Négociations entre les États-Unis et l’Iran. Par Hamid Enayat

Selon Reuters, citant un haut responsable iranien, le Pakistan aurait transmis à l’Iran une proposition émanant des États-Unis, et le Pakistan ou la Turquie pourraient servir de lieu pour d’éventuelles négociations visant à mettre fin au conflit.

D’après ce rapport, publié mercredi 25 mars, ce responsable — dont l’identité n’a pas été révélée — a refusé de fournir davantage de détails, et n’a notamment pas précisé si les propositions américaines correspondent au « plan en 15 points » évoqué dans les médias.

De son côté, l’Agence France-Presse (AFP) a indiqué, en citant « des responsables », que ce plan en 15 points avait été transmis à l’Iran via le Pakistan. Reuters souligne que ces déclarations figurent parmi les rares signes laissant penser que les autorités iraniennes, malgré leurs démentis publics, sont disposées à examiner des options diplomatiques.

Déploiement massif de points de contrôle : un climat sécuritaire renforcé

Le porte-parole des forces de l’ordre a annoncé que plus de 129 000 policiers, appartenant à différentes unités — dont les unités d’intervention rapide, les forces de secours, les unités spéciales et la police routière — sont mobilisés en permanence.

Il a également fait état du déploiement de 1 463 points de contrôle spéciaux à travers le pays. Selon Saeid Montazerolmahdi, ces dispositifs ont été installés en fonction de « l’importance géographique, sécuritaire et du niveau de circulation » dans les différentes régions.

En outre, près de 15 000 unités de patrouille, motorisées ou automobiles, circulent en continu dans les villes et sur les routes.

Parallèlement, de nombreux citoyens ont fait état, sur les réseaux sociaux, d’un durcissement du climat sécuritaire et d’une montée de la peur et de l’inquiétude dans les villes. Certains rapports indiquent que l’aspect de nombreuses villes est désormais quasi militaire, marqué par une présence massive de forces armées et de véhicules militaires dans les places et aux principaux carrefours.

Source : agence de presse Mehr

Selon l’agence de presse semi-officielle Mehr, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement — présenté comme un interlocuteur potentiel dans d’éventuelles négociations avec les États-Unis —, s’adressant aux forces du régime, a écrit sur le réseau social X :
« Votre présence dans les rues a désorienté et irrité l’ennemi. Votre humble serviteur vous adresse trois demandes : la rue, la rue, la rue. »
(« Attention aux émeutes et aux soulèvements dans la rue. »)

Recomposition du noyau du pouvoir sécuritaire

La nomination de Bagher Zolghadr au poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale constitue l’un des changements les plus significatifs dans la structure du pouvoir depuis la mort d’Ali Larijani. Il ne s’agit pas d’un simple remaniement administratif, mais d’un basculement stratégique au cœur du dispositif sécuritaire.

En conséquence, la gestion sécuritaire du pays semble s’être progressivement détachée des structures gouvernementales pour être recentrée autour du « noyau dur du pouvoir » — comprenant les Gardiens de la révolution, les services de renseignement et les appareils de répression.

Cette évolution entraîne des conséquences importantes, notamment un renforcement du rôle des Gardiens de la révolution et un affaiblissement relatif de celui du président dans les décisions sécuritaires. Le Conseil suprême de sécurité nationale, selon la loi, constitue le point de convergence entre le gouvernement, l’armée, les Gardiens de la révolution, les services de renseignement et la politique étrangère, et représente un centre névralgique de décision en matière de guerre, de dossier nucléaire et de crises internes.

Dans un système où aucune décision finale n’est effective sans l’aval du Guide suprême, plus le secrétaire est proche des Gardiens de la révolution et du noyau dur du pouvoir, plus le poids de ces acteurs dans la prise de décision s’en trouve renforcé.

Conclusion

Si les démentis officiels des autorités iraniennes concernant d’éventuelles négociations directes avec les États-Unis peuvent encore susciter des doutes, le déploiement massif des forces de l’ordre — en dehors même des Gardiens de la révolution, des Bassidjis, des forces en civil et des services de renseignement — témoigne d’une inquiétude réelle du régime face à l’après-guerre, période durant laquelle de nouveaux soulèvements populaires pourraient émerger.

Il semble que la guerre ait jusqu’à présent joué un rôle de « tampon » face aux mouvements de contestation populaire.

© Hamid Enayat

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