À propos de Yom Hashoah. Par Raphaël Nisand

L’idée d’instaurer un jour de commémoration de la Shoah était très certainement opportune lorsque cette journée a été décidée.
Au fil du temps, cette commémoration a été marquée par de nombreuses cérémonies et des initiatives parfois marquantes notamment en Israël.

En Israël les sirènes résonnent le 27 du mois de Nissan et tout le pays s’arrête.

Là où ils sont les israéliens cessent toute activité ou arrêtent leur voiture et se tiennent debout pendant 2 minutes de silence.

C’est bien sûr une marque de deuil, de respect, de mémoire pour se rappeler l’évènement incommensurable qu’a été la Shoah.

Ces commémorations sont indispensables mais elles posent bien sûr question dans les temps où nous sommes.

Le négationnisme, c’est à dire la contestation de la réalité de la Shoah, n’est plus de mise, sauf dans des pays ouvertement antisémites comme l’Iran qui organise régulièrement des concours de caricatures de la Shoah.

Pourtant de nombreux Juifs ressentent une forme de malaise à l’occasion de ces commémorations.

« La Marche des Vivants » en Pologne répond en partie à ce malaise. Elle est maintenue malgré un contexte international tendu.  Environ 50 survivants de la Shoah, venus d’Israël et d’autres pays, y participent cette année. L’événement consiste en une marche de 3,2 km entre les camps d’Auschwitz et de Birkenau. 

Cette année, il revêt une dimension particulière en raison de la montée mondiale de l’antisémitisme.

Aux côtés des survivants, participeront également d’anciens otages (Omri Miran et Agam Berger), des victimes récentes d’attaques antisémites dans plusieurs pays (États-Unis, Royaume-Uni, Australie), ainsi que des personnalités engagées contre la haine des Juifs.

Ce que beaucoup identifient, c’est le côté acceptable de l’hommage rendu aux Juifs morts y compris par des gens qui ne supportent guère les Juifs vivants.

On peut ainsi voir des élus et des partis politiques  participer activement à des cérémonies sur la Shoah tout en niant à Israël le droit de se défendre. 

Ils condamnent le nazisme mais prônent le boycott d’Israël. 

Ils ont de la compassion pour les Juifs de 39-45 mais n’entendent pas qu’Israël craigne la Shoah nucléaire, la réelle menace d’aujourd’hui.

Cette dichotomie se retrouve aussi dans les débats juridiques sur la loi Yadan qui veut pénaliser l’antisionisme, la doctrine qui veut la destruction de l’Etat d’Israël.

Les Juifs qui croisent de façon épisodique les manifestations dites pro palestiniennes comprennent bien que de nombreux slogans ne sont pas seulement antisionistes mais bien antisémites.

Il y a  une véritable proximité entre l’antisémitisme d’antan et l’antisionisme d’aujourd’hui.

Les formes que prend l’antisionisme ressemblent aussi à s’y méprendre à celles de l’antisémitisme d’antan.
Le boycott, les intellectuels et les commerçants juifs l’ont bien connu et il revient en force.

Les brûlages en place publique d’effigies de Juifs se répandent dans toute l’Europe, une Europe qui ne voit pas que les cendres sont toujours les mêmes, celle d’un homme juif voué à la détestation d’un public fasciné par le lynchage.
Cela vient encore de se passer cette semaine à Malaga.

Les Juifs sont aujourd’hui moins nombreux qu’en 1939 parce que la Shoah a assassiné la plus grande partie des Juifs d’Europe.

Aujourd’hui la majorité des Juifs, plus de 8 millions, vivent en Israël.

Ceux qui soutiennent le slogan d’une Palestine du fleuve à la mer savent bien qu’ils souhaitent un très mauvais sort fait à 8 millions de Juifs.

Ceux-là ne peuvent pas dire qu’ils ne sont pas antisémites, c’est même tout le contraire.

                            ©  Raphaël Nisand

                         Chroniqueur sur Radio Judaïca 

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