La géographique d’Israël ou pourquoi l’État juif doit sortir de son ambiguïté stratégique concernant son arsenal nucléaire. Par Frédéric Sroussi

Quand il s’agit de comprendre les menaces existentielles qui pèsent sur Israël, il faut toujours avoir en mémoire la phrase définitive du grand géographe français Yves Lacoste : « La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ».

Tous les stratèges l’ont toujours « instinctivement » compris : on ne combat pas de la même façon quand l’ennemi se trouve sur une montagne que lorsqu’il se trouve en plaine. On ne combat pas de la même manière un petit pays qu’un grand pays, etc…

C’est pour cela qu’Israël ne peut, sous peine de destruction, donner le plateau du Golan ou la Judée-Samarie qui sont des hauteurs à partir desquelles les ennemis de l’État juif auraient une vue « plongeante » sur les plus grandes villes de l’État hébreu. [¹]

Je veux en fait insister ici non pas seulement sur le relief de l’État hébreu, mais surtout sur sa taille dont on ne souligne jamais assez l’exiguïté et la petitesse dramatique. « Officiellement », la superficie d’Israël n’est que de 22 070 km carrés, c’est à dire que la Bretagne – avec ses 27209 km carrés – est un territoire plus grand que l’État juif !

En revanche, la superficie du monde arabe (je ne compte donc pas l’Iran qui n’est pas arabe) est de 13, 3 millions de kilomètres carrés, soit 3 fois la grandeur de l’Union européenne ! Appeler Israël un « État colonisateur » est donc d’une bêtise abyssale. [²]

Quant à l’Iran, sa superficie est de 1, 668 millions de kilomètres carrés ! Cela veut dire que le minuscule État d’Israël a pendant la Guerre des 12 jours, et de nouveau depuis le 28 février dernier avec l’opération « Lion rugissant », réalisé un exploit absolument inédit dans l’histoire : attaquer (en état de légitime défense) un pays 80 fois plus grand que lui ! Ce qui, admettons-le, relève du miracle divin !
Certes, il est déjà arrivé qu’un État plus petit attaque en premier un adversaire plus grand comme ce fut le cas du Japon par deux fois : avec la Russie d’abord (1904-1905) puis avec la Chine (1937-1945), mais l’Empire du Soleil levant est proportionnellement plus grand vis-à-vis de la Russie et de la Chine que ne l’est Israël vis-à-vis de l’Iran, et surtout l’armement (les missiles n’existaient pas) et la densité des populations étaient totalement différents.

Tant pendant la Guerre des 12 jours que depuis l’opération « Lion rugissant » Israël a donc pris le dessus sur le monstre iranien (je parle en termes symboliques de la République islamique) en réussissant le tour de force de prendre le contrôle de l’espace aérien de l’Iran sans qu’aucun système de défense n’ait réussi à contrer la meilleure aviation militaire du monde. En juin 2025, Israël avait déjà pavé une voie royale aux États-Unis qui envoyèrent sans aucun danger (les systèmes anti-aériens iraniens ayant été détruits par Israël), leurs formidables B2 attaquer les sites nucléaires iraniens que Jérusalem avait déjà frappé…

D’un point de vue stratégique, l’exiguïté et la petitesse du territoire israélien peuvent avoir des conséquences des plus dramatiques. En effet, la menace de destruction (à Dieu ne plaise !) de l’État juif par le biais d’une saturation des systèmes antimissiles israéliens (Dôme de fer, Fronde de David, Harrow, principalement) reste une réalité qu’il faut contrer de manière définitive (et je ne parle même pas d’une attaque nucléaire car Israël ne dispose pas d’une capacité de seconde frappe de par sa géographie !) ! Au vu de la disproportion géographique et démographique entre Israël et ses ennemis, le recours à l’arme nucléaire pourrait être en cas de menace existentielle imminente la seule option qui assurerait la survie de l’État hébreu.
Les frappes répétées iraniennes (tant pendant La Guerre des 12 jours que pendant la guerre actuelle) contre la ville de Dimona qui se trouve à quelques kilomètres à peine d’un réacteur nucléaire israélien sont des actes d’une immense gravité. L’État hébreu possède donc le droit de répondre par l’utilisation d’une arme nucléaire tactique sur des zones stratégiques (par exemple sur les lieux où se trouvent les « villes missiles » iraniennes cachées dans les montagnes). Il ne faut jamais oublier de dire que lorsqu’Israël frappe des centres nucléaires iraniens, il le fait de façon à ne jamais mettre en danger la vie de la population civile iranienne, ce qui n’est pas le cas des Iraniens vis-à-vis de la population israélienne qu’ils ont juré de rayer de la carte.

Il faut donc sortir de l’ambiguïté stratégique en montrant clairement que l’État hébreu est une puissance atomique et que la nouvelle doctrine israélienne sera alors dominée par l’utilisation de l’arme nucléaire en cas de danger existentiel (qu’il soit nucléaire ou non !). Nos ennemis, savent trop bien que notre culture libérale et démocratique nous pousse plus à se laisser détruire qu’à appuyer sur le bouton nucléaire.
Les pays occidentaux n’ont jamais voulu fournir aux Ukrainiens des missiles qui pouvaient frapper en profondeur la Russie car Poutine avait menacé dès le début de son « opération spéciale » de recourir à l’arme atomique en cas d’ingérence d’un pays tiers. C’est tout simplement cela la dissuasion, et ça fonctionne…
Après la sortie de l’ambiguïté stratégique, et pour éviter les problèmes juridiques et diplomatiques (qui adviendront de toute manière) Israël pourra agir comme la France l’a fait jusqu’en 1992, c’est-à-dire en refusant d’adhérer au TNP (Traité de non-prolifération) tout en déclarant comme la France en son temps le 12 juin 1968 : « La France, pour sa part, (…) se comportera dans l’avenir, dans ce domaine, exactement comme les États qui décideraient d’y adhérer ». Israël devra donc faire de même…
Le problème numéro un de l’État juif est donc son extrême petitesse et son exiguïté géographique, et lorsque Jérusalem aura vaincu le régime iranien, la Turquie sera le nouvel ennemi juré d’Israël puisque le chef frériste Recep Tayyip Erdogan déclara le 30 mars 2025 : « Puisse Allah détruire et dévaster le sioniste Israël ».
Des intentions de produire l’arme atomique seraient aussi envisagées par la Turquie…
Le Pakistan qui possède la bombe pourrait aussi devenir un danger pour Israël.
Il faut clairement que nos ennemis saisissent que s’attaquer à nous scellera leur destin de manière irréversible.

© Frédéric Sroussi


Notes

¹ En plus des facteurs géostratégiques, il ne faut jamais oublier que le Golan, mais aussi la Judée-Samarie et même Gaza (!) appartiennent historiquement au peuple juif depuis l’époque biblique : « Puis, Juda prit Gaza avec son territoire .» (Les Juges 1:18)

² Le seul empire colonial qui existe encore aujourd’hui est donc bien celui du monde arabe et plus généralement du monde musulman. Les Arabes n’ont en fait de légitimité que sur la Péninsule arabique d’où – comme le nom l’indique – ils sont originaires. Ce sont les conquêtes coloniales et militaires arabes – à partir du VIIème siècle de l’ère chrétienne (alors qu’un Royaume unifié d’Israël existait dès – 1000 avant l’ère chrétienne) – qui ont fait que tous les États arabes (en dehors de ceux de la Péninsule arabique) sont de facto des colonies existantes jusqu’à ce jour.


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2 Comments

  1. L ambiguitė est le coeur de la dissuasion nucleaire .
    Nos sous marins portent des missiles nucleaires susceptibles de raser teheran en un coup mais personne ne doit le dire et aucune menace ne doit etre proferée dans ce domaine .
    Chaque ennemi doit savoir qu un Israel en danger de mort portera le feu nucleaire chez l agresseur , mais , heureusement nous ne sommes pas en danger de mort et la silence sur certaines de nos capacités est le meilleur moyen de les valider .

  2. L’Islamisme Chiite dont l’Iran est l’instigateur principal, mène une guerre de conquête et de destruction planétaire. Rien, aucun accord de Paix, aucun cessez le feu, ne feront dévier l’Iran et ses proxys Chiites de leur objectif final, qui est l’islamisation et la soumission à l’Islam chiites des territoires et des peuples de la planete.
    D’après le Coran, la Fin des Temps Apocalyptique doit se réaliser après l’accomplissement de la « Victoire » et la soummission du monde à la Charia.
    Ignorer ou refuser de prendre urgemment en compte cette menace existentielle est un suicide collectif, pour les « infideles » Chrétiens et Juifs », alors qu’elle est clairement annoncée et revendiquée par le camp du Mal absolu.
    Ce danger existentiel doit être (enfin) qualifié par les Instances représentatives du Monde libre. Il s’agit bien d’une menace existentielle de Crime contre l’Humanite.

    Ce danger imminent doit mobiliser les Nations et les Peuples, afin qu’une attitude commune, réaliste, volontaire, et à la hauteur du danger, soit prise.
    Ce sera eux ou nous !

    A défaut d’une réaction vigoureuse, déterminée et sans concession aucune, vous devez imaginer quel sera votre sort.
    Vous n’aurez aucune « porte de sortie ».

    La Politique, dit on, c’est prévoir….
    Alors ? Cet enjeu est il négligeable ?

    Vous aurez été prévenus…
    Pour Israël, le moment de Vérité approche, mais  » ce petit Pays de merde » (dixit les cons d’Osay), ne pourra accueillir ses nombreux ennemis qui regardaient et regardent toujours ailleurs.
    Ils jubilent lorsqu’Israël est en danger, et condamnent lorsque il se défend.
     » Nous préférons toujours vos condamnations à vos Condoleances »
    L’Histoire ne parle pas pour vous !

    Am Israël Hai !

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