Danchi
Dans une petite pièce obscure, sous la lumière d’une faible lampe qui jette des ombres de chagrin, s’assoit une mère.
Elle ne compte pas les minutes, elle compte les respirations qui ne briseront plus le silence ardent: dès le jour de sa naissance une mère écoute les respirations de son enfant.
Elle pense à son garçon, Danchi, qui était le cœur battant de la maison, et maintenant il ne fait que crier silence. Elle est assise là, et son cœur saigne et implore le pardon sans fin, pour huit heures d’indifférence pour lesquelles il n’y a pas expiation.
Elle s’en veut mais c’est de notre faute:
Dan Zumer RIP, 27 ans seulement, étudiant exceptionnel qui rêvait de soigner les âmes des enfants en tant que psychologue,
Un musicien avec une âme qui jouait de la batterie et de la guitare,
Un homme aux mots profonds et à l’humour aiguisé, qui était toujours comme un mur face à tout racisme et protégeait ses amis jusqu’au banc de l’école.
Le 7 octobre, sa lumière s’est éteinte dans une mer de sang et un énorme sentiment d’échec.
Huit heures. Quatre cent quatre-vingts minutes d’horreur angoissée. Dan a été blessé, une balle dans le ventre, allongé là, à attendre. Il s’accroche à la vie par ses griffes, se bat pour chaque souffle tandis que le pays dont il est tombé amoureux ne viendra pas le secourir.
Personne ne viendra. Pas un hélico, pas une ambulance, pas une armée. Huit heures d’abandon en enfer sur terre, alors qu’il baigne dans son sang et implore un secours qui n’est jamais venu.
A 8h30 la terreur est entrée via le téléphone. Sa mère et sa sœur entendent les cris des meurtriers sur le haut-parleur : « Tais-toi ou je te tire dessus. « Cris, pleurs, respiration lourde. « Dan ! Dan ! cria sa mère.
Dan reste à l’abri, tenant la main d’une fille inconnue, deux beaux enfants essayant de se tenir fort dans le noir. A 13h un dernier cri : « Maman ils nous tuent «
Il a essayé d’être sauvé, il voulait tellement vivre.
Il est arrivé à la station « La Medvedash » à l’entrée de Barry, où Ziv Chopin RIP a placé une serviette et une kipa sur son ventre qui saignait, essayant de le garder en vie avant de tomber lui aussi au combat.
Quand les soldats sont arrivés, c’était trop tard.
Noa Amu écrit du fond de l’âme : « Le 7/10 est pire que l’Holocauste. Cela s’est passé dans mon pays, le nôtre, dans un endroit qui devrait être le plus sûr. Quelqu’un a vendu mon pays et nous a laissés aux mains de criminels. Si ce n’est pas un holocauste, qu’est-ce que c’est ? Mon Dan, je m’excuse que toi et tous les autres assassinés ayez été forcés de traverser un holocauste aussi cruel ».
Mais l’amère vérité, c’est que ce n’est pas la mère qui devrait s’excuser. Nous tous, en tant que société et en tant que pays, devons nous lever la tête et lui demander pardon.
Désolé pour huit heures de négligence criminelle, désolé que Dan ait été forcé de se battre pour sa vie seul contre la mort alors que les systèmes qui étaient censés le protéger étaient immobilisés. Ces excuses ne peuvent pas rester dans l’air: elles réclament justice.
Les responsables de ce terrible échec, ceux qui ont abandonné Dan à son sort pendant de longues heures, doivent être traduits en justice et punis avec toute la sévérité de la loi.
Il est impossible de passer à autre chose quand le sang de nos enfants crie du sol pour un tel abandon.
La lumière nous a été enlevée. La vie est devenue une énorme douleur, un voyage de survie dans les ténèbres.
Danchi, on se souvient de ton sourire, la chanson « Color Story » que tu nous as laissée, l’âme pure qui protégeait tout le monde, mais il n’y avait personne pour la protéger.
Danchi, maman t’aime. Excuse-moi. 7/10.
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