Nous n’avons pas d’alliés éternels, et nous n’avons pas d’ennemis perpétuels. Nos intérêts sont éternels et perpétuels, et c’est notre devoir de les suivre
Lord Palmerston
Il est des moments où l’histoire ne se répète pas, mais se déplace. Ce qui s’est joué depuis février 2026 autour de l’Iran, du pétrole, d’Israël, des pays du Golfe et de la Chine n’est pas seulement une crise régionale. C’est l’un des premiers actes visibles et désormais documentés d’un redéploiement géopolitique mondial, où les États-Unis ne cherchent plus seulement à défendre un ordre international, mais commencent à révéler qu’ils ne parviennent plus à l’imposer seuls.
Ce qui n’était, il y a encore quelques mois, qu’une thèse analytique est devenu une démonstration factuelle. Le monde orbital que certains pressentaient est en train de naître sous nos yeux, dans le sang, dans les calculs, dans les coulisses des négociations pakistanaises et dans les salles de situation de Washington, Pékin, Tel Aviv et Riyad.
MAGA ou « Show America’s Weakness Again » — La démonstration est faite
La vision de Donald Trump était claire. Make America Great Again ne signifiait pas seulement restaurer la prospérité américaine. Cela signifiait rendre aux États-Unis la capacité de décider qui gouverne, qui exporte, qui vend, qui négocie, qui dépend et qui survit politiquement. C’est moins un slogan économique qu’un projet impérial.
Mais l’ironie de l’histoire est désormais cruelle et documentée : Trump a lancé la guerre contre l’Iran le 28 février 2026 en déclarant aux Iraniens, dans une adresse télévisée : « L’heure de votre liberté est venue. Quand nous aurons terminé, prenez votre gouvernement. Il sera à vous. » Il a exigé la
« reddition inconditionnelle ». Il a fixé des ultimatums — le 21 mars, puis le 23 mars, puis le 7 avril. Il a proclamé par trente fois que l’accord était « imminent ».
Et le 14 juin 2026, après trois mois et demi de guerre, plus de 3 300 morts iraniens, la fermeture du détroit d’Ormuz, une perturbation profonde des marchés énergétiques mondiaux — il a signé un mémorandum de 14 points qui ne démantèle pas le programme nucléaire iranien, ne mentionne pas les missiles balistiques, ne traite pas du soutien aux proxies, et ne prévoit aucun changement de régime.
Ce que l’Iran avait proposé à Genève deux jours avant les premières frappes — la dilution de son stock d’uranium enrichi — est ce que Trump a obtenu après des mois de conflit. Moins que ce qui était sur la table avant la guerre.
MAGA devait signifier Make America Great Again. Dans le Golfe, il est en train de devenir Show America’s Weakness Again : non pas parce que les États-Unis seraient devenus faibles au sens militaire du terme, mais parce qu’ils montrent au monde que leur garantie n’est plus absolue.
L’Amérique peut encore frapper. Elle peut encore sanctionner. Elle peut encore déplacer des flottes et imposer des blocus navals. Mais la vraie question n’est plus là.
La vraie question est : peut-elle encore garantir ?
Et c’est précisément cette garantie qui s’est fissurée sous nos yeux, en temps réel, entre février et juin 2026.
Le transactionnel révèle ses limites — et sa logique profonde
Trump n’est pas isolationniste. Il est transactionnel. Il voulait transformer les alliances en contrats, les protections en rapports de force, les crises en opportunités de négociation. Dans cette vision, les peuples comptent moins que les gouvernances, les gouvernances moins que les flux, et les flux moins que la capacité de les contrôler.
C’est pourquoi il ne s’est pas empressé de soutenir réellement Reza Pahlavi ou l’opposition iranienne
— bien qu’il l’ait évoqué en rhétorique. Une opposition nationale véritablement légitime pourrait devenir trop autonome. Un régime iranien affaibli, humilié, encadré, mais maintenu sous pression, peut-être plus utile à Washington qu’un nouveau pouvoir libre de ses choix.
C’est là toute la brutalité du réalisme trumpien : mieux vaut parfois un adversaire diminué et dépendant qu’un allié souverain.
Mais ce calcul a rencontré une réalité inattendue. Au G7 en France, Trump a lui-même admis que prolonger la guerre aurait causé « une catastrophe économique », se comparant explicitement à Herbert Hoover — la référence à la Grande Dépression. Ce n’est pas la victoire stratégique qui a dicté la sortie. C’est la peur de l’effondrement économique. Le transactionnel a rencontré le mur du réel énergétique.
La pression sur Israël — l’allié contraint
La démonstration la plus brutale de la rupture de garantie ne s’est pas jouée avec l’Iran. Elle s’est jouée avec Israël.
Netanyahu avait co-lancé la guerre avec l’assentiment de Trump, nourri d’espoirs de renversement du régime et de destruction du programme nucléaire iranien. Ces objectifs n’ont pas été atteints. Pire : au moment où les négociations avec Téhéran progressaient, Trump a publiquement pris Netanyahu à partie pour ses frappes continues sur Beyrouth, avertissant qu’elles risquaient de faire échouer l’accord. Il a déclaré de Netanyahu : « He’s a very difficult guy. To be honest with you, he should be very thankful to us for doing this. »
En coulisses, selon des sources citées par la presse américaine fin mai, Netanyahu et son entourage étaient profondément mécontents de Trump, qu’ils accusaient d’avoir sabordé leurs plans de renversement du régime et d’avoir conclu un accord « désastreux ». Israël n’est pas partie prenante au mémorandum. Israël a été écarté des négociations mettant fin à une guerre qu’il avait lui-même contribué à déclencher.
La réaction interne a été immédiate et sévère. Ehud Barak a déclaré publiquement : « L’Iran est sorti renforcé, Israël est sorti affaibli. C’est la responsabilité stratégique de Netanyahu. Il a échoué ». Yair Lapid a qualifié l’accord de « l’un des plus grands échecs de la politique étrangère et sécuritaire d’Israël ».
La différence fondamentale entre le calendrier américain et le calendrier israélien est désormais inscrite dans les faits : Trump cherchait une sortie. Israël cherchait une garantie. Il n’a pas obtenu la garantie. Il a obtenu une suspension.
Ce n’est pas une nuance. C’est le cœur du problème.
Le pétrole comme grammaire de puissance — et le détroit comme nouveau précédent
Avec le Venezuela hier et l’Iran aujourd’hui, Trump a tenté de redevenir le plus grand opérateur politique du marché pétrolier mondial. Non pas en possédant le pétrole, mais en contrôlant les sanctions, les exemptions, les routes, les détroits, les assurances et les régimes.
Mais quelque chose d’inédit s’est produit : l’Iran, à son tour, a transformé le détroit d’Ormuz en instrument de rente. Son négociateur en chef a déclaré que « le détroit d’Hormuz ne reviendra pas aux conditions d’avant-guerre » et que l’Iran percevra désormais une redevance sur le passage maritime. C’est un précédent géopolitique de première magnitude : pour la première fois depuis des décennies, un acteur régional a transformé un point d’étranglement stratégique mondial en instrument de négociation durable, et en a fait reconnaître le principe dans une négociation avec la première puissance mondiale.
La grammaire de puissance que Trump pensait maîtriser vient d’être réécrite partiellement par l’adversaire qu’il espérait soumettre.
La Chine — non pas spectatrice, mais omniprésence invisible
La description courante du rôle chinois dans cette crise est radicalement insuffisante. La Chine n’a pas simplement « regardé » et « attendu ». Elle a joué sur tous les registres simultanément, dans une posture qui illustre parfaitement ce que la puissance au XXIe siècle signifie réellement.
Elle a soutenu militairement l’Iran de manière indirecte. Des entreprises liées à l’APL ont fourni des renseignements géospatiaux sur les positions américaines dans la région. Des navires iraniens ont transporté des précurseurs de propergol solide pour missiles en provenance de Chine. Des rapports du renseignement américain ont signalé la préparation d’envois de systèmes MANPAD à l’Iran via des pays tiers. Ces contributions ont permis à l’Iran de soutenir sa défense sans que Moscou ou Pékin n’aient eu à s’engager directement — selon l’expression d’un analyste : « le Pakistan a fourni le canal, la Chine a fourni le poids politique et le soutien stratégique. »
Elle a pesé sur l’Iran pour accepter le cessez-le-feu. C’est là le paradoxe absolu : la même Chine qui alimentait indirectement la résistance iranienne a, au moment où ses propres intérêts énergétiques l’exigeaient, exercé la pression décisive sur Téhéran pour accepter la trêve. Le New York Times a cité trois responsables iraniens confirmant ce rôle. Trump lui-même l’a reconnu publiquement. Les importations chinoises de pétrole du Golfe avaient chuté de 25 % avec la fermeture du détroit — Pékin avait besoin que ça s’arrête. La Chine a donc contraint son partenaire iranien à plier, tout en préservant l’apparence de la neutralité.
Elle a capté le dividende diplomatique. Le ministre iranien des Affaires étrangères a publiquement remercié la Chine pour son rôle. L’Arabie saoudite et les Émirats ont contacté Xi Jinping en avril pour lui demander de jouer un rôle plus grand dans la désescalade. Pékin, qui n’avait pas envoyé un seul soldat, pas formulé une seule menace, s’est retrouvé remercié par toutes les parties.
Elle a sécurisé sa position pour la reconstruction. La Chine est déjà le partenaire économique essentiel de l’Iran, signataire de la Route de la Soie avec Téhéran depuis 2016. Elle est en position idéale pour devenir le financeur et le constructeur de la reconstruction iranienne post-guerre — avec un fonds de 300 milliards promis dans le mémorandum, dont les pays du Golfe fourniront une grande partie, mais dont Pékin captera une part décisive des contrats.
Et elle a tiré un enseignement stratégique pour Taïwan. Ses officiels ont observé que l’Amérique peut lancer une guerre, ne pas atteindre ses objectifs, et négocier une sortie qui ressemble à une défaite stratégique. Le message aux alliés dans le Pacifique est sans ambiguïté.
La Chine n’a pas eu besoin de vaincre les États-Unis frontalement. Elle a simplement attendu que les alliés américains commencent à douter, tout en appuyant discrètement sur les leviers qui accéléraient ce doute.
Elle ne dit rien, ou presque. Elle montre. Elle construit, finance, pèse, arbitre, patiente.
L’Amérique veut encore être crue. La Chine se contente d’être nécessaire. C’est peut-être le résumé le plus cruel du moment historique.
La leçon du Lavi — déjà en train d’être tirée
En 1967, de Gaulle a décidé l’embargo sur les armes à destination d’Israël. Ce choc fondateur a forcé Israël à comprendre qu’aucune nation menacée dans son existence ne peut confier sa survie à la décision politique d’un autre État. De cette blessure est née l’une des industries militaires les plus performantes du monde. Aujourd’hui, la dépendance n’est plus française. Elle est américaine. Elle concerne les avions, certaines munitions, certaines bombes de précision, la profondeur logistique en cas de guerre longue. Et le jour où Washington a voulu arrêter la guerre avant Jérusalem, cette dépendance est devenue une limite stratégique concrète, vécue, humiliante.
La leçon du Lavi reprend toute sa signification. Non pas nécessairement pour reconstruire cet avion précis, mais pour ressusciter la doctrine qu’il incarnait : une autonomie stratégique complète dans les domaines vitaux. Munitions critiques, drones, missiles longue portée, défense antimissile, guerre électronique, logiciels, intelligence artificielle embarquée, maintenance souveraine.
En 1967, de Gaulle a forcé Israël à devenir une puissance militaire industrielle. En 2026, Trump est en train de forcer Israël à franchir la dernière étape : devenir une puissance stratégique pleinement autonome — ou accepter d’être un acteur subordonné dans un monde où la garantie américaine se négocie.
Ce processus a commencé. Netanyahu lui-même, dans sa conférence de presse du 15 juin, a déclaré :
« Avec un accord ou sans accord — l’Iran n’aura pas d’armes nucléaires. Pas aujourd’hui, pas demain. Tant que je serai Premier ministre d’Israël. » Ce n’est plus la confiance dans le parapluie américain. C’est la revendication d’une souveraineté stratégique propre.
Le pôle moyen-oriental — de la théorie à l’esquisse réelle
La thèse d’un pôle moyen-oriental autonome, capable de s’intercaler entre les deux soleils américain et chinois, n’est plus une projection. Elle commence à se dessiner dans les faits, dans leur désordre même.
Les Émirats arabes unis ont frappé discrètement des cibles iraniennes, y compris une raffinerie sur l’île de Lavan, en coordination avec Israël, tout en maintenant des relations commerciales avec la Chine et en s’abstenant de tout discours de blocs. L’Arabie saoudite a frappé des milices iraniennes à la frontière irakienne. Le Qatar — dont l’Iran avait tenté de frapper l’aéroport — a maintenu son rôle de canal diplomatique. Le Pakistan a médiatisé l’accord final. La Turquie, l’Égypte ont servi d’intermédiaires. L’Inde a regardé en calculant ses approvisionnements.
Ce n’est pas encore un pôle. Ce n’est pas encore une alliance. Mais c’est quelque chose de nouveau : un ensemble d’acteurs régionaux qui ont agi selon leurs intérêts propres, combiné les partenariats selon les circonstances, refusé de choisir définitivement un camp — et obtenu des résultats.
Les pays du Golfe ont simultanément fourni des bases américaines pour les frappes, approché Xi Jinping pour la médiation, et conduit leurs propres opérations contre les proxies iraniens. Ce n’est pas de l’incohérence. C’est de la multipolarité pragmatique à l’état naissant.
Et c’est ici que l’enjeu de la reconstruction iranienne devient capital. Un Iran sorti de la tutelle révolutionnaire, réinséré dans l’économie régionale, n’est pas nécessairement un Iran ennemi d’Israël ou du Golfe. C’est un Iran qui pourrait, à terme, devenir une composante du pôle régional lui-même — un astre persan réintégré dans son orbite naturelle, plutôt qu’un satellite perturbateur du système russo-chinois.
Mais tant que le soutien aux proxies — Hezbollah, milices irakiennes, Houthis — n’est pas traité dans l’accord, cette perspective reste suspendue. Le mémorandum du 14 juin n’y touche pas. C’est précisément pourquoi il ne peut pas être une paix. C’est une suspension.
Russie, Europe — les absents révélateurs
La Russie demeure un astre lourd, nucléaire, territorial, capable de provoquer des éclipses. Mais elle n’est plus un soleil. L’Ukraine a montré les limites de sa puissance d’écrasement. Dans la crise iranienne, Moscou a voté avec Pékin au Conseil de sécurité pour bloquer une résolution sur la liberté de navigation dans le détroit, mais elle n’a pas pesé sur l’issue. Elle n’avait ni les leviers économiques ni la crédibilité diplomatique pour le faire.
La Russie découvre les limites de sa force. L’Amérique découvre les limites de sa garantie.
Deux puissances qui se définissaient l’une et l’autre par leur capacité à imposer l’ordre révèlent simultanément, sur des théâtres différents, qu’elles ne peuvent plus le garantir.
L’Europe, quant à elle, brille par son absence dans l’arc de cette crise. Elle a observé, commenté, s’est dite « profondément concernée par la situation critique au Liban ». Elle n’a pas pesé. Elle n’a pas médié. Elle n’a pas financé. Elle n’a pas garanti. Le Pakistan, la Turquie, le Qatar, l’Oman, la Chine ont structuré la sortie de crise. Pas l’Europe. Elle reste une puissance potentielle, mais non encore une puissance pleinement politique.
Le monde orbital — il a commencé
Le paradoxe du trumpisme est désormais historiquement établi. En voulant restaurer la domination américaine, Trump a accéléré l’autonomisation de ses alliés. En voulant redevenir maître du jeu, il a obligé les autres à apprendre à jouer sans lui — ou à côté de lui, ou contre lui, selon les moments.
Le monde qui vient ne sera pas multipolaire au sens naïf du terme. Il sera bipolaire dans sa structure centrale, mais orbital dans son fonctionnement réel. Deux soleils domineront le système international : les États-Unis et la Chine. Autour d’eux graviteront des États, des économies, des alliances, des dépendances militaires, technologiques, financières et énergétiques.
Mais contrairement au monde figé de la guerre froide, ces satellites ne seront plus condamnés à rester éternellement dans la même orbite.
Ce n’est plus une hypothèse. C’est ce que nous avons vu entre février et juin 2026 :
Les Émirats ont frappé avec Israël et courtisé Pékin. L’Arabie saoudite a financé des frappes contre les milices iraniennes tout en demandant à Xi Jinping de jouer un plus grand rôle. Le Qatar a servi à la fois d’hôte aux bases américaines et de canal diplomatique avec Téhéran.
La Chine a soutenu l’Iran militairement et l’a contraint à la trêve. Le Pakistan a médié un accord entre Washington et Téhéran sans être dans l’orbite exclusive d’aucun des deux.
Ce n’est pas de la confusion. C’est la grammaire du monde orbital en train de s’écrire.
Le Moyen-Orient est en train de devenir le premier grand espace de démonstration de ce nouveau paradigme. Non plus seulement un objet des stratégies impériales, mais un acteur de l’équilibre mondial.
Capable d’acheter américain pour sa sécurité, de commercer chinois pour ses infrastructures, d’investir indien pour ses débouchés, de coopérer israélien pour sa technologie, de financer africain pour sa profondeur géopolitique.
Un pôle qui ne serait ni américain, ni chinois. Alternativement l’un et l’autre. Ou ni l’un ni l’autre. Sa force vient précisément de cette capacité de bascule.
Ce que révèle l’affaire iranienne
L’affaire iranienne n’est donc pas seulement une crise de plus. Elle est un révélateur — et la révélation a déjà eu lieu.
Elle révèle que Trump n’est pas isolationniste, mais impérial — et que l’impérialisme transactionnel a ses limites propres, différentes mais réelles.
Elle révèle que MAGA peut devenir « Show America’s Weakness Again » — non par disparition de la puissance militaire américaine, mais par érosion de la confiance dans sa garantie.
Elle révèle que la Chine n’a pas besoin de vaincre pour avancer — elle a besoin d’être présente sur tous les registres à la fois, visibles et invisibles, et de laisser les crises produire leur pédagogie.
Elle révèle que la Russie est lourde, mais moins centrale — puissance de nuisance, non puissance d’ordre.
Elle révèle que l’Europe est riche, mais stratégiquement absente — là où il fallait peser, elle a observé.
Elle révèle qu’Israël est en train de tirer la leçon de 1967 — la dépendance à un allié, aussi essentiel soit-il, devient une contrainte le jour où les intérêts divergent.
Elle révèle que les alliances ne suffisent plus si elles deviennent des dépendances unilatérales.
Elle révèle que le pétrole, les routes maritimes, les détroits, les missiles, les drones, les renseignements géospatiaux, l’IA militaire et les fonds souverains composent désormais une même grammaire de puissance — et que cette grammaire se parle désormais dans plusieurs langues à la fois.
Elle révèle, surtout, que le Moyen-Orient n’est plus un espace traversé par les ambitions des autres. Il est en train de devenir, dans le désordre et la violence, le grand régulateur orbital du XXIe siècle.
Le monde ne sera pas seulement bipolaire.
Il sera orbital.
Deux soleils, certes.
Mais des planètes qui ont commencé à choisir leur trajectoire.
Et c’est cela, le vrai commencement.
© Richard Abitbol

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