La pire chose qu’ait pu dire de Gaulle sur Israël est sans doute la phrase prononcée lors de sa conférence de presse du 27 novembre 1967, quelques mois après la guerre des Six Jours :
« Israël, sûr de lui et dominateur, a décidé de s’agrandir encore et de s’installer sur les territoires qu’il avait pris lors du conflit. »
Cette formule est restée comme un tournant : la fin de l’alliance franco-israélienne et le début d’un récit où Israël, pourtant attaqué et menacé d’anéantissement, est présenté comme l’agresseur.
C’est une déclaration grave et profondément injuste. La guerre des Six Jours n’était pas une guerre de conquête, mais une guerre de survie et de libération : Israël était encerclé par des armées prêtes à le détruire, ses voies maritimes bloquées, ses citoyens sous la menace. La victoire fut rapide mais elle permit de libérer Jérusalem-Est, la Judée-Samarie et le Golan, territoires qui n’avaient jamais appartenu à un État arabe souverain. La Jordanie les occupait illégalement depuis 1948.
Le droit international lui-même donne raison à Israël : la conférence de San Remo (1920) et le Mandat britannique (1922) prévoyaient la création d’un foyer national juif sur l’ensemble de la Palestine mandataire, incluant ces régions. Les Juifs avaient déjà accepté en 1922 de voir leur foyer amputé de la Transjordanie (78 % du territoire initial). Les plans de partage de 1937 et 1947 furent rejetés par les autorités arabes, et même après la guerre de 1967, Israël proposa à nouveau la restitution de territoires en échange de la paix – offre rejetée par les « trois non » de Khartoum : pas de paix, pas de reconnaissance, pas de négociations.
En qualifiant Israël de « sûr de lui et dominateur », de Gaulle a inversé les rôles. Le peuple qui venait d’échapper à l’anéantissement fut présenté comme un occupant, et ceux qui avaient juré sa destruction furent implicitement excusés. Cette phrase a nourri une lecture du conflit qui diabolise Israël et occulte la haine anti-juive déjà présente dans la région bien avant 1948, bien avant même l’essor du sionisme moderne. Sous l’Empire ottoman, les Juifs de Palestine vivaient comme dhimmis, citoyens de seconde zone, soumis à des discriminations, des violences, des massacres. Les témoignages d’époque décrivent vexations, extorsions et humiliations. Cette hostilité culmine dans les pogroms de Hébron en 1929 et les massacres de 1936-1939, qui visent des communautés juives présentes depuis des siècles, bien avant tout conflit territorial moderne.
De Gaulle, en quelques mots, a donné à une partie de l’opinion mondiale – une grille de lecture qui allait marquer les décennies suivantes : Israël n’était plus le petit État menacé, mais un « dominateur ». Ce glissement sémantique a contribué à faire passer une guerre de libération pour une occupation, et a servi de socle au récit anti-israélien qui domine encore aujourd’hui une partie du débat international.
Cette phrase n’a pas été qu’un simple jugement, elle a réorienté durablement la politique française au Moyen-Orient. La France s’est progressivement rapprochée des États arabes, imposant un embargo sur les armes à Israël et rompant l’alliance stratégique qui existait jusque-là. Ce repositionnement a renforcé la perception internationale d’Israël comme « occupant » et a contribué à isoler diplomatiquement l’État hébreu dans les années qui ont suivi, tout en légitimant, de facto, les revendications arabes sur des territoires contestés.
On retrouve enfin, dans cette affaire, une forme de cynisme gaullien profondément caractéristique, avec une posture de surplomb, presque méprisante, vis-à-vis de tout ce qui ne s’intègre pas dans sa vision personnelle de l’Histoire. De Gaulle parle en stratège solitaire, en arbitre du monde, distribuant bons et mauvais points depuis une position imaginaire d’extériorité morale et politique. Il ne doute pas, il ne discute pas, il tranche. Cette manière d’énoncer des jugements définitifs, avec une assurance quasi monarchique, relève moins de la lucidité que d’une forme d’arrogance intellectuelle, la conviction d’incarner à lui seul la raison historique. Ce n’est pas seulement une erreur d’analyse, c’est un style de pouvoir, fondé sur le mépris du réel concret et des acteurs vivants, au profit d’une mise en scène de soi comme figure tutélaire de la destinée mondiale. Dans ce cadre, Israël n’est plus un peuple réel avec une histoire tragique, mais un simple pion dans un grand récit gaullien, où l’ego du stratège l’emporte sur toute considération humaine.
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Cette position est décadente parce qu’elle rompt un lien symbolique essentiel entre les Juifs de diaspora et Israël : non pas un lien d’allégeance politique, mais un lien historique, existentiel, civilisationnel. En délégitimant publiquement Israël, en le renvoyant à une figure abstraite de « colonisateur », on affaiblit ce lien et on installe l’idée que l’attachement juif à Israël serait suspect, archaïque, voire moralement fautif. Cela ouvre un espace idéologique où le Juif de France est sommé de se désolidariser de son propre peuple pour être « acceptable » dans l’espace public. C’est décadent au sens où cela transforme une histoire concrète, tragique, charnelle, en problème moral abstrait, traité par des catégories idéologiques importées. Et c’est dangereux, car cette dissociation nourrit directement l’antisémitisme moderne : non plus seulement le Juif comme figure religieuse ou ethnique, mais le Juif comme figure politique illégitime, assimilée à un oppresseur. À partir de là, la porte est ouverte à une nazification symbolique : Israël devient le nouveau Reich, le Juif devient le nouveau colon, donc le nouveau coupable absolu.
Un homme d’État ne parle jamais dans le vide. Lorsqu’il légitime publiquement une grille de lecture antisioniste, il ne produit pas seulement un discours, il produit un cadre mental collectif. Il installe des catégories : « occupant », « colon », « illégitime», qui vont ensuite structurer l’imaginaire politique, médiatique, universitaire. Ces mots deviennent des armes symboliques. Même si l’intention n’est pas antisémite, l’effet objectif est de fournir une légitimation intellectuelle à des discours qui le deviennent. C’est là une irresponsabilité politique majeure : croire qu’on peut manier des concepts aussi chargés sans produire d’effets sociaux. Ce qui est étrange, en effet, pour un homme d’État, c’est de ne pas mesurer que les idées circulent, se radicalisent, se déforment, et finissent toujours par produire des pratiques.
Cette position s’inscrit aussi dans une matrice idéologique issue du soviétisme. C’est l’URSS qui a largement fabriqué le cadre conceptuel du palestinisme moderne : OLP, tiers-mondisme, lutte anticoloniale, alignement sur le camp dit « anti-impérialiste ». L’objectif était clair; affaiblir l’influence américaine au Moyen- Orient en attaquant son allié principal après 1967, Israël. Ce choix impliquait en parallèle un rapprochement avec le monde arabe et le panarabisme, alors même que ces régimes et mouvements avaient déjà commis de nombreux crimes de masse, persécutions et nettoyages ethniques, notamment contre leurs propres populations et contre les Juifs*. Or la guerre des Six Jours avait précisément montré qu’Israël était devenu une puissance militaire autonome, capable de se défendre seule, donc un allié stratégique majeur pour l’Occident : une force stabilisatrice face au panarabisme, au terrorisme, puis plus tard à l’islamisme radical. Le gouvernement américain de l’époque a parfaitement compris cela : en prouvant sa capacité à se défendre seul, Israël devenait un allié crédible, durable et utile, et cette vision à long terme a d’ailleurs porté ses fruits, Israël s’imposant comme un pilier stratégique de l’Occident face au fanatisme islamique et aux forces de déstabilisation régionales. Ne pas comprendre cela, c’est commettre une erreur géopolitique lourde : au lieu de consolider un allié occidental solide, on adopte la grille de lecture de son ennemi idéologique.
Cette erreur est cohérente avec l’histoire intellectuelle de De Gaulle, qui s’était déjà rapproché du stalinisme en juillet 1941, — après l’opération Barbarossa, De Gaulle et Staline concluent un accord politique et stratégique implicite. L’URSS reconnaît la France libre comme interlocuteur légitime, et Staline apporte un soutien diplomatique actif à De Gaulle face aux Anglo-Américains, qui le traitent encore comme un acteur secondaire. Sans oublier le pacte d’assistance mutuelle franco- soviétique signé en 1935, — rapprochement qui a lieu alors même que les crimes de masse de Staline étaient connus**. Il y a là une constante : une fascination pour les grands blocs, les grandes abstractions géopolitiques, au détriment du réel concret, des peuples, des alliances effectives. Dans le cas d’Israël, cela conduit à sacrifier un allié réel au profit d’une posture idéologique, qui, en pratique, alimente l’antisémitisme, affaiblit les Juifs d’Europe, et renforce les narratifs hostiles à l’Occident lui-même.
Cette position est décadente parce qu’elle remplace l’histoire réelle par l’idéologie, dangereuse parce qu’elle légitime symboliquement l’hostilité envers les Juifs, et stratégiquement absurde parce qu’elle adopte les catégories de pensée du camp soviétique contre les intérêts mêmes de l’Occident.
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Notes :
*Entre 1918 (chute de l’Empire ottoman) et 1970, le monde arabo-musulman est traversé par une série de crimes de masse, de persécutions et de violences politiques majeures, liés aux nationalismes, aux coups d’État militaires, panarabisme, à l’islam politique, aux guerres interarabes, à l’antisémitisme d’État.
Nettoyage ethnique et persécutions des Juifs des pays arabes (années 1920– 1960). C’est un fait massif, longtemps occulté. Entre 1948 et 1970, environ 850 000 Juifs expulsés ou forcés de fuir : Irak, Égypte, Syrie, Liban, Yémen, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye. Avec spoliations de biens, déchéances de nationalité, pogroms, arrestations arbitraires, camps, interdiction de travailler, lois d’exception. Exemples de pogroms : Farhoud à Bagdad (1941), ~200 morts juifs. Égypte (1956–1967) : expulsions massives, internements. Libye (1945, 1948, 1967) : pogroms, disparition quasi totale de la communauté. C’est un nettoyage ethnique à l’échelle d’un monde civilisationnel entier. Génocide arménien (1915–1923) – Empire ottoman finissant. Même si ottoman, il est dans la continuité arabo-musulmane post-impériale : 1 à 1,5 million d’Arméniens exterminés. Déportations de masse, marches de la mort, massacres. Assyriens et Grecs pontiques aussi touchés. C’est le premier génocide industriel du XXe siècle, avant la Shoah. / Guerres civiles et massacres internes. Liban (1958, puis tensions pré-1975). Massacres intercommunautaires : Chrétiens, musulmans, druzes, Palestiniens. Irak : répressions kurdes dès les années 1960. Massacres de communistes et opposants sous Qassem puis Baas. Déportations, exécutions politiques. Syrie : Coup d’État Baas (1963), répression massive. Purges politiques, prisons, tortures. (Le pire viendra après 1970, mais la matrice est déjà là.). Égypte (Nasser) : tortures systématiques, exécutions politiques, «éradication de toute opposition. / Guerre du Yémen (1962–1970) souvent oubliée. / Guerre Égypte vs monarchistes yéménites : Bombardements massifs. Armes chimiques utilisées par l’Égypte. Environ 200 000 morts. / Massacres palestiniens… par des régimes arabes : Très tabou, mais fondamental : Jordanie – Septembre noir (1970). L’armée jordanienne massacre les Palestiniens de l’OLP : 3 000 à 10 000 morts. Liban (avant 1975) : Camps palestiniens contrôlés militairement. Violences interarabes constantes. Les Palestiniens sont massivement tués par des Arabes, bien plus que par Israël à cette époque. / Antisémitisme d’État généralisé : Entre 1948 et 1970 : Lois raciales de fait. Propagande nazie recyclée. Mein Kampf traduit. Radio du Caire diffusant des discours hitlériens. Israël comparé au Reich dès les années 50. C’est la nazification idéologique du conflit bien avant l’Occident.
Total estimé (ordre de grandeur) : Sans compter ce qui viendra après 1970 (Iran, Syrie, Irak, Daech, etc.): Entre 1918 et 1970 : Génocides + famines + guerres + répressions : Plusieurs millions de morts (5 à 10 millions) dans l’espace arabo- musulman.
Ce qui est frappant, ce n’est pas seulement la violence. C’est que tout cela a été massivement invisibilisé dans le récit occidental.
**Les grandes purges (1936–1938) : Exécutions directes : environ 700 000 à 800 000 personnes. / Déportations au Goulag : 1,5 à 2 millions supplémentaires. C’est la liquidation systématique des élites politiques, militaires, intellectuelles. / Le Goulag (années 1930) : Internés cumulés avant 1941 : environ 4 à 5 millions de personnes. Morts dans les camps avant 1941 : 1 à 2 millions (froid, faim, travail forcé). / Les famines organisées : Holodomor (Ukraine, 1932–33) : 3 à 5 millions de morts. Autres famines (Kazakhstan, Russie) : 1 à 2 millions. / Déportations de peuples entiers (avant même 1941) : Polonais, Baltes, Caucasiens, etc. : plusieurs centaines de milliers.

Hormis sa lutte de Libération, De Gaulle, « sur de lui même et Dominateur », comme l’ensemble des Peuples et nations Chistiannisés à eu faux sur toute la ligne. Le résultat de sa « politique Arabe » à Occulté l’obsession hégémonique de l’islam conquérant, « Sur de lui-meme et Dominateur », et encouragé un Antisémitisme débridé, où la « Défense de la cause (arabe) Palestinienne par la gauche, à camouflé cet Antisemitisme d’atmosphère…
Laissons à Macron ses Hommages au « Grand homme ».
Je dois « avouer » une chose : il m’est quelquefois arrivé de « défendre » un peu De Gaulle à propos de cette conférence de presse. D’une part en rétablissant la trilogie « peuple d’élite, sûr de lui et dominateur ». D’autre part en citant son autre phrase, reconnaissant à propos d’Israël « le courage de ses soldats ». Dans mon esprit, même avec le terme « dominateur » ces propos ne pouvaient pas être ceux d’un vrai professionnel de l’antisémitisme. En revanche, j’ai pu récemment visionner grâce à l’INA cette conférence, et dès le début, quand on entend « des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins discutables » et qu’on « voit » cette moue dédaigneuse qui accompagne ces paroles, là j’ai pu mesurer et regretter mon erreur d’appréciation…
de gaulle a écrit cette phrase abominable
sur israël
depuis cela a conduit la politique étrangère
de la france pro arabe peut etre !!!
Votre article et votre position sur De Gaulle sont très excessifs. C’est votre droit d’être anti-gaulliste et je respecte votre choix. Quant à la fameuse phrase « Israël, sûr de lui et dominateur, a décidé de s’agrandir encore et de s’installer sur les territoires qu’il avait pris lors du conflit », De Gaulle critiquant la politique d’Israël, c’est une faute morale, c’est notre insatiable besoin de pétrole. Où je ne suis pas d’accord, on lui a reproché d’être antisémite, lui, le résistant, l’homme du 18 juin. L’OAS était son pire ennemi (Jean-Bastien Thiry, Armand Belvisi) ont commandité des attentats contre lui. Certains qui ont fondé le Front National étaient des anciens de l’OAS. Je n’ai pas connu De Gaulle, j’avais 3 ans lors de son décès. Venant d’une famille de pieds-noirs italiens de Tunisie, j’ai entendu et appris beaucoup de choses à son sujet, lu les biographies qui lui étaient consacrées. Mon grand père s’est battu à Monté Cassino dans l’armée française et a obtenu la nationalité française. On peut reprocher plusieurs choses à De gaulle.
-Sa critique sur la politique d’Israël, l’embargo sur les armes, la fin de la coopération militaire.
-Sa politique pro-arabe.
-Avoir gracié pétain.
-On peut aussi lui reprocher le désarmement des harkis et l’abandon des pieds- noirs, les massacres.
-En ce qui concerne Israël, sur l’influence de la politique arabe et anti-israélienne, tous les autres présidents ont suivi (à part Nicolas Sarkozy).
Que ce soit Arafat, Khomeini, sous la droite comme sous la gauche, ils ont été reçus à l’Elysée;
Parallèlement à tout cela, il restera le plus grand président de notre histoire, honnête, avec un respect unique pour la France et les français. Qu’est devenu la France après son départ, une poubelle où tous les successeurs se remplissent les poches au détriment de la population, le Père de la modernité française (le nucléaire, la souveraineté). Il a tout fait pour que la France soit respectée dans le monde, indépendante, souveraine.
J’aimerais autant d’objectivité, un article sur François Mitterrand, un résistant de pacotille, son amitié avec René Bousquet (secrétaire général de la police de vichy). Ce même Mitterand qui reçoit la Francisque du maréchal Pétain et qui fut dans les années 1930, membre actif des Camelots du Roi. Je ne sache pas que qu’il fut particulièrement l’ami d’Israël, De Gaulle, antisémite, cela manque de fondement. Cette gauche moralisante qui a vendu son âme au diable, la gauche radicale (LFI). Jean Luc Mélenchon, c’est le digne héritier de Jean- Marie Le Pen, le même phrasé antisémite. De Gaulle « une position décadente »? C’est plutôt la III République, celle des accords de Munich, du pacifisme bêlant et des décrets-lois anti-démocratiques qui fut la pleine expression de cette décadence. Et la IVe République, engluée dans ses tripafouillages parlementaires n’était guère mieux.
Un texte que j’ai trouvé sur De Gaulle.
Le général de Gaulle a souvent été critiqué par les Juifs, notamment à partir de 1967, et un esprit aussi distingué que Raymond Aron a même écrit qu’il avait « ouvert une nouvelle période de l’histoire juive : le temps du soupçon ». Pourtant, à son Premier ministre qui lui faisait remarquer que le futur ambassadeur de France au Liban avait épousé la petite-fille du capitaine Dreyfus — ce qui pouvait présenter des inconvénients diplomatiques — le Général se bornait à répondre : « Eh bien, c’est la petite-fille d’un officier français! » De même, Charles de Gaulle, ami de longue date du professeur LévySolal, se reconnut comme le « disciple » du colonel Mayer, « le seul homme peut-être, avec André Malraux, à avoir exercé sur lui une influence directe ». En 1940, à Londres, l’homme du 18 juin attendait, sans doute, « la France des cathédrales ». Mais, il vit arriver « quelques Juifs lucides » — « la France des synagogues » — et les pêcheurs de l’île de Sein… De là la sympathie qu’il éprouva toujours pour Georges Boris, « un Français de cinquante-deux ans qui demandait à continuer le combat », et la confiance qu’il accorda au professeur Cassin, dont il fera bientôt le secrétaire permanent du Conseil de Défense de l’Empire. Certes, en juin 1967, estimant que les Israéliens ne devaient, en aucun cas, déclencher une guerre — dont il avait prévu qu’ils la gagneraient « en moins de dix jours » —, le Général s’irrita de n’être pas entendu. Ce fut le début d’une période difficile entre la France et Israël, qui s’aggrava encore lorsque Charles de Gaulle déclara que les Juifs « étaient restés… un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ». Le premier Président de la V République chercha-t-il à engager la France dans une politique arabe ou voulut-il seulement agir en faveur d’une paix durable au Moyen-Orient, qui supposait que la dignité de chaque Etat fût respectée ? « De Gaulle — déclara David Ben Gourion — était le plus grand de tous les hommes d’Etat que j’aie connus… Les Juifs ont dit beaucoup de choses injustes sur lui… »
« Parallèlement à tout cela, il restera le plus grand président de notre histoire »
Vous avez entièrement raison, il mesurait 1 m 96.
Votre ironie facile ne fait pas avancer la réflexion. Je vous remercie également de ne plus échanger de messages avec moi.
Nathalie69 bonjour, vous avez écrit « Je vous remercie également de ne plus échanger de messages avec moi. »
Vous êtes dans un fil de discussion se trouvant sous MON article.
Dans le respect des règles de bienséance (que vous ne respectez pas là, de par votre commentaire, en effet, la bienséance ne vous permet pas de me dire quand je peux ou ne peux pas vous répondre dans un fil de discussion se trouvant sous MON article), je réponds à qui je veux, tant que je le veux.
Il appartiendra en dernier lieu à la modération de Tribune Juive de trancher
Bonne journée
Les Juifs n’ont rien accepté en 1922 parce que on ne leur pas demandé leur avis.
Après l’abandon de Jerusalem par l’armée Turque, Londres célébra son triomphe et la délégation sioniste entra dans un délire total , organisant une administration exclusivement juive de toute la Palestine avec un président et des département administratifs, contrairement à la déclaration Balfour et à la réalité de l’administration militaire britannique.
Les autorités sionistes ne contestèrent pas la carte de Palestine de 1920, sous autorité militaire, puis en 1922 sous autorité civile britannique.
La France accepta le nouveau mandat britannique de 1922 et la CARTE de TRANSJORDANIE, comme son nom l’indique, qui attribuait un nouveau mandat à la G-B, en échange du mandat Français sur la Syrie, comprenant le Liban.
Il n’a jamais été question d’inclure l’est du Jourdain dans le mandat britannique de 1920 qui posait le foyer Juif et l’autorité de la déclaration Balfour.
Cette fantaisie moderne ne fait que desservir les Juifs.
De la même façon que la fantaisie d’une révolte arabe déterminante, modernisée par le film de David Lean, a travesti l’histoire et nui à la légitimité sioniste
Une seule réalité existait: la France était antisioniste et favorisa la révolution arabe de 1935 en Palestine, comme les Britanniques favorisèrent la révolte Arabe de 1925 en Syrie. Etre alliés ne signifiait pas être amis. La France de Vichy soutiendra
l’action militaire de l’Irak, c’est à dire des nazis, contre la Grande Bretagne.
Celle-ci attendait du sionisme un établissement qui la favoriserait.
Quand l’Irgoun tua des policiers et des militaires, la Special Branch et l’ armée pratiquèrent une torture habituelle contre les Républicains Irlandais et les indigènes, comprenant l’Inde.
Bonjour OLIVIER COMTE, vous avez écrit « Il n’a jamais été question d’inclure l’est du Jourdain dans le mandat britannique de 1920 »
La carte : https://www.researchgate.net/profile/Vladimir-Moskovkin/publication/346727106/figure/fig1/AS:966530699362304@1607450284653/British-Palestine-in-1920-when-the-idea-about-the-Jewish-State-arose-in-London-for-the.jpg
Il y a bien ce qui est à l’est du Jourdain pour la création d’un foyer national juif.
Mais … il y avait une clause spéciale : l’article 25 du Mandat.
Cet article disait que les Britanniques pouvaient exclure une partie du territoire de l’application des dispositions pro-sionistes.
Et c’est ce qui arriva en 1921… :
Comment les Hachémites sont devenus les souverains d’une terre qui n’était pas la leur : Transjordanie 1921 – Nicolas Carras
C’est dans le contexte de l’après-Première Guerre mondiale que Churchill confie en 1921 la Transjordanie à la dynastie hachémite, mais ce geste, souvent résumé comme une récompense pour les « bons et loyaux services » rendus contre l’Empire ottoman, s’inscrit dans une histoire plus complexe. Pendant la guerre, les Britanniques cherchent à affaiblir les Ottomans et s’appuient sur les Hachémites du Hedjaz, famille chérifienne de La Mecque, descendants du prophète, qui mènent la Révolte arabe sous l’impulsion de Hussein ibn Ali, avec l’aide britannique incarnée notamment par T. E. Lawrence ; en échange, Londres promet un royaume arabe indépendant, dans une correspondance qui reste ambiguë. Après la victoire, ces promesses se heurtent aux accords Sykes-Picot et à la Déclaration Balfour, créant un enchevêtrement d’engagements contradictoires. En 1921, Churchill, alors secrétaire aux Colonies, réorganise le Proche-Orient lors de la Conférence du Caire : Fayçal obtient l’Irak, tandis qu’Abdallah reçoit l’émirat de Transjordanie, sous mandat britannique mais autonome localement. Pourtant, cette implantation hachémite n’a aucun enracinement historique ancien : avant 1921, la région transjordanienne n’est qu’une partie faiblement administrée de la Grande Syrie ottomane, structurée autour de tribus bédouines locales sans lien politique ou dynastique avec les Hachémites, dont la base historique se trouve dans le Hedjaz, autour de La Mecque et Médine. Abdallah ne vient d’ailleurs en Transjordanie qu’après l’éviction de son frère Fayçal de Damas par les Français en 1920, accompagné d’un petit groupe d’hommes sans mandat clair. Ce sont les Britanniques, soucieux d’éviter un conflit franco-britannique et de ne pas abandonner totalement leurs alliés hachémites, qui lui offrent un trône provisoire, forgeant ainsi un lien nouveau entre cette dynastie et un territoire qui n’avait jamais été le sien. Après 1921, les Hachémites construisent progressivement une légitimité locale : alliances avec les grandes tribus jordaniennes, élaboration d’un récit national mêlant lignée prophétique, rôle dans la Révolte arabe et construction des premières institutions modernes du pays. C’est ainsi que la Jordanie devient un royaume hachémite durable, fruit d’un compromis politique britannique autant que d’un patient travail d’intégration locale, bien plus que l’héritage d’une histoire ancienne partagée.
Palestine sous autorité militaire Britannique en 1918, et autorité civile en 1920, évidemment; désolé pour ce faux pas
Il y a évidemment plusieurs facettes du Général : celui de 1960 (« Je vous ai compris) qui a trahi les Français et les Juifs d’Algérie n’était plus le même homme que celui du 18 juin 1940. Celui de 1967 non plus : je pense que cette conférence de presse comme la Guerre des Six Jours a impulsé en France une vague d’alya française. Les propos du général attestent aussi d’une certaine ignorance historique sur la Palestine ottomane et mandataire, d’une certaine incompréhension du sionisme comme mouvement décolonisateur de la communauté juive toujours implantée s’émancipant enfin de la dhimma pour retrouver sa souveraineté, et d’un impensé profond d’un catholique pour qui la rédemption d’une religion prétendument déchue de retour dans sa nation historique devait être inenvisageable.