Coup d’oeil international. René Seror


En entendant parler du prince héritier pour la première fois, nous avons été nombreux à penser:
-voila un homme intelligent. Sans faire des ronds de jambes à l’occidentale, ni des salamalecs à l’oriental, un souffle nouveau nous envahissait, soufflé par le vent d’Arabie.
Aussitôt installé, Mohamed Ben Salman, MBS, après quelques adroits exercices de séduction, le voilà qui révèle son vrai visage:
Un despote éclairé.

MBS


Il emprisonne ses propres cousins, emprisonne sa famille,
Il rançonne la cour,
Il coupe la tête aux chiites, mais l’Arabie c’est loin et le monde regardait dans une autre direction.
Sa vision à l’horizon 2030 d’inter connexion forçait le respect.
Encore une utopie ruineuse qui n’intéresse plus personne.
Il devait privatiser la compagnie nationale (RAMCO) et l’opération devait rapporter des sommes que je serais incapable de chiffrer.
En tout cas des milliers de milliards.
Terminé.
Urgence: réparation des installations pétrolières bombardées, sans faire payer les coupables.
On imaginait MBS, porte-paroles de l’Islam Sunnite…

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Depuis un an, c’est la descente aux enfers


MBS passe pour un tortionnaire sanguinaire.
Les iraniens et les Qataris  le narguent, l’humilient.
Les faits:
Voilà un an, à 13 heures, un dissident saoudien, Jamal Khashoggi est entré au consulat d’Arabie à Istanbul, il n’en est jamais ressorti.
Tel un sacrifice rituel, il est découpé en morceau et demeure introuvable.
Évidemment, on ne peut pas l’enterrer.
Il est porté disparu.

Djamal Khashoggi


Et la descente aux enfers de MBS est telle, que le Sénat américain le dénonce.
Trump en avait fait son champion pour régler le conflit entre Israël et ses voisins.
Il comptait sur lui pour couper les pattes au Djihâd.
Le rêve est mort avant que d’avoir fécondé.
MBS vit dos au mur, et ses gardes du corps sont tous de sa famille, avec qui il ne fut pas tendre.
Si dans la tombe l’œil d’Abel regardait Caïn, c’est l’œil de Khashoggi et de toutes ses victimes qui regardent MBS.
Et ça fait du monde pour lui bloquer l’entrée du paradis d’Allah.
Il ne trouve de place, ni sur terre, ni en enfer.

Un peu plus loin, l’Irak

Des manifestants dans les rues de Bagdad, vendredi


On ne parle pas encore de printemps Irakien, mais ça en a l’air et le parfum.
9 morts en 24 heures, et des centaines de blessés.
La police tire à balles réelles.
Les malheureux dénonçaient leurs conditions de vie:
Chômage, corruption…
Pourtant plus la répression est sanglante plus le mouvement s’amplifie.
Tant d’années après avoir débarrassé l’Irak de Saddam, des hommes manifestent au prix de leur vie, en brandissant le portrait d’Abdel Wahab Al Saadi.

Abdel Wahab Al Saadi


Il est le chef des unités antiterroristes.
Il vient d’être limogé.
On le dit populaire, incorruptible.
Un homme providentiel?
L’avenir le dira.

Publié dans international

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