Cher Monsieur Philippe de Villiers,
C’est en tant que « populien » (auto-défini comme membre de mon peuple parmi tous les autres membres) que je me permets de vous écrire aujourd’hui ; un populien qui cherche résolument à redevenir pleinement souverain au milieu de son peuple redevenu lui-même souverain.
Je suis un descendant du peuple vendéen et angevin, victime, comme vous le savez si bien, du premier génocide de l’Histoire moderne. Enfant de la « modernité », j’ai éprouvé les « arrachements » de ma famille ; à ma naissance, mon père fut le premier de sa longue lignée de paysans à ne pas reprendre le flambeau et à s’arracher de sa terre ancestrale, de son milieu et de ses traditions.
Conscient de ma condition d’ « être social », donc ontologiquement relié à ma communauté – condition trop souvent refoulée chez beaucoup de mes contemporains dans notre société individualiste –, je me sens et me sais faire partie d’un peuple écarté, rabaissé, divisé, trompé, muselé, dépossédé, insécurisé, blessé, déraciné, démembré, atomisé. Un peuple du Vingt et unième siècle dont les terreurs, en vagues successives, s’écrasent sur ses fondations qui se désintègrent et lui font perdre inexorablement ses souverainetés.
De ce peuple, tout comme vous, je veux à toute force demeurer un membre à part entière, et heureux. Bien que j’aie pendant un temps été un journaliste parisien ne sachant pas qu’il perdait lui-même ses souverainetés, bien que ma dé-souveraineté ait suivi la dé-souveraineté de mon pays et de mon époque, le « populicide » que vous décrivez dans votre dernier essai me transperce l’âme et le cœur. Je ne peux m’y résigner.
Cette douloureuse dé-souveraineté du peuple n’est pas sans conséquence. La montée de la haine antisémite et la tentation anti-démocratique sont un signal clair – et bien connu dans l’Histoire – qui annonce un lendemain qui déchante : le totalitarisme.
Celui-ci revêt aujourd’hui les habits importés de l’islam liberticide, meurtrier et conquérant, mais aussi ceux du wokisme – le parti-pris systématique des « minorités » au détriment de soi-même, de son pays et de ses valeurs, produit d’une haine de soi collective et de tout ce qui est assimilé à l’Occident – ou encore ceux d’une « société ouverte et sans frontières, règne de l’individu total soumis à la propagande marchande », pour reprendre vos propres termes. Toutes ces idéologies sont animées par la même passion : détruire le peuple, son identité, ses liens, son histoire, ses racines, sa culture, ses valeurs, son intégrité, ses frontières, son droit fondamental à disposer de lui-même dans un espace sécurisé ; l’espace démocratique, littéralement le lieu du « pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
C’est toute la France qui flanche. Dans le paysage politique, ces tentations de violences totalitaires sont principalement incarnées tantôt par Jean-Luc Mélenchon et son parti LFI – cheval de Troie de l’alliance de circonstance de l’islamisme avec le wokisme –, tantôt par un Parti socialiste à bout de souffle et réduit à la « lutte des places » et un Centre « macronisé », principaux promoteurs d’une société narcissique globalisée en perte de repères dans laquelle le mensonge et la manipulation règnent en maître.
Fort de ces réalités que je sais voir désormais, je refuse l’inexorable. C’est pourquoi le populien que je suis, longtemps « de gauche », se tourne aujourd’hui vers vous.
Tout comme moi, vous avez la France au cœur, à l’esprit et dans les tripes. Depuis des décennies, vous cherchez à combattre ses turpitudes et lui redonner ses lettres de noblesse ; en créant le Puy du fou, qui propose aux familles de replonger dans la richesse de notre Histoire, en lançant le Vendée Globe, prestigieux tour du monde à la voile qui valorise le courage, le dépassement de soi, l’esprit d’aventure et l’amour de la nature, en participant vous-même à l’animation de la Cinquième République au fil de votre longue carrière politique, en exprimant librement votre pensée et vos convictions profondément patriotiques dans vos livres à succès et tout récemment dans vos interventions télévisées. Tour à tour haut-fonctionnaire préfectoral, président d’un département, député, secrétaire d’Etat, vous connaissez de l’intérieur les rouages de l’Etat ainsi que le fonctionnement de notre système démocratique.
Mais surtout je vous entends aimer sincèrement les Gens ordinaires, nos compatriotes aujourd’hui maltraités par nos élites folles qui croient, depuis Paris, gouverner la France, mais qui en réalité naviguent à vue, avec le pouvoir, les places, l’argent ou la jouissance comme unique boussole. J’admire votre panache.
Par humilité, j’use maintenant du conditionnel : la France aurait besoin de vous. Comme elle eut besoin jadis de vos glorieux ancêtres aux champs d’honneur. Car il y aurait une grande bataille à mener dans les mois qui viennent : venir barrer la route à tous les dangers totalitaires dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2027. Dès le premier tour ? Oui, car les passions totalitaires, comme Attila, emportent tout sur leur passage.
Pour cela il vous faudrait donc commencer par œuvrer à unir la droite, celle qui, contre vents et marées, demeure réaliste, digne, courageuse, responsable, enracinée, patriotique, démocratique, pour ainsi offrir au peuple la possibilité d’un second tour inattendu et salutaire entre vous et le candidat du Rassemblement national, ce mouvement politique populiste dont le grande mérite aura été d’accueillir les ressentiments du peuple abandonné, et ce malgré la haine féroce qu’il aura suscitée.
Vous faudrait-il alors puiser dans l’esprit du Général – issu tout comme vous de la droite patriotique et chrétienne – pour pouvoir mobiliser l’ensemble des forces démocratiques et souveraines de la Nation, celles qui demeurent, contre tous les vents mauvais des illusions, des haines et des violences (qui soufflent de plus en plus fort), amoureuses de la France, de son histoire, de sa culture, de sa grandeur, de ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, et ainsi stopper in extremis la guerre civile qui monte entre les « extrêmes » – et dont le meurtre barbare du jeune Quentin Deranque à Lyon le 12 février 2026 s’avère être l’un des évènements annonciateurs.
J’en viens pour finir au véritable objet de ma lettre.
Fort de votre victoire, vous faudrait-il alors reconnaître que celle-ci ne pourrait être que la première pierre d’un vaste chantier ; une longue et nécessaire aventure humaine digne du Temps des cathédrales, qui consisterait à bâtir tous ensemble une « société en-souveraine », c’est-à-dire une société qui nous apprendrait à :
- Mieux nous retrouver nous-mêmes en confiance et nous parler librement et intelligemment à partir du réel
- Remettre le peuple au milieu du village
- Ranimer nos vies de voisinages nécessaires au rétablissement de nos liens et de nos économies de proximité, de nos solidarités et de nos entraides naturelles, de nos coopérations locales, de la sécurité des foyers et des quartiers
- Faire fructifier nos arts collectifs et populaires
- Faire advenir une écologie vraiment démocratique partout dans les territoires
- Restaurer en profondeur la souveraineté du pays en accompagnant le peuple et chacun de ses membres dans la restauration de leurs propres souverainetés.
Comme vous, avec vous, et avec le peuple en voie de réconciliation et d’en-souveraineté, nous pourrions alors nous engager tous ensemble à ce que la France se relève et vive enfin heureuse et en paix.
Yves Lusson
Intervenant en thérapie sociale, journaliste et essayiste, auteur de « Ressusciter le Peuple », Manifeste pour une Société En-souveraine, aux éditions Ovadia (2025).



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