Iran Update #14. La Feuille de route d’Hamid Enayat

« Tombés pour la liberté »
16ᵉ et 17ᵉ jours du soulèvement national


Bilan humain

Les estimations actuelles font état d’au moins 3 000 morts depuis le début du soulèvement. Néanmoins, le mode opératoire du régime — coupure des communications, guerre électronique et répression nocturne systématique — correspond habituellement à des phases de massacres à grande échelle.

Jour 17 du soulèvement : affrontements et combats de rue

Les lundi et mardi 12 et 13 janvier, Téhéran ainsi que de nombreuses villes du pays ont été le théâtre d’affrontements intenses entre les jeunes insurgés, la population révoltée et les forces de répression.
Le soulèvement s’est désormais étendu à 207 villes et 413 points à travers le pays.
Si une baisse relative des rassemblements en journée a été observée dans certaines zones, les rapports font état d’une poursuite et d’une intensification des affrontements nocturnes, en particulier dans les grandes agglomérations.

Le soulèvement populaire

  • Le soulèvement ne s’est pas essoufflé ; il est simplement moins visible en raison de la coupure des communications.
  • Le mouvement historique du peuple iranien ne s’est pas arrêté, mais est entré dans une phase plus coûteuse et plus violente.
  • Mardi, à Téhéran, des manifestations et affrontements ont été signalés dans des dizaines de points, avec des slogans tels que « Mort à Khamenei », les jeunes affrontant courageusement les mercenaires des unités spéciales.
  • Téhéran (mardi soir) : affrontements entre insurgés, unités spéciales et CGRI à Haft-Hoz ; violents combats et courses-poursuites à Tehranpars et Valiasr ; affrontements intenses à Sadeghieh avec le soutien massif de la population scandant « Mort au dictateur » ; combats à Théâtre de la Ville et Ashrafi Esfahani.
  • Chiraz : poursuite de la résistance et des combats de rue contre les forces armées du CGRI au 17ᵉ jour du soulèvement.
  • Ispahan : blocage des routes par des feux à Malekshahr, Najafabad, Falavarjan et Yazdanshahr.
  • Île de Kish : incendie du bâtiment de l’administration fiscale, symbole du pillage économique.
  • Karaj : attaque contre le commissariat n°43 ; Bandar Abbas : attaque contre une banque gouvernementale.
  • Ahvaz : le régime a bloqué les rues centrales (Naderi et bazar Abdolhamid) à l’aide de murs en béton, par crainte de l’extension des protestations.
  • Dezful (Khouzestan) : mise en place de postes de contrôle dans toutes les rues, renforcés par des barrières en béton.
  • Tabriz : affrontements violents entre jeunes insurgés et unités spéciales dans le quartier d’Abresan.
  • Kermanshah : poursuite des combats de rue, barricade par barricade, entre insurgés et forces du CGRI ; attaque audacieuse ayant permis la libération d’une jeune femme arrêtée et la saisie d’équipements et de munitions des forces répressives.

Mesures répressives du régime

  • Signalements d’attaques contre des hôpitaux et de transferts forcés de blessés directement depuis les brancards.
  • Graves perturbations dans l’approvisionnement alimentaire.
  • Confiscation massive de paraboles satellitaires.
  • Instauration d’un état de quasi-loi martiale dans les provinces de l’ouest (Kurdistan, Kermanshah), avec un déploiement massif des forces de répression.
  • Témoignages répétés faisant état de restitution des corps contre de l’argent et d’inhumations nocturnes.
  • Recours à des forces du Hachd al-Chaabi irakien
  • Mise en place délibérée d’un black-out informationnel afin de réduire le coût politique de la répression.
  • À Téhéran, évacuation immédiate des dortoirs de l’Université de Téhéran pour dix jours et basculement des examens de l’Université d’Ourmia en ligne.

© Hamid Enayat

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