Gagner la guerre ou plaire au monde ? La faillite morale du code de Tsahal. Par David Germon

L’armée israélienne n’est pas une légion de mercenaires : c’est le peuple en armes, nos enfants. Pourtant, une fracture s’agrandit entre le code Ruach Tsahal, rédigé sous l’influence du Pr. Asa Kasher, et la réalité brutale du terrain. En voulant imposer une éthique universaliste en pleine guerre asymétrique, l’État finit par transférer le danger sur ses propres soldats.

Le piège de la « Pureté des armes » : Quand l’éthique paralyse

Le code actuel crée des tensions qui se paient cash sur le front. Le concept de « Pureté des armes» (Tohar HaNeshek), qui sonne noble pour le profane, impose au soldat un tri chirurgical impossible. Pour épargner un bâtiment civil d’où l’on tire, on renonce parfois à l’appui aérien pour envoyer l’infanterie au porte-à-porte. C’est un choix atroce : on préfère risquer un cercueil bleu et blanc plutôt que de détruire un mur ennemi. Cette judiciarisation du combat crée une « hantise du procès » qui paralyse l’action offensive.

L’analyse du Rav Cherki : Sortir du « Fascisme de l’éducation »

Intervenant à la Knesset, le Rav Oury Cherki a dénoncé l’anémie et la dérive idéologique de ce document. Il s’attaque d’abord à la prétention du code à vouloir façonner les consciences au-delà de la mission militaire :

« Dire que « le peuple construit l’armée et l’armée construit le peuple » est une affirmation à la limite du fascisme. L’armée n’est pas là pour éduquer, elle est là pour donner les ordres nécessaires à l’accomplissement de la mission. »

Pour le Rav, le code actuel est devenu un fardeau psychologique qui fragilise le combattant au moment le plus critique :

« Tel qu’il est compris aujourd’hui, ce code donne un sentiment de menace au soldat qui part au combat. Il se demande sans cesse : « Vais-je passer en jugement pour non-conformité à tel ou tel article ? » »

Il pointe également un échec moral fondamental : l’éviction délibérée de la notion de victoire. Rappelant que les concepteurs du code se sont félicités d’avoir empêché l’introduction du terme « Victoire » comme valeur cardinale, le Rav Cherki martèle :

« Il y a ici une faille morale qu’il faut corriger. Une guerre juste n’est pas seulement une guerre de survie technique, c’est le combat du bien contre le mal. »

Contrairement à la vision de Kasher, la Torah (Devarim 20) place la sauvegarde d’Israël (Milhemet Mitsva) au sommet. L’éthique juive n’est pas un humanisme désincarné, mais la capacité d’une nation à triompher de la barbarie pour protéger les siens.

Le cri d’une mère : « Le retour de nos fils avant tout »

Ce sentiment de déconnexion entre les bureaux des théoriciens et la boue du terrain a trouvé sa voix la plus pure dans le témoignage d’une mère de soldat à la tribune :

« Qui va nous apprendre la morale ? Nous l’avons apportée au monde ! Pourquoi devrions-nous adopter celle, déformée, des autres ? J’ai des racines de 3 000 ans, pourquoi aller chercher dans les champs étrangers ? »

Elle exprime le refus catégorique de voir ses enfants sacrifiés sur l’autel de l’image internationale :

« Si des boucliers humains protègent un terroriste, je veux que mon fils tire pour qu’il revienne sain et sauf. Que nos enfants soient tués parce que l’ennemi les utilise ? C’est une perversion totale. »

Conclusion : Un contrat social à réviser

L’éthique est indispensable, mais elle ne doit pas être un suicide. Tsahal est une armée de citoyens. La première responsabilité de l’État est envers ses propres enfants qu’il envoie au feu. Réviser le code d’Asa Kasher, c’est revenir à une éthique de responsabilité : celle qui affirme que la vie de nos défenseurs est la priorité absolue.

© David Germon

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