Alain Herbeth : je me souviens, 19 avril 1943 : la révolte du ghetto de Varsovie

19 avril 1943 : la révolte du ghetto de Varsovie

« Nous voulons sauver la dignité humaine »

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Alors que les troupes allemandes sont prises au piège à Stalingrad, au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, les nazis décident d’accélérer la déportation des juifs de Pologne. Le 19 avril 1943, quelques deux mille soldats, policiers et SS pénètrent dans le ghetto, protégés par des chars. Himmler a donné l’ordre de finir « l’Aktion Reinhard » qui a déjà amené vers les camps d’extermination près de 400.000 personnes.

Cette fois, l’histoire ne se déroule pas comme prévue.

Près de trois mille combattants attendent ces soldats de l’enfer, cachés dans les trous et les caves, armés par des partisans de l’extérieur. Ils sont communistes, membres du Bund et de l’Hachomer Hatzaïr, membres du Betar… Tous ensemble, sionistes « réguliers » ou « révisionnistes », de droite ou de gauche, ils vont se battre avec le courage du désespoir. Deux noms, peut-être, symbolisent ce combat, celui de Marek Edelman qui aurait eu 100 ans cette année, et celui de Pawel Frankel. L’un de gauche, l’autre de droite.

Quatre semaines avant l’anéantissement

Les nazis, dirigés par Jürgen Stroop, mettront quatre semaines à anéantir le ghetto. Au cours de ces combats, 6000 personnes trouveront la mort, 7000 seront fusillées, les autres seront déportés vers Treblinka ou Majdenek. Une petite poignée échappera à la mort en s’enfuyant par les égouts. Ils iront rejoindre les partisans au plus profond des forêts polonaises.

Le lutte durera jusqu’au mois de juin. Le ghetto sera détruit, mais, comme l’a écrit un des combattants, « Nous ne voulons pas sauver notre vie, personne ne sortira vivant d’ici, nous voulons sauver la dignité humaine ».

L’union sacrée

L’union sacrée réalisée par les combattants du ghetto est un exemple. Elle n’est pas unique dans l’histoire récente d’Israël. A la même époque, durant la seconde guerre mondiale, 150.000 Juifs de Palestine se sont battus sur tous les fronts contre la poussée nazie qui menaçait le Yichouv. Poussée facilitée par la complicité du grand mufti de Jérusalem et de ses hommes. Ceux-ci croyaient tellement à la victoire qu’ils avaient déjà demandé aux nazis de venir les aider à « finir le travail ».

En Lybie, en Syrie, au Liban et puis, avec la brigade juive, sur les routes d’Europe, partisans de Jabotinski, de Ben Gourion ou de Weizmann se sont retrouvés, malgré leurs divergences. Celles-ci peuvent bien attendre le jour de la victoire et de l’indépendance.

Alain Herbeth

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