« Néo-nazie », vraiment ? Par Elie Sasson

On a entendu, tout au long de la campagne, une accusation répétée par la gauche française, contre Sarah Knafo — accusation reprise aujourd’hui sur de nombreux plateaux de télévision pour pousser la droite à refuser toute alliance avec elle : Sarah Knafo siégerait avec des néo-nazis au Parlement européen.

Regardons les faits.

Sarah Knafo est députée européenne et siège dans le groupe Europe of Sovereign Nations (ENS), un groupe souverainiste qui défend notamment l’idée de préserver l’identité et la souveraineté des nations européennes.

Pour comprendre cette situation, il faut revenir aux circonstances politiques.

Après la trahison de Marion Maréchal et de plusieurs élus qui avaient pourtant été élus sous l’étiquette Reconquête !, Sarah Knafo s’est retrouvée seule eurodéputée du parti.

Or, au Parlement européen, appartenir à un groupe est essentiel. Cela permet notamment d’obtenir :

 • davantage de temps de parole ;

 • des postes dans les commissions parlementaires ;

 • des moyens financiers et des collaborateurs ;

 • une capacité réelle d’influence dans les votes.

Sans appartenance à un groupe, un député devient pratiquement marginal dans le fonctionnement du Parlement.

Mais intégrer un groupe suppose d’y être accepté. Il était évidemment impossible pour Sarah Knafo de rejoindre le groupe où siège le Rassemblement national : un tel choix aurait très probablement été refusé par Marine Le Pen, compte tenu de la rivalité politique entre leurs formations.

Dans ces conditions, Sarah Knafo a rejoint le groupe ENS, où elle occupe aujourd’hui la fonction de vice-présidente.

Il se trouve que ce groupe comprend également le parti allemand AfD. Il s’agit d’une co-appartenance parlementaire, et non d’une alliance politique au sens strict. Les partis réunis dans un même groupe peuvent d’ailleurs avoir des divergences importantes sur de nombreux sujets.

Dès lors, affirmer que Sarah Knafo « siège avec des néo-nazis » relève d’une simplification polémique. Il est pour le moins paradoxal de qualifier de néo-nazie une femme juive.

Enfin, il faut rappeler que l’AfD, dans son ensemble, n’est pas officiellement un parti néo-nazi. Certaines controverses tiennent au fait que des collaborateurs ou des militants liés à certains de ses membres ont, dans certains cas, entretenu des relations avec des milieux d’extrême droite radicale. Mais ces situations individuelles ne suffisent pas à qualifier l’ensemble du parti.

© Elie Sasson

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