Tribune Juive

Génocide : gabegie sémantique. Joel Kotek est l’invité de Yana Grinshpun sur « Perditions idéologiques »

Génocide, populicide, démocide, politicide… Ces mots désignent-ils vraiment les mêmes réalités ? Ou sont-ils devenus de simples projectiles émotionnels dans le débat public ? Depuis le début de la guerre avec le Hamas, nous assistons à un véritable dévergondage sémantique : le mot génocide est convoqué à tout propos, pour tout et n’importe quoi. On “génocide” à Gaza, on “génocide” les taxis parisiens, les bébés phoques, les agriculteurs… au point que le langage finit par se dissoudre dans une bouillie lexicale qui brouille les esprits autant qu’elle empêche de penser.
Dans cet entretien, Joël Kotek, spécialiste reconnu des crimes de masse, remet un minimum de rigueur conceptuelle là où règnent aujourd’hui slogans, amalgames et abus militants.
« Crimes de guerre », « crimes contre l’humanité », « génocide », « populicide », « démocide », « épuration ethnique » : que désignent réellement ces notions ? Qu’impliquent-elles juridiquement, historiquement et politiquement ?

Une discussion indispensable pour sortir de l’indignation réflexe, réhabiliter la précision des mots et rappeler qu’en matière de crimes extrêmes, le flou n’est jamais neutre.

Président de l’Institut Jonathas, Joël Kotek est professeur émérite des Universités (ULB) et ex-enseignant à Sciences Po Paris. Joel Kotek Institut Jonathas






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