« Steven Spielberg a-t-il sombré ? » Par Nicolas Carras

Suivi de « Qui a coécrit le film ‘Munich’ de Steven Spielberg ? » Par Nicolas Carras

Depuis 2021, la fondation de Spielberg, The Righteous Persons Foundation, a donné 650 000 dollars à T’ruah, un groupe anti-Israël qui a bloqué des rues à Manhattan.

Sa directrice, Jill Jacobs, a célébré cette action et partagé des photos accusant Israël de « nettoyage ethnique ».

Elle appelait à « maintenir la pression », accusant Israël « d’incitation au génocide » et demandant l’arrêt des attaques contre le Hamas.

Jacobs reprochait aux Juifs américains de parler des otages sans mentionner les morts palestiniens, les accusant de peur envers leurs donateurs riches.

Elle et T’ruah ont aussi faussement accusé Israël de « crimes de guerre » au Liban, notamment en ciblant les équipements du Hezbollah.

En un an, Spielberg est passé de financer des survivants de l’Holocauste à financer ceux qui accusent Israël d’en commettre un nouveau, tout en soutenant indirectement Hamas, Hezbollah et Iran.

La fondation a aussi versé 1,2 million de dollars à Bend the Arc, groupe radical lié aux protestations anti-Israël, fondé par un manifestant anti-Israël.

Cette fondation est un groupe progressiste qui demande aux États-Unis un embargo sur les armes à Israël et attribue le soutien américain à la montée de l’antisémitisme.

Ce groupe soutient des figures politiques refusant de reconnaître le droit d’Israël à exister comme État juif et rejette la définition internationale de l’antisémitisme qui inclut certaines formes d’anti-sionisme.

La fondation créée par Steven Spielberg avec les bénéfices de « La Liste de Schindler » fait face à une critique croissante pour son soutien financier à des organisations juives d’orientation progressiste qui s’opposent fermement à Israël et l’accusent de crimes de guerre durant le conflit à Gaza.

Fondée en 1995 avec environ 100 millions de dollars issus du succès du film, la « Righteous Persons Foundation » avait pour mission officielle de préserver l’histoire juive et de renforcer la vie juive contemporaine.

Pourtant, ces dernières années, elle a dirigé des millions de dollars vers des groupes militants à gauche dont le discours sur Israël inquiète une partie de la communauté juive, surtout depuis les attaques du Hamas du 7 octobre et la guerre qui a suivi.

T’ruah a donc organisé des manifestations contre la campagne militaire israélienne, a accusé Israël de priver délibérément les civils de nourriture, et a continué ces accusations même après des pauses humanitaires quotidiennes instaurées par Israël.

Par ailleurs, « Jews United for Justice », qui conteste également cette définition et réclame la responsabilité des dirigeants israéliens pour « l’oppression des Palestiniens », a reçu près de 900 000 dollars.

Alors que la fondation a financé ces groupes à hauteur d’environ 2,4 millions de dollars depuis 2020, elle a réduit ses contributions aux initiatives liées à l’Holocauste, avec une dernière donation au Musée de l’Holocauste américain en 2019.

Spielberg est resté silencieux dans les semaines qui ont suivi le massacre du 7 octobre, malgré les appels publics des survivants de l’Holocauste pour qu’il prenne position.

Ce n’est qu’en mars 2024 qu’il a condamné les attaques du Hamas tout en déplorant aussi les victimes civiles à Gaza. La fondation n’a pas répondu publiquement aux critiques.

L’on peut légitimement considérer ce soutien de Spielberg à ces groupes anti-Israël comme une trahison. Spielberg est une figure mondiale, un nom universellement reconnu, dont les films — et La Liste de Schindler en particulier — sont vus chaque année par des millions de spectateurs partout dans le monde, avec des ventes massives de DVD, des diffusions continues, et une influence culturelle immense. Ce poids médiatique donne à ses actions et choix financiers une portée considérable.

Le fait que Spielberg détourne l’héritage de ce film pour financer des groupes qui attaquent Israël — l’État qui représente la résilience et la renaissance juives après cette destruction — est selon moi une véritable trahison de la cause juive. C’est une trahison morale et politique, une volte-face incompréhensible. Plutôt que de soutenir la mémoire des victimes et la défense du peuple juif, il alimente un discours qui fragilise cette même communauté, ouvrant la porte à la haine, à la division, et à la négation même du droit d’Israël à exister. C’est un retournement brutal, qui soulève de profondes interrogations sur ses motivations et sur le sens réel de cet héritage qu’il prétend protéger.

Infos tirées des articles « Spielberg Uses Schindler’s List Money to Fund Anti-Israel Protests » de Daniel Greenfield, et « Steven Spielberg’s Charity is Funneling Money to Anti-Israel Groups » de Judah Pe’er

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Qui a coécrit le film « Munich » de Steven Spielberg ? Par Nicolas Carras

« Les plus fervents défenseurs d’Israël sont les membres les plus abjects de la communauté juive, et Israël lui-même traîne un bilan déplorable. » – Tony Kushner

Le film Munich de Steven Spielberg, une illustration du relativisme moral, présentant la justice juive comme presque moralement identiques à celle des terroristes, a été écrit par Tony Kushner et Eric Roth.

Voilà ce qu’a déclaré Tony Kushner à Haaretz en 2024 : « Depuis la guerre de Gaza, je me suis rapproché de l’idée qu’il est nécessaire de boycotter Israël. Mais je ne peux pas le faire. »

Il a fait partie du groupe Jews Against the Occupation, et voilà ce qu’il a déclaré en rapport avec l’opération Plomb durci en 2009, lors d’une manifestation contre l’invasion israélienne de Gaza, à quelques pâtés de maisons du consulat israélien à New York: « La politique de réoccupation de Gaza menée par le gouvernement israélien me semble catastrophique et erronée … Je ne peux imaginer que cela n’engendre pas de nouveaux massacres et des violations des droits de l’homme. »

Il est facile de se réclamer des droits humains des Arabes ; encore faudrait-il s’être un jour soucié des droits des enfants de Gaza, victimes d’une des pires formes de maltraitance infantile contemporaine, sacrifiés dès l’enfance à l’endoctrinement de la haine antijuive.

On ne les entend jamais sur ce point. Étrange…

Kushner a toujours été compatissant avec les Juifs assassinés il y a 80 ans, mais il semble ignorer les victimes du massacre de 2023. Il dénonce l’antisémitisme en théorie, mais pas les violences antisémites infligées à 1 200 hommes, femmes et enfants juifs.

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D’autres déclarations de Kushner* :

La fondation d’Israël fut un acte de nettoyage ethnique : « Israël a été fondé sur un programme qui, pour être tout à fait franc, s’apparentait à un nettoyage ethnique, et qui, aujourd’hui encore, se comporte de manière abominable envers le peuple palestinien. » — Yale Israel Review (hiver 2005)

Il vaudrait mieux qu’Israël n’existe pas : « Je peux affirmer sans ambiguïté que je considère l’existence d’Israël moderne comme un terrible problème historique. » …

« Je n’ai jamais été sioniste. J’ai un problème avec l’idée d’un État juif. Il aurait mieux valu qu’il n’ait jamais existé. » — The New York Sun, rapportant les propos de Kushner lors d’une conférence à New York (14/10/2002)

« Je pense que la création d’Israël était une erreur. » — Haaretz (07/04/2004)

« Le sionisme, conçu comme l’établissement d’une identité nationale, repose sur une lecture et une interprétation de l’histoire juive que je ne partage pas. Dans la mesure où le sionisme postule que la solution aux souffrances du peuple juif résidait dans la création d’une nation juive, je pense que ce n’est pas la bonne réponse. » — Haaretz (07/04/2004)

« Je ne suis pas sioniste, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. » évoquant « la honte des Juifs américains » de ne pas avoir dénoncé Israël. —Chicago Tribune (10/04/2002)

Israël se livre à la barbarie et son existence même représente un grand péril pour le monde entier : « L’existence de l’État d’Israël, en raison du traitement terrible infligé au peuple palestinien, est aujourd’hui gravement menacée, et le monde entier en subit les conséquences. Nous assistons désormais au spectacle affligeant des Juifs du monde entier, qui, au siècle dernier, ont eu une tradition absolument magnifique de rejet de la barbarie et des politiques meurtrières d’extrême droite, se rallient derrière Ariel Sharon, qui, il y a dix ans, aurait été inacceptable partout.» — Interview accordée à In These Times (4 mars 2002)

À propos du mur de sécurité antiterroriste israélien : « Le mur de sécurité construit par Israël doit être démoli, une patrie pour les Palestiniens doit être instaurée, et une paix strictement appliquée, non pas par les Forces de défense israéliennes, mais par les Nations Unies. » —Baltimore Jewish Times (6/4/04)

À propos de l’Opération Rempart, menées par Israël en 2002 en réponse à une vague de terrorisme sans précédent, notamment de nombreux attentats-suicides :

« …la sauvagerie de l’Opération Rempart.» … « Je déplore les tactiques brutales et illégales des Forces de défense israéliennes dans les territoires occupés. Je déplore l’occupation, les évacuations forcées, les colonies, les camps de réfugiés, toute cette histoire honteuse des terribles souffrances du peuple palestinien ; les Juifs, plus que tout autre peuple, avec notre histoire de souffrance, devraient refuser de traiter leurs semblables de la sorte.» —London Times (5/7/02)

Sous-entendu : Israël se livre à une forme de génocide culturel contre les Palestiniens.

« Le dramaturge Tony Kushner a déclaré qu’Israël est impliqué dans “une destruction délibérée de la culture palestinienne et une tentative systématique de détruire l’identité du peuple palestinien”. » —New York Sun (4 octobre 2002)

À propos des attentats-suicides comme forme de résistance.

« On ne saurait justifier les attentats-suicides en soulignant qu’il n’y a aucune « équivalence » entre un peuple dépossédé qui résiste à une occupation vieille de trente-six ans et une machine militaire colossale qui impose cette occupation répressive… »

À propos de l’influence néfaste du lobby israélien.

« Je crois sincèrement que le lobby israélien a entraîné les Juifs américains dans une spirale infernale ; c’est indéniable.»

Les plus fervents défenseurs d’Israël comptent parmi les Juifs les plus abjects.

« Les plus fervents défenseurs d’Israël sont les membres les plus abjects de la communauté juive, et Israël lui-même traîne un bilan déplorable. »

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Je suis en droit de me demander si ce personnage ne figure pas objectivement parmi les ennemis les plus dangereux des Juifs. Il ne s’agit pas d’une critique politique mais d’une diabolisation idéologique, assumée, répétée, documentée, qui reprend des accusations historiquement mensongères et moralement criminelles. Cette attitude dépasse l’entendement : elle nie la réalité du terrorisme islamiste, efface les victimes juives contemporaines, tout en légitimant un discours qui alimente directement l’antisémitisme mondial. Le plus grave est que tout cela est fait à visage découvert, depuis des positions de pouvoir culturel immense ; ce n’est pas une dérive marginale et ça peut faire école.

*Source : Guardian’s deploys Tony Kushner to vilify Israel – ‘as-a-Jew’ by Adam Levick

© Nicolas Carras

Nicolas Carras – Créateur (vidéo – son – photo), artiste, poète
https://nicolascarras.wordpress.com/

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