On accuse Bruxelles. La cible est commode. Elle est aussi fausse.
Ghislain Benhessa le démontre dans Nos vrais maîtres, publié chez L’Artilleur en janvier 2026 : la Commission n’est qu’un paravent. Le vrai pouvoir siège à Luxembourg. La Cour de justice de l’Union européenne. Elle seule détient l’arme qui compte : le droit, seule arme contraignante de l’UE, comme l’affirmait dès 1965 le premier président de la Commission, l’ancien nazi Walter Hallstein FNAC.

Rien de nouveau sous ce soleil-là. Le pouvoir qui s’est écrit lui-même le racontait déjà, en version française. 1971. Le Conseil constitutionnel invente son bloc de constitutionnalité. Sans révision. Sans loi. Sans référendum. Un juge se donne un pouvoir, et l’appelle droit.
Benhessa raconte la même fable. En plus grand. Avec des noms.
Une généalogie qu’on aimerait oublier
Qui sont ces juges qui verrouillent la prise de pouvoir et interdisent tout retour en arrière ? Benhessa répond par des trajectoires, pas par des concepts.
Maurice Lagrange, ancien vichyste, recruté par Jean Monnet pour construire les premières bases FNAC du droit européen. Un homme de l’administration de l’Occupation, devenu architecte discret de la construction communautaire.
Walter Hallstein, ancien nazi, premier président de la Commission. C’est lui qui a posé la règle du jeu dès 1965 : le droit serait l’arme, et l’arme serait aux mains des juges, pas des peuples.
Matthias Guyomar, actuel président de la Cour européenne des droits de l’Homme FNAC. Le fil ne s’est jamais rompu. Des bureaux de Vichy aux prétoires de Strasbourg et de Luxembourg, c’est une même filière qui a appris, génération après génération, à gouverner sans élection.
Coïncidence ? Non. Continuité. Mêmes écoles. Mêmes réflexes. Même conviction tranquille que le droit appartient à ceux qui savent le manier, pas à ceux qui votent.
Deux étages, une seule architecture
• Le Conseil constitutionnel s’invente un bloc de constitutionnalité. • La Cour de Luxembourg s’invente la primauté du droit européen.
Aucun des deux textes fondateurs ne le prévoyait. Les deux juges se le sont offerts.
Le Conseil peut censurer le Parlement français. La Cour de Luxembourg peut censurer le Conseil constitutionnel. Pouvoir sur pouvoir. Juge sur juge. Et le peuple, en bas de l’échafaudage, qui vote pour des représentants de moins en moins représentatifs.
La question ne change pas d’échelle
Qui a autorisé ces juges à écrire la norme qui fonde leur propre autorité ?
Personne. Ni à Paris, ni à Luxembourg.
Benhessa met des visages sur l’abstraction. L’histoire institutionnelle cesse d’être une théorie de manuel. Elle devient une suite d’hommes ayant choisi, décision après décision, d’agrandir leur propre territoire.
Le pouvoir qui s’est écrit lui-même n’est donc pas une anomalie nationale. C’est une méthode européenne. À deux étages. Où les peuples votent, et où les juges décident ce que ce vote avait le droit de vouloir dire.
© Paul Germon

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