Israël reconnaît enfin le génocide arménien: une décision historique au nom de la vérité et de la mémoire. Par Sarah Cattan

Enfin.

Il aura fallu des décennies.

Pendant longtemps, des considérations diplomatiques avaient conduit Israël à différer cette reconnaissance. Ce choix fut souvent incompris, parfois douloureux, tant la mémoire juive sait ce que signifie le déni d’un crime de masse.

Aujourd’hui, l’État d’Israël franchit un pas historique en reconnaissant officiellement le génocide arménien.

Cette décision n’efface ni l’Histoire ni les calculs qui l’ont retardée. Mais elle rappelle une vérité essentielle : la mémoire ne devrait jamais dépendre des rapports de force entre les États.

Reconnaître un génocide n’en diminue aucun autre. Au contraire. Chaque reconnaissance renforce l’exigence universelle de vérité face au négationnisme.

C’est une victoire de la mémoire. Et, peut-être, de la conscience. La mémoire n’est pas un bien divisible. On ne protège pas la vérité en la hiérarchisant. On la protège en la reconnaissant partout où elle s’impose.

Mazal Tov

Mazal Tov! Il est des victoires qui ne se mesurent pas seulement en kilomètres carrés gagnés ni en arsenaux détruits. Elles se lisent aussi dans la liberté retrouvée d’accomplir des gestes que l’on différait depuis des décennies. Reconnaître le génocide arménien n’est pas une conséquence militaire de l’accord avec le Liban. Mais il n’est sans doute pas indifférent que ces deux événements surviennent au moment où Israël cesse d’être seulement sur la défensive et retrouve une capacité d’initiative diplomatique, stratégique — et peut-être morale.

Peut-être cette décision permettra-t-elle aussi à certains de regarder Israël autrement : non comme un État condamné à sacrifier ses principes à sa sécurité, mais comme une nation capable, même au cœur de la guerre, d’honorer une vérité historique longtemps différée.

© Sarah Cattan

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2 Comments

  1. Mieux vaut tard que jamais, vous avez raison. Ceci dit, la reconnaissance du génocide contre le peuple arménien par différents pays n’a jusqu’à maintenant eu aucune conséquence pour la Turquie dont le chef actuel, qui se rêve sultan d’un nouvel empire ottoman, accuse à tour de bras Israël de génocide.

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