Munich fut le chant du cygne des démocraties européennes face à la montée du fascisme et du nazisme.
Sydney Touati
En 1940, il y avait Churchill, il y avait de Gaulle… pour dire non à la barbarie.
Espérons qu’après la capitulation du 13 juin, une voix appellera ce 18 juin les démocrates du monde entier à poursuivre le combat contre la « bête immonde ».
Accord Etats-Unis Iran: la paix entre capitulation et armistice
Le président Trump annonce que la signature d’un traité de Paix avec le gouvernement iranien serait officialisée ce vendredi 19 juin 2026.
On devrait se réjouir à l’annonce d’une telle nouvelle, pourtant tous les observateurs émettent de sérieux doutes sur la véritable nature de cet accord.
Nous constatons certes que les quelques semaines de guerre ont infligé de lourdes pertes au régime des mollahs, mais que, même décapité, affaibli, il est cependant toujours là. Il est triste de constater que les nouvelles têtes dirigeantes manifestent encore plus d’insolences, ne renonçant à aucune de leurs prétentions. Nul doute que cette date sinistre deviendra jour de fête en Iran.
Exclusion, sacrifice, des autres belligéreants
Il est dramatique de voir que tous les belligérants sont de facto exclus de cet accord, comme si l’Iran n’avait frappé que les USA. Quel mépris pour les peuples qui ont souffert, qui souffrent de la dictature iranienne.
La conséquence immédiate de cet accord est qu’on a le sentiment qu’il se conclut sans les alliés de l’Amérique, pour ne pas dire sur leur dos : pays du Golf bombardés par l’Iran, Israël toujours menacé de destruction par le régime des mollahs, constamment harcelé par ses proxies; flou sur le nucléaire, le Liban livré au Herzbollah, le monde entier soumis à l’ignoble chantage du blocage du détroit d’Ormuz et à celui des attentats terroristes. Cerise sur la gâteau: le peuple iranien que l’on avait appelé à la Résistance, soumis à une répression féroce, passé par pertes et profits.
Le président Trump réalise-t-il qu’un accord conclu dans un tel contexte s’interprête comme une capitulation ? Que l’image des Etats-Unis est rabaissée, rejoignant celle de l’Union européenne; que la confiance des pays qui comptaient sur la protection des USA est ébranlée ?
Si la puissante Amérique qui a déployé des moyens colossaux renonce à se battre contre un régime aux abois, haï par son peuple, que fera-t-elle lorsqu’elle aura une vraie puissance face à elle ?
Les Taiwanais doivent réaliser, tout comme les Israéliens ou les pays du Golfe, qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes; que les USA pourront à la rigueur leur vendre des armes mais, qu’ils soient dirigés par Obama ou par Trump, ils finissent toujours par obéir aux injonctions des spéculateurs de Wall-Steet, de Londres, de Francfort ou de Paris.
Lâche soulagement à l’idée que le prix du baril de pétrole va baisser et que les consommateurs paieront quelques centimes de moins leur litre de carburant.
Trump nous a fait croire que sous sa mandature, les valeurs de la démocratie primaient. Que l’Amérique avait repris le flambeau de la liberté que les démocrates avaient laissé tomber dans le ruisseau.
Ce fut une illusion qui, en se dissipant brutalement, laisse un goût amer.
Un simple regard sur l’Histoire aurait montré au président Trump que capituler face à une dictature totalitaire ne conduit pas à la paix, mais à la guerre.
En tout premier lieu, du point de vue des Mollahs, la victoire incroyable de l’Iran et la capitulation des USA, ne peuvent s’expliquer que par l’intervention divine, que comme la preuve qu’Allah est du côté de la dictature iranienne.
L’impact d’une telle croyance sur le monde musulman est incalculable. Ceux qui espéraient desserrer l’étau de la tutelle de l’islam politique ne peuvent que déchanter. Les fanatiques vont se réjouir et les foules danser dans les rues. Il est à craindre que les attentats terroristes augmentent dans le monde.
Munich fut le chant du cygne des démocraties européennes face à la montée du fascisme et du nazisme.
En 1940, il y avait Churchill, il y avait de Gaulle… pour dire non à la barbarie.
Espérons qu’après la capitulation du 13 juin, une voix appellera ce 18 juin les démocrates du monde entier à poursuivre le combat contre la « bête immonde ».
© Sydney Touati

Avocat, essayiste, Sydney Touati s’intéresse aux transformations contemporaines du droit public, du droit international et à leurs effets sur les États démocratiques. Dernière publication: « De Voltaire à Badinter. Un essai sur la transformation du droit en France »
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Il est probable que le message defaitiste sera reçu parfaitement par une Chine ultra agressive .
Taiwan est virtuellement livrée a Pekin , le Japon et la coree du sud seront priés par Trump ou ses successeurs d accepter l hegemonie chinoise .
Plus pres de nous la Grece qui est menacée par erdogan le » grand ami » de Trump , et les emirats savent que seul Israel pourra efficacement les aider .