UNE HISTOIRE JUIVE!
Asher Hayon, chef de cabinet du Premier ministre, est décédé cette semaine de manière soudaine à l’âge de 57 ans d’un arrêt cardiaque. La majorité du public ne connaissait pas ce serviteur de l’État, dévoué et professionnel. Il était présent lors de la signature des Accords d’Abraham, durant l’opération « Gardien des Murailles » et bien sûr pendant la période du coronavirus.
Cette semaine, je me suis souvenu d’un moment précis : le coronavirus était alors à son apogée, et il me semble qu’on s’apprêtait à annoncer un nouveau confinement en Israël. C’était en soirée, à la résidence du Premier ministre, rue Balfour. J’étais présent à une réunion. Netanyahou attendait un appel téléphonique d’Albert Bourla, le PDG de Pfizer, mais celui-ci devait appeler à deux heures du matin, une heure logique selon le fuseau horaire des États-Unis. Israël venait alors de demander à acheter les vaccins, et Bourla avait besoin d’une dernière persuasion.
Soudain, le téléphone fixe posé près de Netanyahou a sonné. Était-ce Bourla, qui appelait plus tôt que prévu ? Ou peut-être un autre appel ?
« Asher ! » appela Netanyahou. « Asher ! »
Silence.
Cette semaine, je me suis souvenu de l’écho qui résonnait contre les murs de la maison de Balfour : « Asher ! »
Deux minutes passèrent, et la tête d’Asher apparut à l’embrasure de la porte.
« Pardon, Monsieur le Premier ministre, je priais ARVIT , la prière du soir. »
Netanyahou sourit.
Dans la tradition juive, il existe des récits d’un Juif que le roi demande à voir au milieu de sa prière, mais il est alors en train de parler au Roi des rois, et ne répond pas. Alors non, Netanyahou n’est pas un roi et le chef de cabinet n’est pas un sujet, mais j’ai vu de mes propres yeux une version moderne : un Premier ministre attendant qu’Asher Hayon termine de prier la prière du soir.
Condoléances à sa famille, à ses six enfants et à tous ceux qui l’aimaient. Dans son statut WhatsApp, la ligne par laquelle il se définissait comportait une citation singulière :
« Lorsque l’on introduit un homme en jugement, on lui demande : as-tu conduit tes affaires avec honnêteté ? »
C’est une citation du Talmud, selon laquelle, lorsque l’homme quitte ce monde et monte dans le monde futur, on lui demande s’il s’est comporté avec intégrité ici-bas. Nous ne sondons ni les reins ni le cœur, mais des dizaines de milliers de personnes qui ont travaillé avec lui ont le sentiment que cette semaine, Hayon aurait pu répondre par l’affirmative à cette question.
Israel is for ever

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