Palestine 36, d’Annemarie Jacir, se déroule pendant la grande révolte arabe de 1936-1939, sous mandat britannique. Le film adopte un point de vue résolument palestinien et raconte, à travers une galerie de personnages, la mobilisation populaire contre le pouvoir colonial et les bouleversements sociaux de l’époque.
La révolte de 1936-1939 est un moment fondateur du conflit israélo-palestinien. C’est une période où s’affrontent trois forces : l’Empire britannique, la société arabe palestinienne, et la communauté juive en construction.
Sur le plan historique, le cadre est réel : grève générale, répression britannique, tensions autour de la terre et de l’immigration.
Palestine 36 choisit de raconter cette histoire par un seul côté. Les héros sont palestiniens. La terre est palestinienne. La souffrance est palestinienne. La violence est celle de l’Empire et de forces extérieures.
Jacir privilégie la mémoire palestinienne et laisse en arrière-plan d’autres acteurs pourtant centraux de la période, notamment les communautés juives du Yichouv et leurs propres trajectoires (fuite de l’Europe, projets nationaux, conflits internes).
Il ne s’agit jamais de falsification, mais d’un choix de récit: le film ne prétend pas à l’exhaustivité ; il propose une contre-histoire vue d’un côté du conflit.
Palestine 36 est donc à regarder comme une œuvre de cinéma politique et pas comme un manuel d’histoire : une mémoire nécessaire, mais partielle.
Pour rappel: Shoshana, de Michael Winterbottom. 2023

Pour rappel, Michael Winterbottom, avec Shoshana, ne signait pas en 2023 un film « sur » Israël ou la Palestine, mais sur le moment exact où une tragédie politique devient inévitable. Le choix de 1938 n’y était pas « décoratif », mais relaté à raison comme l’année où le monde juif comprend que l’Europe va devenir un piège mortel, et où la Palestine sous mandat britannique devient le seul refuge possible — mais déjà saturé de tensions, de violences et de trahisons.
Shoshana Borochov, fille de l’un des pères du sionisme travailliste, incarne assurément quelque chose de presque insupportable au regard contemporain : cette jeunesse juive qui croit encore à une cohabitation possible. Elle parle arabe, fréquente des intellectuels arabes, pense que l’État juif peut naître sans écraser l’autre peuple. Elle croit au dialogue alors que, dans les rues de Jérusalem, de Jaffa et de Haïfa, la révolte arabe est déjà devenue une guerre ethnique. Elle croit aux Britanniques alors qu’ils ont déjà décidé de fermer la Palestine aux Juifs d’Europe au moment même où Hitler s’apprête à les exterminer.
Ce que la juxtaposition de ces deux films révèle est vertigineux : le conflit israélo-palestinien ne naît pas de l’occupation, ni de 1967, ni même de 1948. Il naît d’un refus antérieur : le refus arabe d’une présence juive souveraine, même minuscule, même négociée. Et vu depuis le 7 octobre 2023, le parallèle est glaçant.
C’est pourquoi ladite juxtaposition nous est apparue éloquente: Shoshana de Michael Winterbottom et Palestine 36 d’Annemarie Jacir ne sont pas deux lectures historiques concurrentes, mais deux récits mémoriels opposés construits sur le même moment fondateur : la grande révolte arabe de 1936.
En somme, là où Palestine 36 demande : « Pourquoi avons-nous perdu notre pays ? », Shoshana demandait: « Pourquoi n’avons-nous jamais réussi à le partager ? »
Deux films qui regardent le même monde,
Mais qui ne racontent pas la même histoire.
© Sarah Cattan

Les fascistes arabes ont assassiné les nombreux arabes de cette region qui voulaient vivre en coexistence et beneficier des apports juifs .
Les fascistes de tous poils choisissent toujours la haine et le malheur .