Raphaël Nisand. France. États-Unis. Israël: À quoi servent les juges?

A Strasbourg samedi 14 janvier dans l’après midi un kosovar ayant le statut de réfugié s’en est pris dans une rue très fréquentée de la ville à un automobiliste qui a réussi à s’enfermer dans sa voiture et à prévenir la police. 

Puis, toujours muni d’un couteau, l’homme a attaqué une jeune mère de famille qui circulait au même endroit avec un vélo cargo transportant ses deux enfants en bas âge. Cette famille n’a dû son salut qu’à l’intervention héroïque d’un policier qui n’était pas en service , qui s’est interposé et avec l’aide de plusieurs passants a interpellé l’agresseur. Le policier subirait d’après la presse une ITT de 45 jours.

Il a donc été sérieusement blessé. 

L’agresseur a été placé en garde à vue. Toujours d’après la presse il aurait tenu des propos à “connotation religieuse et politique”   “Vous irez tous en enfer, à cause de ce que vous faites en Palestine”, aurait dit l’homme d’après “Le Figaro”.

Il ne connaissait pas ses victimes potentielles et n’agissait manifestement pas sur un coup de folie car il a été présenté à un psychiatre qui l’a sans doute déclaré responsable de ses actes. 

Quoi de plus terroriste que de s’attaquer à des passants de façon aveugle ? 

Comme dans bien d’autres dossiers de ce style le Parquet national anti-terroriste a décidé de ne pas se saisir, le Parquet de Strasbourg a ouvert une procédure pour tentative de meurtre mais n’a, pour l’heure, pas retenu la circonstance aggravante de terrorisme. Un juge d’instruction a été nommé et l’individu a été placé en détention provisoire.

Ces décisions incombent au pouvoir judiciaire tout comme bien d’autres décisions dans divers pays et il est normal que ce pouvoir judiciaire qui n’est responsable de ses actes devant personne et qui n’est pas élu soit sous le regard de l’opinion publique. 
Montesquieu avait théorisé la séparation des pouvoirs comme un gage de démocratie et c’est en partie pour contester le pouvoir des juges que la révolution française s’est faite.

En France, aujourd’hui, le rôle de plus en plus large que s’arrogent parfois hors texte le Conseil constitutionnel, voire la Cour Européenne des Droits de l’Homme est un sujet de débats.

C’est que souvent ces instances suprêmes sont inévitablement politisées et ne font pas que dire le droit, mais font prévaloir une opinion qui n’est pas forcément partagée.

On a vu aux Etats-Unis la Cour suprême devenue majoritairement conservatrice remettre en cause le droit à l’avortement, heurtant ainsi de nombreux américains.

De quel droit ? Nul ne le sait et en tout cas il n’y a pas eu de vote populaire.

En Israël, ces jours-ci, on a vu la Cour suprême exiger et obtenir l’éviction d’un ministre qui avait été condamné par la justice.

Une question se pose : si la justice peut et doit être un contre pouvoir effectif, elle ne peut en aucun cas constituer un super pouvoir au-dessus des gouvernements et des lois. 

Le juge ne peut pas agir selon son bon plaisir ou ses idées parfois contestables.

Les démocraties qui veulent le rester se doteront immanquablement dans les années à venir du seul outil valable : le dernier mot doit être dit par le peuple souverain.

La Justice est donc appelée à devenir de plus en plus un enjeu politique qui sera débattu aux élections ou lors de référendums.

© Raphaël NISAND 

Chroniqueur sur Radio Judaïca 

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2 Comments

  1. Comme je l’ai écris dans mon post précédents, vous n’avez pas raison.

    Surtout qu’il y a une contradiction dans vos propos : la Cour Suprême est bien quand elle va dans votre sens et pas bien quand elle va en sens contraire.
    On ne peut à la fois lui reprocher d’être politisé et de s’opposer aux décisions politiques.

    D’autant quand on sait que c’est le politique qui nomme les Juges.
    Qui sont, en général (on l’a vu dans maints décisions aussi bien aux USA qu’en Israël où ils ont pris des positions à l’encontre des gouvernements qui les avaient nommés) des personnes de très hautes qualités, instruites, lucides et connaissant parfaitement les lois.

    Avec tout le respect qu’on vous doit, ce n’est pas vous qui allez qualifié les compétences des Juges et des Cours Suprêmes.

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