Voici le profil de l’assassin du couple de seniors à Casablanca

Il s’appelle Mustapha R. et a 51 ans. Rien ne pouvait laisser croire que ce père de famille pouvait basculer dans l’abominable. Marié, père de deux filles et de deux garçons (dont l’aîné 25 ans au chômage), il s’occupait du jardinage de plusieurs maisons, y compris celle du couple Tolédano. «Ce n’était pas le jardinier attitré des Tolédano, des gens simples et modestes, mais celui de tout le pâté de maisons dans le quartier», confie un voisin à Le360. Ce même voisin précise que Mustapha faisait du jardinage tous les quinze jours, voire une fois par semaine, contre la somme de 100 à 150 DH. Il était sans histoires. «Son casier judiciaire est vierge», confirme une source policière à Le360.

© Copyright : Dessin Mohamed ELKHO-Le360

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Quant à un quelconque supposé mobile religieux ou raciste qui aurait présidé à l’acte de l’intéressé, le voisin balaie d’un revers de main la question. «Non, ce n’est absolument pas le profil. Il ne faisait même pas sa prière pendant le mois de ramadan». Comment un père de famille d’apparence normale peut-il se transformer en monstre?

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La crise financière

Les premiers résultats des investigations confirment la piste de la crise financière. Mustapha, qui vivait avec sa femme et ses quatre enfants dans une maison à Sidi Moumen, a vu son contrat de bail toucher à son terme à la fin du mois de juin. Il devait absolument chercher un autre loyer. Cédant aux supplications de l’épouse, le propriétaire de la maison accepte de laisser la famille dans la maison jusqu’au deuxième jour de l’Aïd. Passé cette deadline, la famille devait quitter les lieux. Mustapha n’avait pas où trouver de l’argent pour un nouveau loyer. Et c’est là que ce père de famille sans histoires a commencé  à penser au pire.

Un double meurtre pour 4000 DH

Mustapha connaissait toutes les maisons où il faisait du jardinage. Le couple des Tolédano était pour lui la cible idéale. Ce couple vivait seul et le quartier est réputé calme. Même le salon de coiffure, jouxtant la maison des Tolédano, est fermé ce jour-là. Dimanche dernier, le jardinier sonne à leur porte et commet son abominable double meurtre. Il s’empare d’un bracelet et d’un collier en or qu’il remet précipitamment à sa femme avec l’injonction de les vendre très vite. Celle-ci se dirige vers un bijoutier et se débarrasse des deux bijoux moyennant 4000 DH.
Ce dimanche-là, Mustapha est arrivé chez lui après le ftour (rupture du jeûne) et a confié à sa femme n’avoir pas d’appétit. Selon une source fiable, il n’a pas jeûné le jour de son meurtre. Un autre indice supplémentaire de l’acte isolé sans mobile religieux ou communautariste. D’ailleurs, un responsable sécuritaire explique que le mode opératoire du jardinier n’a rien à voir avec celui des jihadistes. Ces derniers revendiquent en général leurs actes et laissent des marques sur le terrain «comme des trophées», alors que Mustapha a tout fait pour faire disparaître les corps.

Fort de 4000 DH, Mustapha se dirige vers un samsar (agent immobilier) et loue une nouvelle maison à Sidi Moumen moyennant 1600 DH par mois. Il paie deux mois d’avance et remet 500 DH au samsar. Il pensait avoir commis le crime parfait. C’était sans compter sur la vigilance de la police. Aujourd’hui, Mustapha, sa femme ainsi que le bijoutier qui a acheté le collier et le bracelet sont arrêtés. Il va sans dire que l’auteur de ce crime atroce écopera de la peine maximale. Et personne n’y trouvera à redire.

Source : http://fr.le360.ma/societe/voici-le-profil-de-lassassin-du-couple-de-seniors-a-casablanca-78958

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Publié dans société
2 commentaires pour “Voici le profil de l’assassin du couple de seniors à Casablanca
  1. sarah dit :

    voilà tout de même un étonnant récit des faits. certes rien ne ressemble à l’acte d’un « djihadiste ». d’un « loup solitaire ». ni d’un « déséquilibré » comme nous media nous en servent si souvent. Reconnaissons pourtant que ce n’est pas banal de découper deux personnes en morceaux parce qu’on a un problème financier, quel qu’en soit l’ampleur. C’est qui alors? Leur jardinier paraît-il. Est-ce conclure hâtivement que de dire qu’il ne fait pas bon vivre à Casablanca si on s’appelle Toledano?

  2. GUIBORAT dit :

    Si je comprends bien bien, s’il n’avait pas été pris, chaque fois qu’il ne pouvait payer son loyer (ce qui n’aurait pas tardé) il lui suffisait de trouver une autre victime ?
    Aucun état d’âme et vogue la galère….
    La peine de mort est supprimée au Maroc ? Dommage.

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