pas une France congelée en 1958. Pas un musée. Une nation suffisamment sûre de son histoire pour évoluer sans avoir besoin de renier ce qu’elle était.
La question est là : que voulons-nous encore appeler la France ?
Pendant ce temps, les petits hommes gris s’agitent. On communique, on calcule, on négocie, on se place. On attend le prochain sondage, la prochaine primaire, le prochain désistement, la prochaine alliance ou la prochaine décision judiciaire.
Mais qui nous parle encore de la France dans vingt ans ? De son industrie, de son indépendance énergétique, de son armée, de sa diplomatie, de sa dette, de sa souveraineté, de sa place dans le monde ?
Et puis il manque quelque chose de plus difficile à mesurer.
Le panache.
Où est passé le panache qui faisait l’honneur de ce pays ?
Cette manière parfois excessive, parfois agaçante, mais tellement française de considérer que notre pays n’était pas n’importe quel pays, qu’il avait une voix à faire entendre et qu’il pouvait encore surprendre le monde.
De Gaulle n’avait pas honte de parler de grandeur.
Aujourd’hui, le mot lui-même paraît presque inconvenant.
Nous avons remplacé le panache par les éléments de langage, l’audace par les sondages, la vision par la communication et la souveraineté par la gestion des contraintes.
La France de de Gaulle n’était pas toujours raisonnable. Elle n’avait pas toujours raison.
Mais elle était debout.
Elle construisait, elle osait, elle disait non et elle voulait compter.
C’est peut-être cela aussi que plus de cinq millions de spectateurs sont venus chercher dans ces deux films.
Pas seulement de Gaulle ou l’Histoire.
Quelque chose que nous avons perdu.
Le sentiment d’un pays qui avait suffisamment confiance en lui pour ne pas demander aux autres ce qu’il avait le droit de penser de lui-même.
Je ne crois donc pas que le succès de ces films soit seulement un succès de cinéma.
Plus de cinq millions d’entrées ne signifient évidemment pas que cinq millions de Français sont devenus gaullistes.
Mais ils voient un homme convaincu que la France doit décider.
Puis ils sortent du cinéma et retrouvent une classe politique qui leur explique pourquoi elle ne peut plus décider.
Bruxelles, les traités, la dette, les marchés, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, la haute fonction publique, l’Allemagne, les États-Unis.
Toujours une contrainte. Toujours une raison de ne pas pouvoir.
De Gaulle n’était pas infaillible. Il a commis des erreurs. Il fut contesté, détesté et finalement désavoué.
Mais il avait une idée qui paraît presque révolutionnaire aujourd’hui : la politique consiste à décider.
François Hollande et Emmanuel Macron n’ont pas produit ces deux films.
Ils ne les ont pas réalisés.
Ils n’en ont pas payé la publicité.
Ils ont fait beaucoup mieux.
Ils leur ont fourni le contraste.
Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, les petits hommes gris et le spectacle de la campagne présidentielle qui commence risquent de faire le reste.
Je suis entré au cinéma pour voir deux films sur de Gaulle.
J’en suis sorti en me demandant ce que nous avions fait de la France.
Où est passée cette grandeur qui nous rendait si fiers ?
Où est passé le panache qui faisait l’honneur de ce pays ?
Où est passé l’héritage gaullien ?
Paul Germon

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