Créteil : l’attente des proches d’Alain Ghozland, tué en janvier

Il espérait beaucoup de la reconstitution judiciaire du meurtre de son frère. D’abord parce qu’il s’estime « témoin ». C’est lui qui a découvert le corps sans vie d’Alain Ghozland, ce matin-là.alaincreteil10

Mais aussi parce que l’appartement familial, que son aîné partageait avec leur mère, leur est interdit d’accès depuis le drame. Denis Ghozland n’a pourtant pas pu assister à la mise en scène effectuée ce mercredi, sur demande du tribunal de grande instance de Créteil.

La reconstitution a duré plus de 12 heures, rue du Général-de-Larminat, en présence de Ramzi M. et Djibril F., deux Cristoliens écroués le 18 janvier. Une semaine après la mort du conseiller municipal d’opposition LR de Créteil. « Il aurait eu 74 ans le 8 novembre », souffle son cadet.

Figure de la communauté juive locale, ce pratiquant assidu ne s’était pas présenté à l’office religieux du 12 janvier. Pas plus que la veille au soir. Inquiet, Denis Ghozland avait décidé de lui rendre visite, chez lui, au 4e étage de l’immeuble qui fait face à la préfecture. « Je l’ai trouvé étendu au sol, sur le ventre. Il portait encore son manteau. J’ai vu les marques de strangulation. » L’autopsie confirmera le décès par asphyxie. Djibril F. sera confondu par son ADN et Ramzi M., par son téléphone, qui « bornait » dans le secteur à l’heure du meurtre.

La famille n’a jamais cru au cambriolage raté. Ni au crime crapuleux commis au hasard. « C’est LUI qu’ils cherchaient, martèle Denis Ghozland. Ils se sont trompés d’immeuble puis d’étage. L’un a fini par passer un appel, demandant précisément à quelle porte sonner sous peine d’abandonner. Son collier en or n’a pas été volé, ni la télé. Sa voiture a juste été déplacée. Des voleurs auraient tout emporté. »

Quelques jours après le meurtre, Denis Ghozland, qui vient quotidiennement relever le courrier, trouve un document indiquant une modification sur la pièce d’identité de son frère. « Le prénom avait été changé. Visiblement pas l’adresse, puisque le courrier est arrivé ici. Le lendemain, la boîte aux lettres avait été fracturée. Il y avait aussi une carte de PMU. Pour du blanchiment d’argent ? »

Les questions fusent. Pourquoi lui ? Que cherchait-on dans sa chambre sens dessus-dessous ? Y avait-il des complices ? « Je ne crois pas qu’on soit venu pour le tuer. Plutôt pour l’intimider, avance Denis Ghozland. Mon frère était un élu engagé qui disait ce qu’il pensait. Et je n’écarte pas la piste antisémite. » Ce qu’il veut, c’est comprendre. Mettre fin au silence des prévenus. Et apaiser la douleur de sa mère. « Elle va avoir 103 ans et attend désespérément de pouvoir ré-emménager chez elle… »

Source leparisien

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