Le plus sanguinaire des massacres, d’une ampleur inédite, est en train d’être perpétré en Iran, dans un assourdissant huis clos, par l’abominable régime des mollahs, ces dangereux fous d’Allah, sans foi ni loi, à l’encontre d’un peuple innocent, sans armes ni violence, et n’aspirant, à juste titre, qu’à la liberté, ce bien précieux entre tous.
La sanguinaire tyrannie des mollahs : un crime contre l’humanité
C’est là, de la part de ces barbares enturbannés, pour lesquels la plus obscurantiste des religions n’est que le piètre mais féroce alibi de la plus impitoyable des tyrannies, un véritable crime contre l’humanité : un crime, depuis bien trop longtemps, qui, comme tel, devrait être sanctionné, puni et châtié, par la plus sévère des justices internationales.
Honte, donc, à eux, ces ignobles tueurs de masse ! Mais honte, également, à nos trop diplomatiques démocraties occidentales qui, lâchement retranchées derrière quelques condamnations purement verbales et autres hypocrites gesticulations de circonstance, regardent passivement, brandissant timidement le sacro-saint « droit international » pour se donner bonne conscience, cet épouvantable bain de sang !
La dette morale de la France
Ainsi, que fait donc concrètement, par exemple, la France, berceau des Lumières, historique patrie des « Droits de l’Homme » et, à ce titre, toujours prête à faire une arrogante leçon au monde entier, pour venir réellement en aide, secourir adéquatement, ces milliers d’hommes et de femmes, de jeunes étudiants ou de simples mais courageux citoyens, qui, depuis deux semaines maintenant, osent descendre quotidiennement dans la rue, défiant leurs tortionnaires, bravant le danger, au péril de leur vie, et parfois une mort certaine, pour réclamer, dans une dignité sans pareille, la liberté : liberté de pensée et de parole, liberté d’expression et de création !
Car, qu’on se le dise, la France surtout, depuis que l’un de ses propres présidents, Valéry Giscard d’Estaing, accueillit à bras ouverts, de 1978 à 1979, et hébergea généreusement, dans une luxueuse demeure de Neauphle-le-Château lors de son exil doré, le très dictatorial ayatollah Khomeiny, père tout puissant précisément, depuis sa « révolution » en 1979, de l’actuelle, barbare et criminelle République Islamique d’Iran, a, en effet, une incommensurable dette morale envers le peuple iranien, digne héritier, dans sa belle et riche culture, de cette immense civilisation que représenta jadis, d’ancestrale mémoire, la Perse, au premier rang de laquelle émerge, par exemple, un poète et érudit aussi fascinant que le grand Rumi !
De Sartre à Foucault : l’Ayatollah Khomeiny et le fourvoiement des intellectuels
Et, pis encore, que dire de quelques-uns des plus prestigieux penseurs et écrivains au sein de l’intelligentsia française de ces mêmes années 1970, qui, tels Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir (le comble pour une féministe de son calibre !) ou Michel Foucault, encensèrent alors aveuglément cet ayatollah Khomeiny, que Foucault alla même jusqu’à qualifier textuellement de « saint homme » dans l’un de ses « Ecrits », pour cette seule (dé)raison qu’ils voyaient alors en lui, égarés par leur sectarisme idéologique, de fanatique matrice socialo-communiste, outrageusement manichéenne, une alternative crédible, de « résistance » soutenaient-ils toujours aussi béatement dans leur incompréhensible fourvoiement, au shah d’Iran, épigone supposé du capitalisme américain !
Sur ce regrettable épisode de l’histoire des intellectuels français, j’ai déjà, du reste, suffisamment écrit et depuis longtemps déjà, de manière critique, documentée et circonstanciée, pour y revenir plus amplement ici (https://www.lepoint.fr/debats/iran-quand-les-intellectuels-francais-encensaient-les-fous-d-allah-12-02-2013-1626554_2.php).
Venir concrètement en aide aux démocrates d’Iran : un devoir moral et un impératif catégorique, au nom de l’humanisme
Conclusion ? Il est donc effectivement de notre devoir – un « impératif catégorique » pour parler en termes kantiens – de venir, de toute urgence et plus concrètement, en aide, comme le fait aujourd’hui courageusement Israël en fournissant aux manifestants des armes, du renseignement et de la technologie, à l’admirable peuple iranien, ami et frère, depuis toujours, des juifs et plus globalement, des authentique démocrates à travers le monde !
Car que demandent au fond aujourd’hui ces magnifiques opposants aux effroyables mollahs, sinon, comme nous, en Europe comme plus généralement en Occident, une démocratie laïque, fraternelle, juste et tolérante, comme nous l’enseignèrent en effet autrefois, du haut de leurs imprescriptibles principes philosophiques et valeurs morales, les Lumières face à tout obscurantisme, surtout politico-théologique ?
Oui : c’est là, aussi, une nécessaire et tangible question, en humanistes que nous devrions être théoriquement à l’aune de notre propre histoire philosophique, d’humanité précisément !
DANIEL SALVATORE SCHIFFER*
*Philosophe, écrivain, auteur d’une quarantaine de livres, dont « La Philosophie d’Emmanuel Levinas – Métaphysique, esthétique, éthique » (Presses Universitaires de France), « Lord Byron » (Gallimard-Folio Biographies), « Les Intellos ou la dérive d’une caste – De Dreyfus à Sarajevo » (Editions L’Âge d’Homme), « Grandeur et misère des intellectuels – Histoire critique de l’intelligentsia du XXe siècle » (Editions du Rocher), directeur des ouvrages collectifs « Repenser le rôle des intellectuels » (Editions de l’Aube), « L’humain au centre du monde – Pour un humanisme des temps présents et à venir » (Editions du Cerf) et « Critique de la déraison antisémite – Un enjeu de civilisation ; Un combat pour la paix » (Editions Intervalles)

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