Narendra Modi à la Knesset. Par Joel Hanhart

À PROPOS D’UNE VISITE



Je n’ai pas l’habitude d’écouter ce qui se dit à la Knesset, car j’ai souvent honte du spectacle qui s’y offre: absence totale d’écoute, certitudes exhibées, aucune culture du débat, invectives et arguments ad hominem, et j’en passe… Je fais parfois exception. Notamment hier, pour écouter en détail les propos de Narendra Modi.

Pour comprendre ce qui va suivre, il faut tendre l’oreille à partir d’une identité et d’une conception de la temporalité qui dépassent le présentisme en vogue en Occident. Ce dernier régime (dont un Macron, qui ne peut laisser pour postérité qu’une image, serait le piteux symbole) permet d’énoncer, sans avoir à rendre de comptes demain puisqu’il n’est plus de demain, des inepties telles que « Israël a été créé par une décision de l’ONU » ou que l’Inde serait apparue sur la scène en 1947.

Lorsque Modi se lève à la tribune de la Knesset, ce n’est pas seulement un chef de gouvernement qui s’adresse à un autre État. C’est une mémoire qui parle à une mémoire. Une civilisation qui reconnaît, dans une autre, une sœur d’âge et d’épreuves. Cela est inaudible pour un Macron, pour un Boniface ou pour tous les morts-vivants du Quai d’Orsay. Tant mieux : c’est bien le signe que ce qui se déroule à Jérusalem les dépasse.

Israël, dans leur lecture autocentrée, révisionniste, serait un fait colonial, antienne répétée ad nauseam par les antijuifs du LFI qui y associent, comme en un démenti auto-infligé, les vieux tropes de l’antijudaïsme, recyclant en particulier la théologie véreuse de la substitution. Or, les Nations l’admettent, elles, ouvertement, depuis Jérusalem attendant d’être pleinement restaurée: Israël apparaît comme une antique civilisation revenue à sa souveraineté.
L’Inde, par exemple, s’y affirme en tant que partenaire dans une histoire longue.

C’est dans cette perspective qu’il faut apprécier la convocation par Modi de ce qu’il conçoit comme l’apport hébraïque au monde. « Qui sauve une vie sauve le monde entier » ; chaque existence porte l’infini.

Ainsi se comprend le rapprochement, délicat et puissant, entre Tikoun Olam et Vasudhaiva Kutumbakam.

Réparer le monde : idée tellement galvaudée dans la postmodernité européenne qu’on ignorerait les mots qui, pour une conscience juive, s’ajoutent à ce programme.

Reconnaître que le monde est une seule famille : la formule transparaît en ces pages de Sanhedrin que Modi rappelle à la Knesset, comme pour rappeler à ceux qui, en Israël, l’auraient oublié, englués dans un progressisme tournant à vide, qui ils sont, d’où ils viennent, vers où ils se dirigent.

La responsabilité excède les frontières, la communauté humaine ne s’arrête ni aux langues ni aux appartenances. Il n’en demeure pas moins que l’authentique puissance comme l’honnête vulnérabilité reposent sur la conscience de qui l’on est.

À la Knesset, j’ai entendu la reconnaissance de deux peuples qui, ayant traversé les siècles, savent que la force véritable procède d’une fidélité intérieure.

© Joel Hanhart

Narendra Modi delivered a strong and high-impact address at the Knesset during his Israel visit. Speaking alongside Benjamin Netanyahu, PM Modi highlighted the deepening India-Israel strategic partnership, cooperation in defence, technology, and innovation.

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