Ne pas se fier aux apparences.
Ou bien, séparer l’homme ou la femme de son œuvre.
Prenez Bruno Gaccio, ex-auteur des « Guignols », l’image même du bon pote, toujours prêt pour déconner, pratiquant dérision et autodérision.
Une lente transformation l’a mué en une sinistre marionnette en latex, membre de la secte LFI, adepte des pires thèses complotistes, copain de Dieudonné et de Marc-Edouard Nabe, l’écrivain antisémite qui se prend pour LF Céline, le talent littéraire en moins.
Prenez Benjamin Biolay, chanteur vaporeux et évaporé, pour intellos dépressifs, qui chuchote, entre deux siestes, au journal « Libé » :
« Taper sur LFI à longueur de journée, ça n’est pas un programme politique… »
Parce qu’être passionnément antisémite et cultiver le vote communautaire, c’en est un de programme politique ?
Ben oui, c’est un programme et ça marche.
Contre toute attente, j’ai été surpris des « bons » scores de LFI. Raz-de marée à St Denis, Roubaix et partout ailleurs des scrutins entre 10 et 15%.
Certes rien de très flamboyant, mais un ancrage permanent et définitif à la gauche de la gauche.
Un boulet pour la gauche démocratique. Honneur aux listes qui refuseront les alliances de la honte.
…
Par contre, un bide pour Sarah Knafo, à Paris, qui parvient péniblement aux 10% fatidiques pour se maintenir au second tour.
Je m’y attendais.
Son choix de la couleur jaune canari ou jaune poussin, pour incarner sa campagne électorale.
Quel mauvais goût pour une femme qui se veut charmante !
Ça m’a presque fait oublier qu’elle votait au Parlement Européen avec le groupe des néo-nazis allemands.
Critiquer le fond, pas la forme.
…
J’ai voté dans une école maternelle, avec mon petit-fils, que j’avais emmené faire de la trottinette, en bon bobo parisien.
« Vous lui mettrez bien son casque ! », avait insisté sa mère.
Oui, oui.
Je n’ai même osé lui enlever son casque dans le bureau de vote.
Au moment de choisir les bulletins, mon petit-fils m’a demandé :
« Tu prends pas toutes les feuilles ? »
Je lui ai répondu « Non, y’en a que je touche même pas. C’est comme toi, pour avec le plat de betteraves, t’y touches pas non plus ».
« C’est dégoûtant les betteraves… »
« Pareil », je lui ai dit, en désignant le bulletin Chikirou.
© Daniel Sarfati

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